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La concierge de Kaïs Saïed
Publié dans Business News le 04 - 05 - 2022

Joyeuse fête de l'Aïd à tous les lecteurs et partenaires de Business News, sans qui notre journal ne perdurerait pas.
L'Aïd marque une double fête. Pour les pratiquants, c'est la joie du devoir accompli envers le Seigneur. Pour les non-pratiquants, c'est la joie d'en finir avec le fascisme des pratiquants, observé durant trente jours.
Que vous soyez religieux ou athées, pratiquants ou non, joyeuse fête à tous, sauf à ce ministre de l'Intérieur Taoufik Charfeddine qui a voulu prolonger son fascisme en procédant à la fermeture des bars et restaurants qui ont servi de l'alcool en ces jours de fête. Quelqu'un pour rappeler à ce ministre l'article 6 de la Constitution relatif à la liberté de conscience ?
Joyeuse fête également à tous mes collègues et mes confrères à l'occasion de la Journée mondiale de la presse, célébrée hier mardi 3 mai.
Une fête au goût amer avec le recul net du classement de la liberté de la presse en Tunisie. D'après ce classement, établi par Reporters sans frontières chaque année, la Tunisie a reculé au 94ème rang, alors qu'elle était 73e en 2021.La presse tunisienne vit des moments très difficiles et ce n'est que le début. C'est classique quand on vit sous une dictature. En plus de la crise économique aigüe, qui sévit partout, elle va devoir affronter la crise politique et se positionner. Soit, elle est contre le pouvoir totalitaire de Kaïs Saïed et elle signe sa faillite économique. Soit elle s'acoquine avec le despote de Carthage et elle signe sa faillite avec son public et avec la morale. Dans un cas comme dans l'autre, c'est la démocratie qui va en pâtir, puisque la presse est et demeurera un pilier incontournable de la démocratie.

Sur le plan politique, l'Aïd 2022 ne s'est pas déroulé dans la joie qui le caractérise d'habitude.
Le chef de l'Etat a présenté, dimanche dernier, ses vœux aux Tunisiens, avec un discours d'une quinzaine de minutes.
En pareille circonstance, tout président, tout roi, tout émir, tout chef de l'exécutif, se montre fédérateur, rassembleur, pacificateur, rassurant ou optimiste. Même les protagonistes d'une guerre signent des cessez-le-feu en période de fêtes.
Notre président n'est cependant pas de cette catégorie, il a de nouvelles approches (ses fameuses mouqarabat jadida) et profite des vœux de l'Aïd pour tancer ses adversaires et injurier ses opposants !
Mais calmez-vous monsieur le président, appuyez sur pause, prenez des vacances, allez boire un coup, accordez-vous et accordez-nous une parenthèse ! Les fêtes sont synonymes d'accalmie, d'amour, de générosité, de bonté et de bienfaisance. A quoi sert ce discours guerrier la veille d'une fête religieuse ? Qu'on soit islamistes, gauchistes, panarabistes, capitalistes ou mécréants, nous sommes et demeurerons Tunisiens d'abord et avant tout ! Les jours de fêtes sont là pour nous réunir et nous rassembler et non pour nous diviser et nous guerroyer. Une parenthèse monsieur le président, une simple parenthèse !

Outre le discours guerrier du président de la République, l'Aïd 2022 s'est caractérisé par ces fuites d'enregistrements téléphoniques entre Nadia Akacha, ex cheffe de cabinet du président de la République, et un interlocuteur anonyme. Il y a eu une bonne dizaine de fuites durant ce long week-end. Dans ces enregistrements, on entend Mme Akacha dénigrer le président, parler de son hypothétique maladie psychiatrique, de ses menaces (publiques) envers les Américains, etc.
Ces enregistrements rappellent les classiques commérages de concierge du siècle passé. Ou les discussions des masseuses du hammam. Voilà le niveau de l'ancienne cheffe de cabinet du président de la République qui s'est réfugiée à Paris avec sa mère et son frère qui a des ennuis avec la justice tunisienne.
Si l'on se respecte un tant soit peu, on ne peut pas analyser des commérages de concierge. Je passe donc mon tour pour décrypter ce qu'a dit Mme Akacha à son interlocuteur anonyme. On ne peut pas analyser une discussion charcutée et décontextualisée, fuitée à dessein en pleine période de fêtes.
Sur la forme de ces fuites, il y a à dire en revanche.
La partie qui a fait fuiter les enregistrements a, sans aucun doute, un intérêt. A priori, c'est son interlocuteur qui a pris la peine de masquer sa voix. Sauf que les apparences sont trompeuses, car cet interlocuteur n'a aucun intérêt à se griller publiquement et à trahir la confiance de son interlocutrice.
Il semblerait, et ce n'est qu'une lecture des choses, que c'est un service de renseignement d'Etat qui a fait fuiter les enregistrements. En termes plus clairs, c'est Taoufik Charfeddine, ministre de l'Intérieur, qui serait derrière.
Pourquoi ? Parce qu'il est le seul à posséder les outils technologiques permettant les écoutes téléphoniques, y compris les applications cryptées telles WhatsApp et Messenger.
Ces enregistrements ont été fuités au lendemain de la publication du texte de Nadia Akacha épinglant le ministre de l'Intérieur et où elle déclare indirectement que ce dernier n'a ni honneur, ni religion.
La guerre opposant M. Charfeddine à Mme Akacha est un secret de Polichinelle et la fuite des communications téléphoniques était la réponse du berger à la bergère.

Entre le discours présidentiel et les fuites ministérielles, l'Aïd 2022 mérite d'être inscrit dans les annales de l'Histoire nauséabonde de la Tunisie.
Ce que l'on retient est que les mouqarabat jadida du président n'ont rien de nouveau. Il use de moyens éculés et éprouvés depuis des décennies. Sa gestion des affaires de l'Etat est identique à celle de ses prédécesseurs. Pire, il ne soigne même pas les apparences et n'arrive pas à ficeler un seul des dossiers qu'il monte contre ses adversaires. Alors qu'il a réagi au quart de tour, au lendemain des déclarations houleuses de Moncef Marzouki en intimant l'ordre au parquet de se saisir immédiatement de l'affaire, Kaïs Saïed s'est terré dans le silence après les fuites de son ancienne cheffe de cabinet.

L'appareil de l'Etat est utilisé à de pures fins personnelles. Le président cherche à asseoir ses propres pouvoirs à travers une consultation et un référendum faussés. Son ministre de l'Intérieur est dans la petite revanche personnelle. Très petite même.
Conclusion de tout cela ? N'en déplaise à ses nombreux fans, Kaïs Saïed est un incapable et il ne fait que le prouver de jour en jour.
Qui a nommé cette concierge Nadia Akacha ? C'est lui.
Qui a nommé ce petit ministre ? C'est lui.
Qui a nommé l'autre concierge, Rachida Ennaïfer, la seule à avoir rebondi sur l'histoire des écoutes ? C'est lui.
Qui a nommé ces hurluberlus gouverneurs de Tunis et de Ben Arous ? C'est encore lui !
Qui a nommé ces ministres et ces chefs du gouvernement responsables des différentes crises socio-économiques dans lesquelles on se débat ? C'est toujours lui !
Au lendemain du 25 juillet, Kaïs Saïed pouvait dire qu'il n'est responsable de rien, que les autres sont responsables de tout.
Neuf mois après, il a eu tout le temps de redresser, un tant soit peu, la barre. C'est une évidence, il devient responsable de tout. C'est d'autant plus vrai lorsque les scandales viennent de ceux-là mêmes qu'il a lui-même nommés !

N.B : Pensée à l'ancien ministre Mehdi Ben Gharbia, qui demeure en détention bien que le juge ait décidé de sa libération, après avoir rassemblé toutes les preuves de son innocence.


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