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Lettre ouverte au président de la République
Publié dans Business News le 06 - 10 - 2021

Monsieur le président, je vous écris une lettre au contenu alarmant que vous lirez probablement.

Monsieur le président, des dix années que j'ai passées à la faculté des sciences juridiques et politiques de Tunis (1990-2000), je garde de vous le souvenir, miraculeusement intact, d'un homme juste et droit, à la parole rare et percutante et aux gestes précis, vaste cartable en cuir, position debout, place (presque) toujours la même, jamais loin de la fenêtre...

Aujourd'hui, vous êtes le puissant locataire de Carthage, le septième président de la République tunisienne jouissant de tous les pouvoirs qu'autorise l'article 80. Et moi je poursuis mon petit chemin, portant toujours le même cartable, et perpétuant le même dévouement pour le métier. "Malgrétout", avec une majuscule et en un seul mot, comme disait George Sand alors qu'elle assistait au délitement de l'Etat et au naufrage graduel de la deuxième République.

Et soudain, le 25 juillet !!! Nous avons tous applaudi votre courageuse initiative. En entendant votre discours, ce soir-là, j'ai cru retrouver le professeur KS que j'ai eu l'honneur de connaître il y a vingt ans de ça, allure ferme et voix sonnante.

L'air de liberté qui s'est emparé spontanément des foules m'a inspiré un petit texte-témoignage que j'ai intitulé "Que notre joie demeure". Etait-ce prémonitoire ? A peine dix jours après, ma joie à moi s'en est allée, envolée...

Monsieur le président, permettez-moi de vous rapporter ce qui s'est passé le 6 août 2021, (43ème jour du décès de notre regrettée mère). Sans motif, ni plainte connue, ni affaire en cours, ni même un document officiel, le docteur Riadh Mouakhar, reçoit, en fin de matinée, un appel téléphonique d'un numéro inconnu pour l'informer, 24 heures environ après la circulation de l'information sur les réseaux sociaux et dans les médias, qu'il est placé en "résidence surveillée". Ce fut comme un couperet tranchant. "L'instant qui décide d'une vie" comme a dit Saint-Augustin.

Les mots me manquent, monsieur le président, pour vous décrire mon étonnement et mon désarroi d'apprendre que Riadh Mouakhar, médecin-réanimateur de son état, pour qui l'expérience politique et le travail dans l'administration n'ont été qu'une courte parenthèse (refermée depuis plus de deux ans), ne pourra plus disposer de sa vie ni de son corps. L'ex-ministre se trouve traité au mieux comme un chapardeur, au pire comme un truand ou un dangereux criminel, et quant au citoyen, il se retrouve empêché de gagner son pain à la sueur de son front (et quelle sueur en plein été et plein Covid !!!).

Monsieur le président,

Connaissant votre sens aigu de la justice, j'ai essayé d'apprendre mes leçons et de faire mes classes. On m'a expliqué les lois et l'esprit des lois, les décrets et les arrêtés, le fonctionnement de la "justice" en situation d'urgence et sous l'article 80...

Mais "mon cerveau s'arrête", comme on dit chez nous, monsieur le président, en constatant qu'au 21e siècle, on continue à appliquer avec autant de rapidité un décret datant de 1978 et que, par ailleurs, la justice prend tout son temps pour délibérer. Il a fallu cinquante jours (au lieu des trente autorisés) pour que le tribunal administratif rende son verdict – qui n'en est pas un. S'abritant derrière la grande nébuleuse appelée "situation exceptionnelle", il renonce, en effet, à son pouvoir d'arrêter le pouvoir, et nous explique que l'assigné n'est pas dans "un état auquel il est difficile de remédier" et qu'il peut "vaquer à ses besoins essentiels".

Plus d'une fois, je vous ai entendu, monsieur le président, annoncer solennellement, sur la page officielle de la présidence et à la TV nationale, que les assignés peuvent se déplacer dans un rayon de soixante kilomètres, ce qui leur laisse la possibilité de subvenir à leurs besoins et d'honorer leurs engagements professionnels. Mais vos "exécutants", eux, affirment qu'ils ignorent tout de cette consigne, qu'aucun ordre ne leur a été transmis dans ce sens, et que la loi n'évoque pas cette aire de liberté.

Monsieur le président, permettez-moi de vous dire que Riadh Mouakhar, ce brillant médecin, s'est lancé dans la vie politique malgré le manque à gagner et s'en est retiré de son plein gré au bout de 4 ans par pure conviction et attrait personnel ; sans doute l'éducation de son père, instituteur de son état, et la fibre militante de ses ancêtres les Destouriens qui ont donné leurs vies à la lutte contre la colonisation ont-t-elles vibré en lui au lendemain de la révolution de 2011. Comme eux, il s'est investi pleinement dans ses nouvelles fonctions et a travaillé sans compter, en son âme et conscience. "Le grand homme est celui qui fait ce qu'il peut", affirme K. Marx ; Riadh Mouakhar a fait ce qu'il a pu, dans la loyauté et la transparence en dépit des possibles erreurs, insuffisances, ou maladresses inhérents à l'humain...

Monsieur le président, vanter les qualités du frère que je chéris de tout mon cœur est, je le sais, subjectif et sans doute irrecevable. Mais il vous serait tellement facile de vérifier mes propos, et d'enquêter sur son parcours, ses comptes, ses acquisitions tous dûment déclarés avant et après son expérience politique. Autant notre confiance dans la justice est grande, autant l'application hâtive de vieux "décrets", remontant à 1978, 1992 et que sais-je encore...et pesant sur nous TOUS comme l'épée de Damoclès, me semble indigne d'un Etat de droit.
Avec tout le respect que je vous dois, monsieur le Président, le professeur de droit que j'ai côtoyé n'aurait pas toléré ce genre d'incohérences et ces jugements iniques, et surtout très dommageables pour la dignité humaine et l'image de soi, tant pour les jugés que pour leurs juges.

Monsieur le président, vous qui avez vu souffrir des mères et détruire des familles entières, épargnez- nous l'horreur de telles situations. Je vous laisse imaginer la situation d'un individu qui a été bercé par "Le travail c'est la santé", et qui s'en trouve brutalement arraché...
Sortez et sortez-nous, je vous prie, mon honorable président et valeureux collègue, de ces cercles vicieux, et entrez dans l'Histoire par la grande porte. Elle est, en ce moment, largement ouverte devant vous et nos espoirs vous guident…


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