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Ça passe ou se fracasse et ni l'UE ni les USA ne recolleront les morceaux
Publié dans Tunisie Numérique le 05 - 05 - 2022

Rien ne semble pouvoir stopper le rouleau compresseur du chef de l'Etat, Kais Saied. Il semble même que les cris d'orfraie de ses opposants aient le mystérieux pouvoir de le galvaniser, pour l'amener au bout de ce qu'il a cuisiné dans sa tête. Le pays y va tout droit avec la réforme constitutionnelle qui est déjà sur les rails. Bon, Saied ne surprend personne, il fait ce qu'il a dit et qu'il a laissé entendre dès sa campagne électorale. Pour une fois quelqu'un fait ce qu'il dit dans ce pays… Mais le président de la République aurait tort de penser qu'il a gagné toutes les batailles, que la toute-puissance qu'il se prépare sera un long tranquille, ses combats sont ailleurs et ils seront infiniment plus rudes que le mano a mano avec une opposition élimée et démonétisée.
Un politicien comme tous les autres ?
Si on se fie à l'étymologie de la politique [la gestion des affaires de la Cité dans la Grèce ancienne] Saied est un politique, il est même le premier d'entre eux depuis qu'il s'est arrogé tous les pouvoirs le fameux 25 juillet 2021. Maintenant de là à dire que c'est un politicien comme les autres, je laisse ça à l'appréciation de chacun. Ce qu'on sait vu d'ici c'est que l'austère universitaire qui a bâti sa réputation sur sa parfaite maîtrise du droit constitutionnel – ça lui sert beaucoup en ce moment – a très vite appris les codes de la politique. Et le Saied qu'on a depuis sa frappe au coeur du pouvoir en Tunisie, le Parlement, n'a rien à voir celui qui apportait ses lumières sur les plateaux de télévision…
Le Saied de l'après-25 juillet se découvre des talents d'attaquant que Nicolas Machiavel ne renierait pas, notamment le fait de profiter des faiblesses de l'adversaire pour l'écrabouiller. Qui en face pour contrer le président de la République ? Personne, le combat n'aura pas lieu faute de combattants, et Saied n'aura aucun mérite à écraser des adversaires par terre, à martyriser une classe politique complètement discréditée, des partis dont la popularité tend vers zéro tant ils ont porté des coups à la Tunisie. Cela ne veut nullement dire pour autant que Saied est définitivement immunisé…
La popularité donne des droits, mais surtout beaucoup de devoirs. Pour un homme politique il n'y a rien de plus fragile que l'assentiment de la population. Il dépend des réalisations, des résultats, or pour le moment ce qu'on voit c'est un président qui évolue sur le terrain de la facilité, avec des réformes constitutionnelles qui de toute façon passeront parce que les citoyens le désirent. Quid de l'essentiel ? Quid de la relance économique, du retour du travail, de la lutte contre la corruption, du rapatriement des supposés milliards détournés et planqués à l'étranger, de la réquisition des sommes folles prétendument volées par les businessmen, etc. ? Rien, en tout cas rien de significatif…
Il faudra du temps pour aller au bout de ces affaires, me direz-vous. Du temps le chef de l'Etat en aura, la question est de savoir s'il n'a pas trop chargé sa barque, s'il n'a pas promis plus que ce qu'il est en capacité de donner. D'ailleurs ses soutiens de la première heure ont bien compris la délicatesse du moment et tentent d'expliquer pourquoi Saied doit nécessairement temporiser. Dont acte. Mais avec cette mauvaise conjoncture sociale et économique, et pas qu'en Tunisie d'ailleurs, Saied pourrait être rattrapé plus vite que prévu par sa pléthore de promesses électorales.
Le dangereux quitus des partenaires étrangers
C'est un fait : l'Union européenne (UE), premier partenaire économique et premier soutien de la jeune démocratie, est moins mordant ces derniers temps avec le locataire du palais de Carthage. L'UE avait la dent beaucoup plus dure avec Tunis par le passé, pourtant les sujets ne manquent pas. Le dernier en date est la décision présidentielle très controversée de mettre la main sur l'Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE). La chose a fait un tolet en Tunisie mais n'a pas fait un pli en Europe, en tout cas très peu. Le seul commentaire qu'on a eu, et encore il était très tiède, c'est celui du député européen Michael Gahler. Il a pris note que Saied a fait une sortie de route de plus, mais sans plus. Aucune réaction de la part des chancelleries occidentales. Auraient-elles décidé d'absoudre le chef de l'Etat tunisien de tous ses "péchés" démocratiques? Absolument pas…
L'explication du mutisme des partenaires européens est à trouver dans la ligne que s'est fixé le Parlement européen : Saied a un quitus jusqu'aux élections de décembre 2022 et après on commencera à solder les comptes. Et ma foi la facture de Tunis s'allonge ! Certes les Européens ont le regard braqué sur le péril ukrainien et ses conséquences dans la marche du monde, mais ils n'en oublient pas pour autant la Tunisie, qu'ils portent à bout de bras depuis janvier 2011 et qu'ils tiennent à élever au rang de phare de la démocratie dans une région qui en manque cruellement.
Les Américains aussi n'oublient pas la Tunisie. Avec tout ce qu'il se coltine en ce moment sur le front ukrainien, le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a trouvé le temps d'évoquer le dossier tunisien devant le Congrès qui a la main sur l'aide étrangère. Et la sortie de Blinken était très sévère. Pour le moment les USA, actionnaire majeur du FMI, ne se sont pas mis en tête de sabrer les négociations entre Tunis et l'institution internationale, mais le chef de la diplomatie américaine a clairement dit que l'exécutif tunisien devra montrer patte blanche sur les vertus démocratiques pour pouvoir prétendre à un soutien. La menace est suffisamment grave pour être prise au sérieux.
Les opposants de Saied crient sur tous les toits qu'il est seul, isolé, qu'il n'a pas de parti politique derrière lui. Ce qu'ils oublient c'est que c'est ça qui fait sa force quand on sait ce que valent les politiciens tunisiens en ce moment. Le chef de l'Etat a bâti sa popularité sur sa distanciation d'avec le microcosme politique, mais la popularité ne protège nullement des échecs et surtout n'exonère en rien du devoir de rendre des comptes aux citoyens qui vous ont élu. Tant que le président de la République se drape avec sa popularité il sera intouchable. Ses ennuis commenceront quand il manquera ses rendez-vous et que les citoyens commenceront à se désolidariser de lui. Là aussi bien l'UE que les Etats-Unis lui feront payer la facture démocratique en tirant le tapis sous ses pieds, exactement comme ils l'ont fait avec Ben Ali.
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