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Non au FMI, mais oui à la Banque mondiale !
Publié dans Business News le 27 - 02 - 2024

Le président Saïed a toujours rejeté le FMI. Ceci n'est un secret pour personne, il n'a jamais rien fait pour le cacher. la Banque mondiale, en revanche, c'est une tout autre histoire.
« Les diktats de l'étranger ne peuvent qu'être rejetés ; je m'oppose aux instructions émanant de l'étranger et appauvrissant les Tunisiens ; le monde et les entités financières telles que le FMI doivent comprendre que l'être humain n'est pas un simple chiffre ; nous exigeons le respect de la volonté du peuple ; la Tunisie est capable de sortir de la crise par ses propres moyens ».
En juin dernier, face au président du Conseil européen, Charles Michel, Kaïs Saïed avait déclaré que « les accords de Bretton Woods ne sont pas une fatalité et les conditions et diktats imposés ne sont pas acceptables, car leur application, telle qu'expérimentée en 1984, menace la paix sociale ».
Même discours tenu le jour où il a officiellement dit « non » au FMI, à seulement quelques jours de l'ouverture des réunions de printemps entre le FMI et la Banque mondiale. « Nous n'écouterons personne, sauf Dieu et la voix du peuple ». L'alternative de Kaïs Saïed est très simple – sur le papier – compter sur nous-mêmes !

S'il durcit le ton avec l'institution de Bretton Woods qu'est le FMI, Saïed accueille pourtant à bras ouverts l'autre institution de Bretton Woods qui est la Banque mondiale. S'agit-il d'ignorance ou de calculs politiques - et populistes - bien réfléchis ?
Nul n'ignore, en effet, que FMI et Banque mondiale travaillent main dans la main. Leurs rôles sont complémentaires par définition. En réalité, si la mission de la Banque mondiale est officiellement sociale « lutter contre la pauvreté, aider au développement etc. », et que le rôle du FMI est d'ordre purement économique et financier « apportant une aide technique et un ensemble de recommandations pour éviter la banqueroute », leurs deux rôles sont intimement liés.
Mais, c'est sur cette nuance que le pouvoir joue afin d'accueillir l'un en rejetant l'autre, histoire de ne pas fermer la porte à des financements dont le pays ne peut se passer. Derrière le slogan du « compter sur nous-mêmes », il existe une réalité économique bien autre. La Tunisie a indéniablement besoin des « aides » qu'on lui donne et le pays ne semble pas vraiment sur la bonne voie pour s'en sortir tout seul.
Conscient de cela, le pouvoir préfère rejeter le méchant FMI – le pompier des crises financières – tout en accueillant à bras ouverts la gentille Banque mondiale - luttant contre la pauvreté et axée sur la santé et le développement.

Hier, Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord a été reçu à bras ouverts par le ministre des affaires étrangères, Nabil Ammar. Une occasion pour le MAE tunisien de « saluer la contribution de la Banque mondiale », d'évoquer « les projets de coopération actuelle et future » et aussi de parler de « renforcement de cette coopération pour répondre aux priorités économiques et sociales de notre pays ». Drôle de discours venant de ceux-là mêmes qui rejetaient les institutions de Bretton Woods et leurs « diktats ».
D'ailleurs, aujourd'hui encore, Ferid Belhaj vient d'annoncer que la Banque mondiale mettra à disposition de la Tunisie 524 millions de dollars, le 25 mars prochain. Un somme que le pays ne semble nullement avoir l'intention de snober.

Dans son discours, Kaïs Saïed a toujours associé les recommandations du FMI à la colère populaire et, historiquement, aux émeutes du pain de 1983-1984. À chaque fois qu'on aborde la question du FMI, il ne rate pas l'occasion de rappeler le plan d'austérité proposé par l'institution en 1983 et les émeutes meurtrières qui avaient suivies, à l'époque, en réaction à l'annonce de la réduction des subventions sur le pain.
De l'ensemble des recommandations émises par l'institution monétaire, c'est la révision du système de subvention que Saïed aborde à chaque fois, utilisé comme argument irréfutable pour expliquer pourquoi il rejette catégoriquement leur programme de réformes.

Il n'est nullement cohérent de dénigrer les accords de Bretton Woods en se montrant aussi sélectif quant aux institutions qu'on rejette ou qu'on accueille. Il n'est aussi nullement honnête d'affirmer que le pays s'en sortira par ses propres moyens, tout en tendant l'autre main pour accepter allégrement les financements qu'on lui offre.
Encore une fois, sentiments et discours populiste sont utilisés par le président pour justifier une position contradictoire et ouvertement hypocrite. Kaïs Saïed fait passer un message au peuple, « je suis là pour sauvegarder vos intérêts ». C'est ce qu'il répète à qui veut l'entendre à chacune de ses sorties présidentielles, soigneusement filmées par les services de Carthage. Pour faire passer ce message, tous les moyens sont bons…


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