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La politique ordonnatrice : Instrument indispensable pour les économies en développement du monde arabe
Publié dans WMC actualités le 08 - 02 - 2008

La théorie de l'ordre économique (economic order) est très peu développée dans la littérature économique arabe. Au mieux, elle est discutée en politique pour comparer les différents systèmes économiques et pour en déduire les conséquences pour la politique économique. Cette situation s'explique notamment par le fait que les Etats arabes - malgré l'élément unificateur que constitue l'islam comme religion qui englobe tous les aspects de la vie n'ont pas eu, historiquement parlant, un développement uniforme, à l'exception de l'époque classique de l'empire musulman qui, d'ailleurs, a également connu des différences régionales et géographiques. A cette période, se développe presque partout un système économique basé sur le libre choix des sujets économiques, pourtant orienté, dans la presque totalité des Etats territoriaux arabes, vers le commerce (capitalisme de bazar).

Le développement économique et social qui a suivi la Révolution industrielle a contribué, dans les pays européens, à l'avènement d'une économie relativement uniforme basée sur la liberté et la division du travail. Il a, par ailleurs, nécessité l'introduction d'une politique ordonnatrice, car la liberté qui ne connaît pas de limites devient une liberté destructrice. A cette époque, la dépendance économique du monde arabe face à l'Europe a été déterminée par les puissances coloniales européennes qui ont continué à exercer leur influence jusqu'à la fin de l'époque coloniale. La colonisation a également contribué à la déformation des structures anciennes dans les pays arabes.

Les nouveaux concepts de l'ordre introduits par les puissances coloniales ont marqué tous ceux qui, dans les pays arabes, ont été, pour des raisons politiques ou économiques, en contact avec ces concepts. Seulement vers la fin des années 50 et pendant les années 60, les Etats arabes qui venaient d'accéder à l'indépendance, ont commencé à concevoir, en théorie et en pratique, les ordres en fonction de leurs propres visions politiques et économiques. Les discussions sur le «socialisme arabe» et le «socialisme du parti Baath» en sont quelques exemples. Comme indiqué précédemment, ce débat a été plutôt axé sur le système politique et moins déterminé par des critères relevant d'une politique ordonnatrice en matière d'économie.

Or, dans la conception des ordres économiques il s'agit de savoir comment et par quels critères les différents sujets économiques entreprises, ménages, etc. - établissent leurs plans et comment ils les coordonnent entre eux. Il s'agit également de savoir si et sous quelle forme l'Etat intervient dans ce processus. Dans une économie de marché les différentes entreprises conçoivent leurs plans de production et les ménages leurs plans de consommation en fonction des décisions individuelles et libres. L'Etat crée les conditions cadres juridiques et économiques et n'intervient pas dans les décisions individuelles des sujets économiques. La coordination des plans se fait par le marché, autrement dit par le mécanisme des prix sur les différents marchés. Un ordre économique qui gère l'économie à travers le marché et dans lequel le processus d'adaptation se fait également par le marché, est une « économie libre ». La condition sine qua non d'un tel ordre économique est l'existence de la propriété privée et la liberté d'action des sujets économiques quant à leurs activités économiques individuelles. A l'opposé, une « économie centralement planifiée » ne connaît la propriété privée ni des moyens de production ni des biens de consommation. Les organes de planification étatiques centralisés prennent les décisions à la place des entrepreneurs et des consommateurs. Le processus de coordination ne se fait pas par la formation des prix sur le marché mais par les organes de planification de l'Etat (socialisme).

Ni dans les Etats occidentaux, ni dans les Etats arabes ces différents types d'ordres économiques existent à l'état pur. Les besoins des sujets économiques individuels (besoins individuels) et ceux de la communauté (besoins collectifs) nécessitent l'intervention de l'Etat. La liberté absolue accordée aux entrepreneurs et la possibilité de fusionner entre eux, voire la création de monopoles ou d'oligopoles qui déterminent les prix sur les marchés, peuvent compromettre, de manière considérable, la satisfaction des besoins individuels. Les ententes entre les producteurs et la formation de cartels ou de groupes et les «gentlemen's agreements» sont les conséquences d'une économie de marché libre sans interventions étatiques. Les entreprises qui se concentrent sur la maximisation des profits ne sont guère intéressées par des investissements dans des domaines qui relèvent des besoins collectifs et ne promettent pas des profits juteux. De nombreux domaines d'une économie nationale quelle soit européenne ou arabe essentiels pour le bon fonctionnement d'une société, comme les investissements dans l'infrastructure, la sécurité, l'éducation, le droit et la sécurité sociale, rendent donc nécessaire l'intervention directe ou indirecte de l'Etat.

Pour cette raison, la République fédérale d'Allemagne a associé, dès la conception de son ordre économique, qui a suivi la réforme monétaire de 1948, le principe de la libre concurrence à celui de l'«harmonisation sociale». C'est ainsi que la notion de l'«économie sociale de marché» a vu le jour. L'économie sociale de marché est donc un « ordre global sciemment conçu pour l'économie de marché», elle est basée sur la conviction profonde qu'il faut intégrer «les exigences sociales d'une société moderne dans un système de libre concurrence» (A. Müller-Armack).

Concernant les économies en développement telles que celles que nous observons aujourd'hui dans presque tous les Etats arabes l'intervention de l'Etat est une nécessité. D'abord dans l'intérêt des besoins collectifs, puis dans tous les secteurs économiques essentiels pour le développement économique qui n'attirent pas les investisseurs privés.

Pour créer un ordre économique optimal, il est nécessaire notamment dans les économies arabes émergentes de viser un équilibre optimal entre une conception libre des intérêts privés et des entreprises privées d'un côté, et la garantie des intérêts collectifs à travers les investissements de l'Etat, de l'autre. Il faut créer une «économie mixte», ou comme on dit aujourd'hui un «managed capitalism», un système dans lequel l'Etat, en adoptant une législation adéquate, crée les conditions cadres nécessaires pour les activités économiques privées et permet, en même temps, par des interventions directes, la satisfaction des besoins collectifs. Cet équilibre optimal varie d'un pays à l'autre, d'un cas à l'autre. En général, on peut dire qu'un ordre économique est optimal si, à l'intérieur d'un cadre établi par la législation, les activités privées peuvent être réalisées librement et «autant que possible» et si les interventions et activités étatiques sont limitées «autant que nécessaire». Le cadre ordonnateur pour une telle «économie mixte» à déterminant social doit être garanti à long terme. Une politique ordonnatrice dans le domaine de l'économie qui change au gré des jours et en fonction des intérêts politiques, est une politique économique qui nuit au développement et à la croissance de toute économie nationale.

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* Ghanie Ghaussy est professeur émérite en économie politique. Il a enseigné dès 1979 à la Helmut Schmidt Universität/Université de l'Armée allemande à Hambourg. Pr. Ghaussy est un éminent expert de l'islam et un grand connaisseur de l'économie sociale de marché.

Né en 1932 à Kaboul, ville où il étudie à l'Ecole allemande, il fait son habilitation en 1964 à l'Université de Berne et enseigne, à partir de 1965, en tant que professeur à la faculté des sciences économiques de l'université de Kaboul. De 1966 1974, il assume également les fonctions de gouverneur de la Banque centrale afghane. Après avoir passé quelques années aux Etats-Unis pour approfondir ses recherches, il retourne en 1977 en Allemagne pour y enseigner à l'université.


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A propos de Konrad-Adenauer-Stiftung - Programme Régional Proche Orient/ Méditerranée
La Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS), une des plus éminentes fondations politiques en Allemagne est l'héritière fidèle du premier chancelier allemand Konrad Adenauer (1876-1967) qui a introduit l'économie sociale de marché dans l'économie allemande d'après-guerre en étroite collaboration avec son ministre de l'économie Ludwig Erhard et en s'inspirant de l'Ecole de Fribourg.

Animée par le désir de promouvoir et de soutenir la démocratie, la liberté et la justice, la Konrad-Adenauer-Stiftung déploie, depuis plus de 25 ans, ses activités dans la région du Proche et Moyen Orient et la Méditerranée. Dans le cadre de ses activités qui visent à développer un ordre économique adéquat, la KAS se base essentiellement sur l'économie sociale de marché, un concept qui a fait ses preuves en Allemagne et a été adopté par de nombreux Etats européens. La KAS voudrait partager l'expérience allemande et contribuer à une connaissance plus approfondie de l'économie sociale de marché parmi ses partenaires et amis dans la Région Proche Orient / Méditerranée. La Konrad-Adenauer-Stiftung reste convaincue que les principes de l'économie sociale de marché offrent des solutions tout à fait adaptées aux défis à relever, aujourd'hui, par les économies arabes.

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