La Chambre de Commerce et d'Industrie Tuniso-Française (CCITF) a dévoilé les résultats de son baromètre économique 2024 lors d'une conférence de presse animée par son Secrétaire Général, Mohamed Louzir. Cette étude, menée entre octobre et décembre 2024, repose sur un échantillon de 243 entreprises adhérentes, un chiffre en hausse par rapport à l'année précédente (180 réponses). Les résultats de ce baromètre confirment que les entreprises membres de la CCITF continuent d'enregistrer une croissance de leur chiffre d'affaires, 42 % des répondants déclarant une progression. Toutefois, cette croissance est en décélération par rapport à 2023, affichant un recul de 5 points. « Il y a de la croissance, mais moins de croissance », souligne Mohamed Louzir, insistant sur le fait que les investissements stagnent. Si certaines entreprises continuent d'investir, nombreuses sont celles qui n'ont pas engagé de nouveaux projets ou qui ont réduit leurs ambitions initiales. Une situation qui reflète, selon lui, une tendance générale à l'échelle nationale : « La croissance annoncée au budget n'a pas été atteinte, et celle du pays avoisine seulement 1 %. » Parmi les principales contraintes à l'investissement, 96 % des répondants ont cité la pression fiscale comme un frein majeur. Mohamed Louzir rappelle que la fiscalité en Tunisie a dépassé les 35 %, un niveau qui place le pays parmi les plus taxés d'Afrique et même au-dessus de certains pays de l'OCDE. Face à cette situation, il plaide pour une réforme du modèle économique : « Il faut arrêter d'équilibrer le budget uniquement par l'augmentation de l'impôt. Il est essentiel d'élargir la base fiscale et surtout de créer de la richesse par l'investissement. » Si les entreprises sondées restent prudentes quant à leur croissance future, la perception de l'environnement politique et économique semble s'être améliorée. Contrairement à l'année précédente, où les incertitudes liées aux élections créaient un climat d'inquiétude, le baromètre 2024 révèle un certain apaisement : « Cette année, les élections ont eu lieu, et les gens se sentent plus rassurés quant à la stabilité politique. » Cependant, cette amélioration ne se traduit pas encore par un regain d'optimisme économique. Les perspectives de croissance et de chiffre d'affaires pour 2025 restent modérées. Pour relancer la dynamique économique, la CCITF mise sur l'accompagnement des entreprises à l'international. L'accent est mis sur le développement en Europe, notamment en France, ainsi qu'en Afrique, via une stratégie de triangulation visant à renforcer les partenariats. Un autre axe de développement majeur concerne les énergies renouvelables, un secteur stratégique alors que le déficit énergétique pèse lourdement sur la balance commerciale du pays. Mohamed Louzir souligne que les subventions énergétiques dépassent 7 milliards du budget de l'Etat, un montant supérieur aux investissements publics. « Si nous travaillons intelligemment sur les énergies renouvelables, cela peut être l'avenir du pays, en s'appuyant sur nos talents et nos compétences technologiques », affirme-t-il. À travers ce baromètre économique, la CCITF met en lumière les défis mais aussi les opportunités qui se dessinent pour l'économie tunisienne en 2025. Entre fiscalité lourde, croissance modérée et incertitudes sur l'investissement, les entreprises doivent miser sur l'innovation, l'internationalisation et les secteurs d'avenir pour assurer leur développement dans un environnement compétitif.