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Diplomatie : les dossiers sur le bureau de Nabil Ammar
Publié dans Business News le 10 - 02 - 2023

Le nouveau ministre des Affaires étrangères a plusieurs dossiers sur son bureau. De la crise diplomatique qui s'annonce avec l'Algérie au pourvoi des postes vacants aux chancelleries, Nabil Ammar a du pain sur la planche. Il doit surtout trouver les mots adéquats pour donner une bonne image d'un pays qui vit sous la dictature d'un président atypique.

Une fois n'est pas coutume, le président Kaïs Saïed a choisi une pointure pour le poste de ministre des Affaires étrangères. Nabil Ammar, d'après sa biographie, est non seulement diplomate de carrière, mais il appartient à une famille d'hommes qui ont beaucoup donné à la Tunisie. Son père n'est autre que Abdelhamid Ammar, ancien cadre au Parti socialiste destourien, ancien directeur au ministère de la Jeunesse et des Sports et ancien ambassadeur à Dakar, Moscou, Damas et le Caire. Son frère est Habib Ammar, ancien directeur général de l'ONTT, ancien ministre du Tourisme et ancien ministre de la Culture. Son autre frère est Khalil Ammar, ancien PDG de la BFMPE.
Si son père et ses frères bénéficient d'une excellente réputation, il n'en est pas de même pour l'ancien ambassadeur à Bruxelles qui doit affronter, malgré son immunité, une plainte pour harcèlement déposée par son ancienne assistante Imen Salem. La présomption d'innocence prévaut et le nouveau ministre a déclaré ne pas être concerné par le sujet, mais n'empêche, cette plainte fait tâche.
Nabil Ammar n'avait pas, non plus, de bonnes relations avec son ancien ministre, le limogé Othman Jerandi. Ce dernier ne le prenait même pas au téléphone ces derniers temps, d'après les bruits de couloirs du ministère.
En revanche, il était très apprécié par certains de ses collègues, notamment les syndicalistes de la maison qui ont applaudi des deux mains et publié, en un temps record, un communiqué pour saluer sa nomination heureuse à la tête du ministère.

À son nouveau poste, Nabil Ammar devrait affronter une montagne de dossiers laissés en suspens par Othman Jerandi. Bien qu'il ne devrait pas fournir beaucoup d'efforts pour faire mieux que son prédécesseur, l'un des pires à ce poste, le nouveau ministre devrait être herculéen s'il cherche la véritable performance.
Aussitôt arrivé, il doit gérer une crise diplomatique non annoncée avec la grande voisine Algérie. Ça a commencé d'ores et déjà, puisque c'est avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra qu'il a eu le premier entretien téléphonique. L'Algérie serait fâchée à cause de l'histoire de l'opposante franco-algérienne, Amira Bouraoui qui s'est réfugiée en Tunisie. Les Algériens ont souhaité qu'elle leur soit remise, mais il semblerait que des pressions diplomatiques françaises aient poussé Kaïs Saïed à la laisser partir vers la France lundi dernier. La réaction de l'Algérie ne s'est pas faite attendre, elle a rappelé mercredi son ambassadeur à Paris accusant les Français d'avoir exfiltré la dame de l'Algérie vers la Tunisie.
Si les Algériens n'ont rien dit concernant la Tunisie, à propos de cette affaire, les choses semblent compliquées sur terrain. D'après des témoignages sur les frontières algéro-tunisienne, les individus accédant au territoire tunisien depuis l'Algérie au niveau des postes frontaliers Jlaiel de Ghardimaou, Babouche d'Ain Drahem et Melloula de Tabarka ont été interdits de ramener avec eux des marchandises algériennes. Le député Zouhaïer Makhlouf indique pour sa part que des centaines de familles seraient bloquées à la frontière où l'on laisse passer uniquement les personnes sans marchandises.
Nabil Ammar saura-t-il trouver les bons moyens pour résoudre la crise ? La tâche semble très rude.

Autre dossier brûlant sur le bureau du ministre, celui du pourvoi des postes. Son prédécesseur a laissé des dizaines de postes vacants et c'est à M. Ammar de trouver les bonnes personnes à nommer dans les ambassades. Théoriquement, les nominations d'ambassadeurs et de diplomates aurait dû se faire depuis le mois d'août, comme de tradition. Il fallait en effet prendre en considération la question des rentrées des classes pour les enfants des diplomates. Sauf que cela n'a pas été fait. La faute de Jerandi ou de Saïed ? Peu importe, le fait est que Nabil Ammar doit pourvoir ces postes au plus vite, notamment dans certaines capitales chaudes à l'instar de Rome. S'il est vrai qu'il est difficile de trouver un digne successeur à Moez Sinaoui, il n'en demeure pas moins que M. Ammar doit solutionner au plus vite le problème en Italie où l'on compte des centaines de Tunisiens détenus dans des conditions moyenâgeuses et traités comme des animaux par les autorités italiennes.
Autres postes à pouvoir, ceux des diplomates de la représentation à Damas où l'on n'a pas d'ambassadeur depuis une bonne douzaine d'années. Le président de la République lui a demandé expressément d'élever la représentation en Syrie. Comment le ministre va-t-il dialoguer avec le régime de Bachar El Assad ? Ici aussi, la tâche semble titanesque.

La tâche de Nabil Ammar est rude, il a pour mission de « sauver » la souveraineté de la Tunisie, dont parle tout le temps son patron. Or c'est ce patron qui a mis à mal cette souveraineté.
Il se doit de véhiculer une bonne image d'un régime putschiste qui n'a rien réussi depuis que Kaïs Saïed s'est accaparé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021.
Le pays souffre de multiples pénuries et d'une inflation en incessante croissance. Les caisses de l'Etat sont vides et le gouvernement peine à convaincre le FMI et les pays frères et amis de lui prêter de l'argent. Othman Jerandi n'a pas fait le lobbying nécessaire auprès des grandes capitales pour « vendre » le projet de Kaïs Saïed. C'est maintenant à Nabil Ammar qu'échoit ce rôle.
Il est appelé aussi à blanchir un régime despotique qui mène la vie dure aux opposants, aux syndicats, à la presse, aux magistrats, etc.
Outre le pourvoi, le blanchissement et le lobbying, Nabil Ammar doit composer avec un président atypique qui ne comprend rien à la politique et à la diplomatie et qui multiplie les phrases qui ne veulent rien dire. Son speech d'hier en est le parfait exemple. Au meilleur des cas, le nouveau ministre trouvera une bonne politique et stratégie à suivre pour son département, mais il n'est pas dit que celles-ci vont être acceptées par son patron.
Enfant de la diplomatie et fils de diplomate, Nabil Ammar a beau être une bonne pointure selon le jargon de la maison, il n'en demeure pas moins qu'il semble être au mauvais endroit. Accepter un tel poste pour de telles missions, dans de telles circonstances, est synonyme d'un vrai suicide politique.


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