Le dernier baromètre de la CCITF, présenté par son Secrétaire Général Mohamed Louzir, dresse un constat clair : si 2025 a marqué une reprise économique, 2026 s'annonce sous le signe de la vigilance. Entre croissance du chiffre d'affaires et freins administratifs persistants, l'économie tuniso-française avance avec prudence. L'année 2025 s'impose comme une transition réussie. Selon une enquête menée auprès de 167 entreprises, près de 80 % ont stabilisé ou augmenté leur activité. La dynamique est confirmée par le chiffre d'affaires : 47 % des entreprises enregistrent une croissance, tandis que les baisses de revenus reculent nettement, passant de 31 % en 2024 à 19 % en 2025. Cette amélioration se reflète également dans le climat des affaires. Pour la première fois, 56 % des chefs d'entreprise jugent la situation économique favorable, contre seulement 10 % l'année précédente. La France, partenaire économique clé Les relations bilatérales restent un pilier stratégique pour la Tunisie : - 1 600 entreprises françaises emploient près de 170 000 Tunisiens - Une balance commerciale excédentaire avec 15 milliards de dinars d'exportations contre 9 milliards d'importations - 79 % des entreprises estiment que cette relation économique est solide et en amélioration 2026 : une année sous tension Malgré ces indicateurs positifs, 2026 s'annonce plus incertaine. Si 55 % des entreprises anticipent encore une hausse du chiffre d'affaires, les intentions d'investissement restent prudentes. Le baromètre identifie trois freins majeurs : - Pression fiscale : citée par 68 % des entreprises - Lourdeur administrative : un obstacle pour 58 % des acteurs - Incertitudes géopolitiques : impactant les chaînes d'approvisionnement pour près de 50 % Le défi africain : une opportunité sous-exploitée Malgré le potentiel de la ZLECAF, 44 % des entreprises tuniso-françaises n'ont encore aucune activité en Afrique. Le marché subsaharien reste un levier stratégique inexploité. Pour préserver l'élan économique de 2025, les décideurs devront agir sur deux priorités : simplification administrative et lisibilité fiscale. La reprise est engagée, mais sa durabilité dépendra des réformes.