Le ministre des Domaines de l'Eta, Mohamed Rekik, est revenu, samedi 23 décembre 2023, sur le verdict arbitral rendu hier par le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) concernant l'affaire de la banque franco-tunisienne (BFT). Au micro d'Anis Morai, sur Diwan FM, le ministre a estimé que cette décision est une victoire obtenue grâce aux efforts du gouvernement tunisien. « Certes nous avons dépassé le volet de la responsabilité, il a été admis que l'Etat est responsable et qu'il a lésé le plaignant, mais le montant de l'indemnisation est une victoire. Le dernier montant demandé par le plaignant était de douze milliards de dollars, le montant du verdict est de loin inférieur à cette somme et c'est en cela qu'il s'agit d'une victoire pour la Tunisie », a-t-il expliqué. Mohamed Rekik a précisé qu'il s'agit d'un jugement définitif et que les recours ne pouvaient être envisagés dans des cas exceptionnels et dans un délai de 120 jours. « Nous considérons que les chances du plaignant sont faibles même s'il est très probable qu'il engage un recours, néanmoins nous continuerons de suivre ce dossier et de défendre nos droits. Je le redis il n'y a pas d'appel, mais un recours pour annulation qui doit être argumenté », a-t-il ajouté. Sur décision arbitrale, la Tunisie a été condamnée, vendredi 22 décembre 2023, à payer 1,11 million de dinars dans l'affaire de la BFT. Le ministère des Domaines de l'Etat s'est félicité de ce verdict qui vient clore ce qu'on qualifie de plus gros scandale politico-financier de ces trente dernières années. Il s'agit, rappelons-le, de l'une des premières opérations de privatisation depuis l'indépendance dont l'enjeu financier est devenu, au fur du temps, considérable. Au milieu des années 1980, financièrement aux abois, l'Etat décide de privatiser une banque, qui a été nationalisée au début des années 1960, par une augmentation de capital totalement dédié à un partenaire privé. ABCI Investment limited, holding financier appartenant à un Tunisien, Abdelmajid Bouden, est choisi par les pouvoirs publics à qui il finira par dire qu'il a acquis la banque à une valeur bien supérieure à la réalité. Abdelmajid Bouden lancera aux dirigeants de la Société tunisienne de banque (STB), que la société-mère a lesté les comptes de la BFT en lui refilant une bonne partie de ses créances, puis réclamera officiellement d'être indemnisé. Commence alors un véritable bras de fer juridique entre l'Etat et Abdelmajid Bouden qui quittera le pays pour éviter la prison, mais ne lâchera pas prise. Il a internationalisé le litige en portant l'affaire auprès des tribunaux internationaux. En 2004, il saisira le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), une des institutions du groupe de la Banque mondiale.