Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, débarquera en Algérie demain mercredi 25 mars. Il sera principalement question d'énergie, c'est d'ailleurs toujours le cas quand elle vient à Alger. La dernière fois qu'elle a visité le pays c'était en janvier 2023. Elle avait fait le déplacement après celui de son prédécesseur Mario Draghi. Le voyage de demain est encore plus impérieux dans ce contexte de tension extrême sur l'approvisionnement mondial en hydrocarbures du fait de la guerre au Moyen-Orient. L'agenda de Mme Meloni était calé bien avant le conflit déclenché par les USA et Israël, les développements très inquiétants de ce dossier changent les priorités de Rome. Ce que veut cette dernière c'est plus de gaz algérien, beaucoup plus. Mais c'est aussi ce que demande l'Espagne. Sans oublier la forte augmentation des quantités vers la France, la Turquie, la Croatie, etc. Donc du gaz tout le monde en veut. Alger compte bien profiter de l'effervescence. Le gouvernement de Pedro Sanchez veut carrément doubler les volumes importés en Algérie. Après la plateforme américaine Energy News, Bloomberg confirme que le pays nord-africain s'est imposé comme l'alternative pour des nations européennes qui grillent beaucoup de gaz et de pétrole. Mais tout ça a un prix, le prix fort. L'Algérie n'a pas l'intention de brader ses ressources, même pour ses clients traditionnels elle appliquera les tarifs du marché, très hauts en ce moment. Le ministre italien de l'Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, cité par l'agence américaine, a officialisé des discussions avec Alger autour de l'augmentation des importations de gaz. Des négociations sont également en cours avec l'Azerbaïdjan et les USA. C'est dire le volume de la demande des Italiens… En 2022 Rome avait demandé et obtenu plus de gaz algérien suite aux perturbations générées par le déclenchement de la guerre en Ukraine. Pour tous les pays de l'Union européenne il était question de se sevrer des hydrocarbures russes. Le gaz algérien avait profité de la conjoncture pour prendre plus de place en Europe. La guerre en Iran sème de nouveau la panique sur le Vieux continent, très dépendant des importations. "Oui, nous sommes en contact direct avec tous les acteurs, par le biais de nos entreprises et d'Eni (la compagnie énergétique italienne, ndlr)", a reconnu le ministre Pichetto quand il a été interrogé en marge d'un événement à Rome sur des négociations avec l'Algérie, l'Azerbaïdjan et les Etats-Unis pour résorber le trou avec le Qatar… Rappelons que le petit émirat gazier, gros producteur et premier exportateur mondial (200 milliards de m3 par an), est plombé par les attaques de l'Iran contre les bases américaines sur son territoire, au point que le "cas de force majeure" a été décrété début mars et la production stoppée. "Nous nous efforçons de faciliter les initiatives de nos entreprises privées", a déclaré le ministre italien, tout en admettant que le problème est "plus complexe". "L'Asie s'approvisionne désormais partout dans le monde, ce qui pose un problème de concurrence pour nous, car ces pays cherchent à s'approvisionner là où nous nous approvisionnions auparavant", a-t-il souligné, citant le cas du Japon, dont 70% de la demande est couverte par le Golfe persique. Parmi ces pays asiatiques qui chassent en Algérie il y a le Vietnam. L'Algérie est le premier fournisseur de gaz de l'Italie par le biais du gazoduc Transmed. D'après la même source la compagnie nationale Sonatrach a agréé la demande de l'Italie pour davantage de gaz, à une condition : les quantités additionnelles devront être achetées sur le marché spot, où la marchandise est négociée pour une livraison immédiate mais avec les tarifs du marché, qui flambent présentement. On ne sait pas si Rome se pliera aux exigences de l'Algérie, ce qu'on sait c'est que Mme Meloni plaidera demain "de manière plus approfondie" pour arracher des quantités de gaz supplémentaires. Après l'envolée des prix générée par le conflit en Ukraine les autorités algériennes avaient révisé à la hausse tous les contrats gaziers de long terme avec les principaux clients, principalement la France, l'Italie et l'Espagne. Il faut donc s'attendre à des négociations très serrées avec Rome et Madrid. Alger part avec de gros atouts dans son jeu : la dégradation de la conjoncture au Moyen-Orient, l'appétit croissant des Européens pour le gaz et les acheteurs asiatiques qui frappent à la porte. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!