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Embargo :
De l'opportunité, pour les entreprises tunisiennes, de s'attaquer au marché Russe
Publié dans WMC actualités le 26 - 08 - 2014

WMC : Quelles sont, selon vous, les opportunités que représente le marché russe pour des pays comme le nôtre?
Mehdi Douss : Il y a une gamme de produits importables de l'Europe qui a été mise sous embargo par le gouvernement russe. Je tiens à préciser à ce propos que ce boycott ne concerne pas tous les produits alimentaires ou de consommation courante. Les produits concernés aujourd'hui sont les légumes, les viandes et laitiers.
Notre groupe travaille sur la Russie depuis des années. Nous exportons par petites quantités pour au moins deux raisons. La première s'explique par le fait que nous ne sommes pas les plus compétitifs sur un marché disputé par des puissances européennes comme la France et l'Allemagne. La deuxième, par les entraves logistiques, procédurales et légales qui bloquent un pays comme la Tunisie dans ses efforts de conquête des marchés à l'international.
«Le boycott russe concerne, aujourd'hui, les produits laitiers, légumes et les viandes.»
Nous avons pourtant aplani un obstacle de taille, en l'occurrence la logistique du transport: il y a 4 à 5 dessertes par jour en direction de la Russie et des avions qui peuvent transporter de 10 à 15 tonnes par vol avec des tarifs préférentiels extraordinaires, 50 cents le kilo.
Suite à l'embargo décrété par la Russie, j'ai estimé qu'en tant qu'opérateur tunisien, il me fallait non seulement moi mais également mes confrères et consœurs saisir cette chance pour nous implanter dans ce pays. Il m'est rarement arrivé de séjourner pendant plus de deux semaines en Tunisie étant installé en Russie depuis plus de 30 ans, mais il est aussi rare que pareille occasion puisse s'offrir à nous.
«Les Marocains produisent une belle qualité de foie gras, auparavant chasse gardée de la France et de quelques pays européens.»
J'ai également été au Maroc pour sensibiliser les acteurs privés marocains à l'importance des opportunités qui s'offrent à des pays tels que les nôtres. Les Marocains produisent une belle qualité de foie gras, auparavant chasse gardée de la France et de quelques pays européens. Aujourd'hui, j'ai réussi à leur ouvrir grandes les portes de la Russie.
Pour ce qui est de notre pays, je compte renforcer nos parts de marchés par l'exportation de plus grandes quantités de fruits, légumes et produits laitiers.
Avez-vous trouvé du répondant auprès des opérateurs privés tunisiens et des décideurs publics?
J'ai eu plusieurs réunions avec des représentants de l'UTICA. Je les ai appelés à faire preuve de plus de réactivité et profiter d'une opportunité qui ne se représentera peut-être plus, en tout cas pas aussi facilement. J'estime qu'ils doivent aplanir nombre de difficultés dont celles procédurales et principalement douanières. Nous ne pouvons pas faire la guerre sur les deux fronts national et international.
Lors d'une récente conférence de presse avec le ministre de l'Economie et le directeur général de la Douane, votre cas a été cité, et Kamel Ben Nacer, DG de la Douane, avait assuré que ses services font tout pour simplifier la tâche des opérateurs privés et que ses portes sont ouvertes.
Il parle pour lui et je ne doute pas de sa bonne volonté. Mais pour ce qui est du terrain, c'est différent. Je vous cite un tout petit exemple: Il y a plus de deux semaines, à l'aéroport d'Enfidha, un Boeing 747 est parti avec ses soutes vides et 12 tonnes de marchandises n'ont pas été affrétées parce qu'il n'y avait pas de permanence des services de douanes à l'aéroport. Vous trouvez cela normal dans un pays qui traverse une crise économique aiguë…?
Au Maroc, on a construit des plateformes pour accueillir les produits en admission temporaire pour emballage, réparation ou transformation afin de les réexporter. Dans notre pays ce principe existe, mais sur le papier seulement. Les douaniers peuvent vous sortir des expressions telles «c'est quoi cela?», «pour qui nous prenez-vous» (manech sabbabin me allidin), -traduction littérale: «nous ne faisons pas que verser de l'eau sur les mains des uns et des autres».
Le problème s'est-il posé pour votre entreprise?
Bien sûr. J'ai beau expliquer à l'agent de la douane que nous sommes une société exportatrice de droit international, que tous nos fonds sont en devises, que notre pays a tout à gagner et rien à perdre, que la main-d'œuvre est tunisienne, que c'est nous qui assurons l'emballage de nos produits et leur transport pour la revente, rien n'y fait. La première responsable des sociétés de commerce internationale aux douanes, une «Général» avait réagi à nos doléances en ces termes: «Nous faisons partie d'un gouvernement provisoire et nous n'avons pas à nous investir plus qu'il n'en faut dans l'interprétation de la loi».
«Nous faisons partie d'un gouvernement provisoire, nous n'avons pas à nous investir plus qu'il n'en faut dans l'interprétation de la loi»
J'ai été personnellement très déçu, c'est ce qui fait que j'ai sollicité des entrevues avec les ministres du Commerce, de l'Agriculture et des Finances; j'ai vu les premiers mais pas celui des Finances.
Quelles ont été les réactions des premiers?
Ils ont été très réceptifs et très encourageants, mais j'ai l'impression qu'ils ne savent pas ce qui se passe dans leurs administrations ou dans celles des autres ministères concernés. J'ai reçu à Moscou le PDG du CEPEX venu plaider la cause de la Tunisie et cela m'a stimulé pour faire plus d'efforts pour vendre mon pays, mais les opérationnels ne suivent pas. Du temps de Ben Ali, il y avait un numéro vert dédié aux exportateurs et dépendant directement de la présidence de la République. C'est SOS export, vous appelez et en deux temps, trois mouvements, votre problème est résolu.
«Du temps de Ben Ali, il y avait un numéro vert dédié aux exportateurs et dépendant directement de la présidence de la République»
Nous pensions la pratique encore d'actualité dans la logique de la continuité de l'Etat. L'un de mes directeurs a appelé le numéro en question, il a eu une réponse à la-va-vite. Réaction du douanier: «Vous êtes allé vous plaindre à la présidence, eh bien vous allez payer pour ce que vous avez fait».
«…Pour moi, c'est une mafia pure et nette…»
Pour moi, c'est une mafia pure et nette et je sais de quoi je parle, cela fait 33 ans que je vis en Russie et c'est un pays où nous avons traversé toutes ces étapes. Mes cadres sont frileux et veulent traiter en douceur avec ces énergumènes qui détruisent notre économie mais pas moi, je lutterai contre ces pratiques, coûte que coûte.
Avec l'UTICA, quelles sont les formules adoptées pour se positionner sur le marché russe?
Je m'attends et j'espère que les opérateurs privés tunisiens seront plus réactifs pour ce qui est du marché russe, car c'est une occasion inespérée. S'ils estiment qu'ils doivent se constituer en commissions et attendre des autorisations, eh bien, le temps qu'ils passent de réunion en commission, ils se réveilleront un jour et réaliseront que la place qu'ils auraient pu prendre a déjà été conquise par des acteurs privés beaucoup plus réactifs. Ce sont des hommes d'affaires, ils devraient prendre leurs valises et partir seuls ou en délégation.
«La Tunisie bénéficie d'un crédit spécial auprès des Russes. Nous l'aurons dans quelques jours»
Mais où est leur agressivité commerciale? Je pourrais les aider par le biais de mon réseau sur place. Nous avons fait le tour des producteurs de fromages, il y en a un qui a une cave qui peut abriter 50 tonnes de fromage et qui date de l'ère coloniale. C'est énorme. Pour produire sur la Russie, il faut un agrément et je me suis efforcé d'activer les démarches. La Tunisie bénéficie d'un crédit spécial auprès des Russes. Nous l'aurons d'ici deux à trois jours.
Et pour ce qui est des vins, y a-t-il une chance pour la Tunisie d'exporter ses vins?
Pas pour l'instant, la Russie n'a pas encore introduit les vins dans sa liste des produits dont l'exportation d'Europe pourrait être interdite. Mais dans cette guerre commerciale que nous vivons, tout est possible et c'est pour cela que je lance un appel aux producteurs de vins en Tunisie, «préparez-vous» ou mieux encore, «anticipez et partez en Russie». Le coup le plus dur que pourrait porter la Russie à l'Europe est celle de l'embargo sur les vins et dérivés.
«Le coup le plus dur que pourrait porter la Russie à l'Europe est celle de l'embargo sur les vins et dérivés»
Auparavant nos produits étaient moins compétitifs que ceux importés d'Europe, aujourd'hui, il va falloir s'aligner sur les prix européens pour nous imposer sur ce marché preneur. Les Marocains l'ont fait pour le foie gras; nous pourrons le faire sur les produits laitiers.
J'appelle les Tunisiens à investir pour se positionner sans se soucier de ce qui peut arriver au cas où il n'y a pas d'embargo. Il s'agit d'imposer leurs produits par le rapport qualité/prix et par la fidélisation d'une clientèle et la création du besoin et de la demande.
«J'appelle les Tunisiens à investir pour se positionner sans se soucier de ce qui peut arriver au cas où il n'y a pas d'embargo»
Si nous revenions à votre groupe, combien pesez-vous en Russie?
Tout d'abord, nous sommes l'un des rares exportateurs tunisiens sur la Russie tous produits confondus; ensuite la chaîne de restaurants «La Marée» figure parmi les meilleurs sur place. Nous avons 4 restaurants à Moscou, un autre à Saint Petersburg, nous avons ouvert tout récemment à Monaco et nous préparons à nous implanter à Dubaï.
«Le prince Albert de Monaco a déclaré publiquement que nous sommes le meilleur restaurant de Monaco»
Le prince Albert de Monaco a déclaré publiquement que nous sommes le meilleur restaurant de Monaco. C'est un grand honneur pour nous. Nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin, nous continuerons sur cette lancée, et je peux vous promettre qu'en tant que Tunisien, je défendrais bec et ongles mon pays partout où je serais.


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