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Mohamed Abbou, la dénonciation est aisée mais la lutte est difficile !
Publié dans Business News le 02 - 09 - 2020

La corruption ne prend jamais racine dans un pays, sans la complicité de certains gouvernants. Elle ne s'épanouit pas sans des administrations faibles et ne peut être combattue sans une vraie volonté politique adossée à un système judiciaire fort et indépendant...
Mohamed Abbou, ministre d'Etat chargé de la Lutte contre la corruption, disait ce matin, dépité, qu'il n'a pas pu mener à bien sa mission dans le peu de temps qui lui a été accordé, qu'il a été entravé. Evidemment ce n'est pas du tout une surprise mais elle fût grande lorsqu'il a annoncé quitter la vie politique…

Tard dans la nuit d'hier, le nouveau gouvernement de Hichem Mechichi a obtenu la confiance de l'ARP. Le gouvernement Fakhfakh aura ainsi passé seulement huit mois en exercice. Huit mois surtout marqués par une crise sanitaire mondiale, celle du Covid-19.

Aujourd'hui, l'heure était aux bilans et parmi les ministres qui ont tenu à présenter le leur. Mohamed Abbou, le ministre d'Etat chargé de la Fonction publique, de la Bonne gouvernance et de la Lutte contre la corruption, a tenu une conférence de presse pour présenter les réalisations de son département.
Mohamed Abbou a saisi cette occasion pour revenir sur certains dossiers épineux avant d'annoncer qu'il allait démissionner du secrétariat général du parti Attayar et se retirer de la vie politique.

Le ministre a commencé par évoquer les dossiers qu'il a pu entamer, onze au total, à l'instar du contrôle mené sur l'affaire des masques, le dossier relatif aux appels d'offres pour les travaux d'infrastructure routière, celui des concours, des terrains agricoles de La Manouba, des véhicules administratifs ou encore celui des autorisations d'exploitation des hydrocarbures. Il a précisé que si son ministère a pu avancer sur certaines de ses missions, d'autres nécessitaient plus de temps pour que soient levées les entraves et pour y allouer les moyens nécessaires, surtout que les contrôleurs de l'Etat ne sont qu'au nombre de quarante, a tenu à préciser Mohamed Abbou.
Il est aussi revenu sur le scandale du conflit d'intérêts qui a conduit à la démission du chef du gouvernement, affirmant que le gouvernement Fakhfakh était destiné à tomber au moment même où il a été voté et que cette affaire n'était, en réalité, qu'une carte qu'Ennahdha a décidé de jouer.
« Donc des corrompus ont fait tomber un gouvernement corrompu, n'écoutez pas tout ce qu'on vous raconte ! Les corrompus n'ont pas le droit de dire qu'un gouvernement doit tomber pour suspicion de corruption. Ennahdha, tout le monde le sait, vit d'argent illégal, et ne peut pas l'être ! Dire qu'ils ont fait tomber Elyes Fakhfakh pour corruption c'est vraiment prendre les Tunisiens pour des idiots » a affirmé M. Abbou, ajoutant que des affaires en justice ont été déposées contre le parti islamiste pour blanchiment d'argent, à travers notamment quatre chaînes de télé, et pour que le parti divulgue l'origine de ses financements qui servent à payer les locaux, les voitures, les salaires etc. Des sommes colossales dont il faut découvrir la provenance, souligne le ministre.

Mohamed Abbou a indiqué qu'il savait au moment même où il avait obtenu le rapport sur l'affaire Fakhfakh que le gouvernement allait devoir partir mais que cela ne l'a pas empêché de le divulguer. Il a annoncé avoir transmis, le 27 août, au ministère public le dossier de l'affaire de conflit d'intérêts dans laquelle est impliqué le chef du gouvernement démissionnaire.
Il a souligné que l'Autorité de contrôle, avait relevé des infractions liées au marché conclu avec l'entreprise Vallis dans laquelle Elyes Fakhfakh détient des parts, jugeant la transaction illégale et recommandant donc de renvoyer pour examen le dossier de l'affaire devant le parquet du Pôle financier, notant qu'il s'était exécuté sans consulter des tiers.
Mohamed Abbou a expliqué, également, que l'autorité de contrôle avait conclu dans son rapport que le marché avait été attribué à la société d'Elyes Fakhfakh dans des circonstances ambiguës alors que ladite entreprise ne remplissait pas les critères techniques et financiers de sélection. Il a ajouté que la justice déterminera s'il y'a eu, ou non, corruption, dans le sens de pots de vin et de dessous de table, où alors qu'il y'a eu conflit d'intérêts.

Il a aussi voulu préciser qu'il avait rejeté la requête du chef de cabinet d'Elyes Fakhfakh d'ajourner l'ordre d'inspection, la veille même de l'audition du chef du gouvernement au Parlement le 24 juin, soulignant qu'il ne s'était jamais immiscé dans le travail de l'autorité de contrôle et qu'il avait honoré ses engagements en publiant le rapport final dans les délais fixés.
« Je viens d'avoir la confirmation que des sommes d'argent appartenant à des hommes d'affaires concernés par la confiscation, sont toujours dans les banques et que l'Etat n'a toujours pas mis la main dessus. Ce matin même, je m'en suis assuré et nous avons engagé les démarches nécessaires pour restaurer l'argent de l'Etat. Autre chose, nous avons aussi eu connaissance d'un bien confisqué toujours géré par son propriétaire, cette fois en connaissance de l'Etat qui a fermé les yeux et a laissé faire. Quand j'ai contacté le ministère concerné on m'a dit que c'était le désordre total à l'administration j'ai alors transféré l'affaire en justice. Voilà un échantillon de ce que nous avons pu démasquer. Nous avons aussi déposé des plaintes pour des prêts donnés à des politiciens mais aussi dans une affaire d'armes défectueuses. Certains, pour gagner deux sous, sont prêts à mettre en danger la vie de leurs propres enfants. Je parle d'une affaire, un deal où on parle de balles, où quelqu'un a préféré se mettre de l'argent dans les poches en risquant la vie de ses enfants, c'est un crime manifeste et prémédité et quand je parle d'enfants je parle de ceux dont sont responsables les responsables justement ! » a confié Mohamed Abbou.

Pour ce qui est du dossier de la Douane, il a précisé que de nombreux limogeages ont été opérés mais que personne n'a subi d'injustice. « Il n'y a eu que trois plaintes pour corruption et il faut savoir que même les syndicats ont été satisfaits de ces départs. Il y'a 52% d'officiers dans la Douane, contre 14% dans l'armée pour vous dire. Sinon pour ne citer qu'un cas parmi ceux qui ont été mis à la retraite forcée, un haut cadre a été filmé avec des téléphones portables dans les mains, il les prenait chez lui. Ce délit est passible de vingt ans de prison, mais il a écopé d'une sanction administrative et il est aujourd'hui à la retraite. Voilà, un seul cas. Pour les autres, nous avons nos informations et sommes certains que personne n'a été injustement traité » a-t-il poursuivi.

Mohamed Abbou a enfin parlé du sujet du limogeage du président de l'Inlucc, Chawki Tabib, affirmant qu'en aucun cas cela n'a été motivé par une quelconque revanche. « Le chef du gouvernement a eu des informations et a pris sa décision sur la base de ces données. Ces informations indiquent que les décisions de M. Tabib étaient politiques et n'ont jamais eu pour but la lutte contre la corruption. J'ai moi-même reçu des plaintes contre l'Inlucc depuis le mois d'avril et des suspicions existaient. Je veux dire une chose, les gens les plus suspects sont ceux qui n'ont rien à leur nom » a-t-il précisé.

Le ministre a enfin estimé que le relâchement constaté en Tunisie nécessite un Etat fort, précisant que le gouvernement Fakhfakh ne l'a pas été. « Nous aurions voulu l'être mais nous ne l'avons pas été parce que certains d'entre nous voyaient la vie en rose » a-t-il conclut.


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