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Hatem Mliki : je ne fais pas partie de l'opposition car il n'y a même pas d'idée à critiquer
Publié dans Business News le 14 - 06 - 2023

L'ancien élu et expert en gouvernance et développement régional, Hatem Mliki, a considéré qu'il ne pouvait pas être qualifié d'opposant car il n'y avait même pas d'idée et de politiques étatiques à critiquer. Il a estimé que la visite du président de la République à Gafsa du 13 juin 2023, n'a pas répondu à une question importante à savoir le réinvestissement des revenus engendrés par la vente du phosphate.
Invité le 14 juin 2023 de « Midi Show » de Elyes Gharbi sur Mosaïque Fm, Hatem Mliki a estimé que le recours au système d'octroi d'avantages aux zones reculées et marginalisées pour les investisseurs s'était révélé être inefficace. Il s'est interrogé sur la part qui sera réinvestie afin d'améliorer le quotidien des citoyens.
« Combien va-t-on recevoir ? 5% ? 10% ? 20 ? Dans quoi seront-ils réinvestis ? L'infrastructure, le quotidien des citoyens et le problème de l'assainissement, d'accès à l'eau potable ou d'autres problématiques… Qu'allons-nous recevoir en tant que région de l'intérieur afin de réaliser une croissance économique locale ? L'Etat ne répond pas à ces questions ! Nous sommes, une fois, allés vers l'octroi d'incitation, chose qui n'a pas fonctionné ! Nous avons créé des sociétés de jardinage et des entreprises communautaires. J'ai entendu, hier, le président leur dire que l'argent leur sera remis en main. Que signifie cela ? Vont-ils recevoir chacun un virement ? Quelle est la différence entre les sociétés de jardinage et les entreprises communautaires ? Les entreprises communautaires, ne peuvent-elles pas être des sociétés de jardinage ? », a-t-il critiqué.
Hatem Mliki a estimé que le rôle de l'Etat n'a toujours pas été défini et que la visite s'articulait autour de quelques slogans. La seule source de revenus de la région est la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG). Il a déploré l'absence de connexion et de relation économique entre Gafsa et les gouvernorats voisins tels que ceux de Sousse, de Kébili et de Sidi Bouzid. Il a pointé du doigt le manque d'investissement étatique concernant le secteur agroalimentaire. Il a évoqué la production de pistaches dans le gouvernorat de Gafsa et l'effort fourni par le secteur privé malgré la dégradation de l'infrastructure. Hatem Mliki a estimé que Gafsa pouvait jouer le rôle du centre économique de la région.
Pour ce qui est de Kébili, l'expert en développement régional a indiqué qu'au Faouar l'Etat a octroyé des terrains agricoles afin d'encourager la production de dattes. Néanmoins, les autorités tunisiennes n'ont pas résolu les problématiques de l'infrastructure, des transports, de l'accès à l'eau potable. Le climat n'encourage pas les Tunisiens à s'installer dans cette région. Hatem Mliki a déploré le manque de réflexion de la part de l'Etat et a considéré que les autorités ne réagissaient que suite à des mouvements de manifestation.
Hatem Mliki a indiqué qu'une entreprise comptait construire une cimenterie dans l'une des villes d'Algérie. Les autorités nationales ont exigé auprès de l'entreprise de s'engager dans la promotion de l'économie locale de cette région et de ne pas nuire à la nappe phréatique ou de nuire aux familles y résidant. Il a expliqué que la CPG pouvait être la locomotive de l'économie régionale de Gafsa, mais qu'elle n'était pas suffisante.
« Plus de 70% de l'activité économique provient du secteur des services. À Gafsa, l'intégralité de l'économie repose sur l'industrie. Quels sont les services autour de la CPG ? Quelle est la qualité de vie des habitants de la région ? », s'est-il interrogé. M. Mliki a considéré que la Tunisie avait beaucoup à apprendre au sujet de la gouvernance du pays. Il y a eu dans le passé une croissance économique, mais sans développement régional. La transition vers un pays développé doit avoir lieu à travers la réflexion et l'échange.
Hatem Mliki a rappelé avoir été accusé d'œuvrer contre les intérêts du pays pour avoir critiqué le recours à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Ceux qui lui ont reproché la chose usent désormais des mêmes arguments qu'il avait évoqués dans le passé. Il a estimé que la mise en place des réformes économiques devait avoir lieu parallèlement à la mise en place de programmes d'appui aux familles à faible revenu et marginalisées et de retour de l'investissement. Il a expliqué que la visite à Gafsa afin de garantir des revenus des ventes des phosphates, les négociations avec Giorgia Meloni autour de la question migratoire et le recours aux FMI en raison de la difficulté de mobiliser des fonds démontraient une imprévoyance de l'administration tunisienne.


Hatem Mliki a affirmé que le président de la République, Kaïs Saïed, était incapable de gouverner le pays. Il n'est pas doté d'une pensée claire à ce niveau ou d'une approche méthodologique. « Les paroles du président de la République devraient avoir lieu dans le cadre d'une conférence ayant eu lieu après 18h ou en écrivant un livre ou un article portant sur le système mondial… Lorsqu'il prend sa place à son bureau à 8h du matin, il doit aborder les questions de l'approvisionnement en matière première, de la politique en matière d'emplois et de développement ou de l'éducation et de l'enseignement. Le président cite des idées globales évoquées, dans le passé, par la génération des années soixante tel que Saddam Hussein, Habib Bourguiba ou Jamel Abdennasser. Aujourd'hui, le monde adopte un discours différent… Les débats portent sur l'employabilité et le pouvoir d'achat », a-t-il ajouté.
Hatem Mliki a insisté sur l'importance du partenariat entre l'Union européenne et la Tunisie. Il a, également, mis en garde contre la politique de Giorgia Meloni, présidente du conseil italien. Cette dernière est la dirigeante du parti « Fratelli d'Italia » connue pour sa politique raciste en matière de migration. Il s'agit d'un parti extrémiste nationaliste. Il a critiqué le traitement de la question migratoire parallèlement à la question économique du pays. La migration clandestine est un phénomène observé sur l'intégralité de la zone et n'est pas liée uniquement à la Tunisie. Il a, aussi, estimé que la Tunisie pouvait entamer des négociations avec d'autres pays européens afin de barrer la route à l'extrémisme italien en matière de migration.
« Nous ne devons pas entamer des négociations sans consulter les Libyens et les Algériens. Nous n'avons pas de frontières avec le Mali, le Niger ou toute autre zone… Nous devons renforcer la coopération entre ces pays en matière de protection des frontières… On évoque les frontières maritimes italiennes sans aborder l'entrée des migrants par les frontières de Kasserine et du nord-ouest… Nous devons unifier la position tuniso-libyo-alégérienne… La Tunisie prend un risque en négociant avec un parti extrémiste alors qu'elle se trouve en situation de difficulté financière et sans le soutien des pays amis et voisins », a-t-il déploré.
Hatem Mliki a considéré que la hausse du nombre de migrants se trouvant en Tunisie était un risque pour l'intégralité de la région. Il a assuré que la Tunisie n'était pas capable d'accueillir 200.000 migrants. Giorgia Meloni, selon lui, exploite la crise tunisienne. Il a considéré que la Tunisie devait négocier, mais autrement. Il faut faire face à la position extrémiste de l'Italie et solliciter le soutien de la Libye et de l'Algérie.


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