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Pourquoi les résultats du référendum sont impossibles à croire
Publié dans Business News le 17 - 08 - 2022

Il est des articles qu'un journal se doit d'écrire pour marquer l'Histoire. Pour que les générations futures l'utilisent dans leurs recherches. Des articles qui ne servent à rien, pour le moment, mais qui serviront assurément à l'avenir. L'article que vous avez sous les yeux en fait partie.

Cela ne sert à rien de remettre en doute les résultats officiels définitifs annoncés mardi 16 août 2022. De toute façon, la loi l'interdit. Les dés sont jetés, les jeux sont faits, rien ne va plus. Les Tunisiens, en majorité, approuvent le référendum et le texte de la constitution et ne sont pas du tout prêts à écouter les voix discordantes.
Alors non, nous n'allons pas dire que les résultats du référendum sont frauduleux, nous ne sommes pas prêts pour l'échafaud. Nous n'allons pas dire que Farouk Bouasker, président de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), a falsifié les chiffres, ce serait de la diffamation.
Face à la machine despotique et la grande popularité du pouvoir, le 4e pouvoir pèse très peu.
N'empêche. Nous ne pouvons pas croire aux résultats donnés par M. Bouasker. Ceci ne regarde que nous. Nous ne pouvons pas respecter M. Bouasker et cela ne regarde que nous. Nous ne pouvons gober ce qu'on nous sert en nous demandant de nous taire. C'est juste indigeste.
Pourquoi ce scepticisme ? L'explication est donnée dans cet article. Nous allons juste mettre côte à côte des chiffres donnés par Farouk Bouasker lui-même, sans remettre en doute quoi que ce soit. Nous allons rappeler quelques faits sans accuser quiconque.
Nous le faisons pour l'Histoire, pour les générations futures, pour les historiens, pour les chercheurs. On ne dira pas, demain, que Business News n'a pas fait son travail.

- Le 25 juillet à 23 heures, M. Farouk Bouasker a déclaré durant une conférence de presse que le taux de participation à la fermeture des bureaux de vote a été de 27,54%. (cliquer ici pour voir sa déclaration)
Le 26 juillet, il déclare que le taux de participation est de 30,5% (cliquer ici pour voir sa déclaration). Comment ce taux a grimpé ? Personne ne le sait, personne n'a donné d'explication.
Le 16 août, il confirme son propos de 30,5%. Un taux qui devient officiel et définitif (cliquer ici pour voir sa déclaration). Qu'en est-il de ces propos donnés à chaud le 25 juillet ? Il n'en parle plus, plus personne n'en parle.

- Le 26 juillet, l'Isie publie un tableau détaillé des chiffres remontés par les régions (Irie). En regardant les régions dans le détail, on arrive sur un nombre total d'électeurs 2.756.588 électeurs (cliquer ici pour voir le détail des régions, document que l'Isie a rapidement effacé de son site).
Or, à cette même date, l'Isie annonce que le nombre total d'électeurs est de 2.830.094. Comment expliquer la différence ? Il y a bel et bien eu polémique, mais aucune explication n'a été donnée, à part d'évoquer une faute dans les fichiers. (cliquer ici pour voir notre article sur les écarts constatés)
Le 16 août, Farouk Bouasker annonce un nombre total et définitif d'électeurs de 2.830.094. Qu'en est-il de la faute des fichiers évoquée le 27 juillet ? Aucune réponse !

- Le 26 juillet, Farouk Bouasker donne un nombre global d'électeurs de 2.830.094. Il affirme que le nombre de « oui » est de 2.607.484 électeurs et que le nombre de votes blancs est de 17.005.
Le 16 août, le même Farouk Bouasker annonce le même nombre global d'électeurs, mais il modifie le nombre de « oui » qui passe de 2.604.484 électeurs à 2.607.884 électeurs alors que le nombre de votes blancs est passé de 17.005 à 17.008. Il ne modifie pas du tout les autres chiffres relatifs aux « non » et aux votes nuls. Arithmétiquement, ça ne tient pas debout, mais ça ne semble déranger personne.

- Le 16 août, pour sa conférence de presse, Farouk Bouasker joue l'opacité à fond en s'abstenant de délivrer au public les chiffres définitifs des Irie. C'est pourtant un bon moyen de détecter s'il y a fraude ou pas.

- Les écarts entre les chiffres des Irie et de l'Isie touchent toutes les circonscriptions, absolument toutes. Mais il y en a eu qui défraie la chronique, c'est celle de Tozeur. Le nombre d'inscrits dans cette circonscription est de 85035 personnes. L'Isie a indiqué que le nombre d'électeurs est de 105.515 personnes. Même en cas d'erreur d'actualisation des chiffres, on ne peut pas obtenir de pareils résultats ! En aucun cas, le nombre d'électeurs ne saurait dépasser le nombre d'inscrits.
Le chiffre est plus qu'invraisemblable quand on sait que l'ensemble de la population de Tozeur compte 115.675 citoyens, au 31 décembre 2021 d'après les chiffres officiels de l'INS.

- Le 25 juillet, jour du référendum, le membre de l'Isie, Sami Ben Slama a été empêché, avec usage de la force policière, d'accéder au palais des congrès pour accomplir son travail (cliquer ici pour voir son témoignage).
Précédemment, le même membre a subi une véritable campagne de harcèlement de la part de ses collègues (cliquer ici pour voir son témoignage).
L'isie a, par ailleurs, envoyé un huissier pour dresser un procès-verbal des publications Facebook de Sami Ben Slama. Quelque 190 pages ont été inspectées sur ordre direct de Farouk Bouasker (Cliquer ici pour voir un fac-similé des pv).

- Le 12 mai 2022, le président de la République Kaïs Saïed reçoit le président de l'Isie et lui déclare qu'il ne veut pas d'observateurs étrangers au référendum (cliquer ici pour écouter ses propos). Le jour du référendum, il y a eu quelques représentants arabes pour suivre le référendum, mais point de représentants européens ou américains. C'est la première fois, depuis 2011, qu'un suffrage ait lieu avec si peu d'observateurs tunisiens et étrangers. Dans l'écrasante majorité des bureaux de vote, il n'y avait que des agents de l'Isie.

- La constitution, objet du référendum a été publiée le 30 juin dans le Journal officiel. Sauf que cette version contenait des dizaines d'erreurs de différents types, obligeant la présidence à réviser sa copie Une nouvelle a été publiée tard le soir du 8 juillet. En dépit de ces erreurs et de ce changement, on n'a pas respecté les délais légaux et la date du référendum a été maintenue pour le 25 juillet.

- Le 5 août, le 8 août et le 16 août, le Tribunal administratif a rejeté les quelques recours déposés contre les résultats préliminaires. Officiellement donc, il n'y a aucune fraude dans le processus référendaire.

Quelle conclusion tirer de tout cela ? Chacun pensera ce qu'il voudra, il nous est légalement impossible de remettre en doute l'intégrité du référendum et celle de Farouk Bouasker.
Comme nous l'avons signalé au début, cet article n'est pas destiné à nos lecteurs contemporains, il est destiné aux historiens et aux générations futures. Ce qui est certain, c'est que ces historiens vont s'intéresser, un jour ou l'autre, à ce référendum du 25 juillet et à M. Bouasker et ils sauront donner les conclusions adéquates et les qualificatifs nécessaires.


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