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Photo du jour : Michelle et Barack Obama sur l'île de Gorée, haut-lieu de la mémoire de l'esclavage
Publié dans Tuniscope le 27 - 06 - 2013

Barack Obama, premier président afro-américain des Etats-Unis, s'est rendu en famille jeudi en pèlerinage sur l'île de Gorée, haut lieu de mémoire de la traite négrière à destination des Amériques.
Contrairement à son prédécesseur George W. Bush qui avait parlé en 2003 de "péché" à propos de l'esclavage, Barack Obama n'a prononcé aucun grand discours sur cette île située à quelques encablures de Dakar, se réservant peut-être pour son grand discours africain prévu dimanche à l'université du Cap.
Gorée, que l'on gagne par une chaloupe, abrite un ancien fort bâti à la fin du XVIIIe siècle devenu aujourd'hui un musée où l'on peut voir des cellules où, dit-on, les esclaves noirs raflés en brousse attendaient les fers aux pieds un bateau les emmenant vers les Amériques, sans espoir de retour.
L'île constituait, dit-on, le point de transit le plus l'extrême à la pointe ouest de l'Afrique pour le commerce négrier.
"C'est un moment extrêmement fort (...) que de pouvoir venir ici pour comprendre dans sa globalité l'ampleur du commerce des esclaves, pour ressentir de façon très intime son incroyable inhumanité et les souffrances endurées par ses victimes", a déclaré brièvement Barack Obama.
"Plus que tout autre, cela nous rappelle au devoir de rester vigilant lorsqu'il s'agit de la défense des droits de l'homme."
Le père du président américain est lui-même d'origine kényane alors que son épouse, Michelle Obama, compte parmi ses aïeuls des esclaves.

Le conservateur du musée, baptisé "Maison des Esclaves", Eloi Coly, s'est réjoui de cette illustre visite qui est, selon lui, "(...) l'occasion de fixer la Maison des Esclaves sur la carte du monde".

Barack Obama s'était rendu à Cape Coast, une ville portuaire de l'ancienne Côte de l'or (Gold Coast) utilisée également pour la traite négrière, lors de sa visite éclair de 2009 au Ghana.
Son pèlerinage à Gorée pose la question de l'opportunité pour un président des Etats-Unis de présenter des excuses pour le rôle joué par ce pays dans l'esclavage.
"L'ampleur de l'esclavage est inimaginable", souligne Walter Johnson, professeur d'Histoire à l'université américaine de Harvard. "Obama peut-il panser cette blessure par un simple discours et la valeur très symbolique de sa visite à Gorée peut-elle clore définitivement le débat ? Absolument pas", tranche l'historien.


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