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Sonia Dahmani : un ramadan derrière les barreaux, un goût d'asphyxie
Publié dans Business News le 24 - 03 - 2025

Cela fera bientôt un an que Sonia Dahmani, avocate et chroniqueuse, est derrière les barreaux. Sa sœur, Ramla Dahmani Accent, mène depuis le premier jour un combat acharné pour faire entendre sa voix. À l'approche du triste anniversaire de son incarcération, le témoignage qu'elle partage est celui d'une douleur qui ne faiblit pas.
« C'est difficile depuis le premier jour. Ecrire. Décrire. Tenter de mettre des mots sur ce qui n'en a pas. Sur l'injustice, l'attente, l'absurde », confie-t-elle dans un long texte publié lundi 24 mars 2025 sur ses réseaux sociaux. Ramla Dahmani raconte ce combat quotidien pour sa sœur, cette bataille contre « les silences, les absences, les murs ». Une lutte qui dure « onze mois » déjà et qui pèse chaque jour un peu plus.

Depuis le début du mois de ramadan, la situation semble s'être aggravée. Le jeûne, l'attente, le silence. Mais surtout, l'absence. « Ces derniers jours ont un goût plus amer que d'habitude. Un goût d'étouffement. D'asphyxie. Un goût d'Aïd sans joie, de ramadan sans lumière », écrit Ramla Dahmani. Pour la famille Dahmani, ces jours de fête n'ont plus rien de sacré. « La table est incomplète, car la voix de Sonia ne résonne pas dans la maison. »
Le moral de Sonia Dahmani est au plus bas. « Elle est vide. Elle a décroché », rapporte son frère Mehdi après une visite au parloir. « Elle est fatiguée. Elle n'en peut plus. Elle veut retrouver sa vie, qu'on lui rende ce qu'on lui a volé. » Le constat est dur, implacable. Ramla Dahmani s'interroge : comment peut-on être puni « comme une criminelle », « comme si elle avait volé, blessé, tué », pour avoir simplement « prononcé une vérité » ?
Dans la prison, la vie est faite de petites violences quotidiennes. « On continue de la casser. De la mordre à petits coups, chaque jour. Pas de gifles spectaculaires, non. Des gifles invisibles. Sourdes. Insidieuses », dénonce Ramla. Sonia Dahmani l'a dit elle-même : « Tout ce qui pourrait me réconforter, tout ce qui pourrait m'aider m'est interdit. »

Au détour de son texte, Ramla Dahmani évoque la cellule voisine de celle de sa sœur, un atelier de pâtisserie. « L'odeur entre sous la porte, la nargue, la frappe. Ça fait plusieurs jours que ça sent le sucre, le beurre, la fleur d'oranger. Ça embaume. Et ça torture. » Ces douceurs, préparées pour les surveillantes, les chefs ou la revente, ne sont pas destinées aux détenues. Pour elles, il reste l'odeur. Et la faim.
Certaines prisonnières, si elles en ont les moyens, peuvent acheter quelques gâteaux artisanaux. « 46 dinars le kilo », précise Ramla Dahmani, qui dénonce une exploitation sans scrupules. Les femmes qui les fabriquent sont payées « vingt dinars par mois ». Un système qu'elle qualifie sans détour « d'esclavagisme ».
« L'Aïd, cette année, n'en est pas un. Ni pour elle. Ni pour nous. On n'a pas le cœur à faire des gâteaux. Pas le cœur à faire semblant », écrit-elle encore. La douleur est là, immense. L'absence, insupportable. Et la colère sourde. « Comment fêter quoi que ce soit quand celle qu'on aime est là-bas, affamée de justice, affamée de liberté, affamée de vie ? »
Mais malgré l'épuisement, Ramla Dahmani continue d'écrire. Inlassablement. « Parce que si je me tais, elle s'efface. Parce que si j'arrête, ils gagnent. Alors j'écris. Même quand ça brûle. Même quand ça saigne. Même quand je n'ai plus les mots. »
Et de conclure : « je continuerai. Parce que derrière les barreaux, il y a ma sœur. Une femme. Une voix. Un symbole. Et parce qu'ils ne nous auront pas. »


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