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Cassez, cassez, il en restera toujours quelque chose !
Publié dans Business News le 26 - 03 - 2025

L'économie tunisienne subit une série inédite de coups de massue successifs. Bien habile celui qui saurait dire où tout cela nous mène. Pour l'instant, cela offre du grain à moudre à ceux qui célèbrent encore la fameuse « résilience » de l'économie tunisienne face aux crises, comme si l'on s'étonnait qu'elle continue d'exister malgré tous les efforts déployés pour la détruire.
Le dernier choc, et message extrêmement négatif envoyé aux investisseurs, est la fermeture brutale de Bolt en Tunisie. Après des années d'exercice, les autorités ont soudainement « découvert » que l'activité de transport via des applications est illégale et que la filiale tunisienne de cette multinationale se serait rendue coupable de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale. Résultat : ses comptes ont été saisis et elle a été purement et simplement radiée du Registre national des entreprises (RNE).
Les autorités ont donc toléré la présence de Bolt dans le pays et le fait qu'elle génère des dizaines de millions de dinars de chiffre d'affaires, avant d'y mettre fin brutalement. Certes, l'entreprise aura l'occasion de se défendre en justice, mais en attendant, elle est rayée du paysage économique. Comment un service mondialement utilisé peut-il être illégal en Tunisie ? Quel message cela envoie-t-il aux investisseurs ? Quant aux milliers d'utilisateurs, ils sont une variable négligeable pour l'Etat. Ceux qui refusaient d'attendre un taxi dans la rue ou qui avaient des impératifs horaires devront trouver d'autres solutions. En attendant, Bolt conteste officiellement les accusations et l'application fonctionne toujours… car on ne met pas une application en prison.

Une politique économique illisible
Mais cette relation conflictuelle entre l'Etat et le monde économique ne date pas d'hier. Tout a commencé avec l'incarcération de plusieurs hommes d'affaires sous diverses accusations, avec la promesse qu'ils pourraient négocier un arrangement via la réconciliation pénale. Une idée du président Kaïs Saïed censée injecter des milliards de dinars dans les caisses publiques. Trois ans après la publication du décret, les hommes d'affaires restent en prison et les travaux de la commission chargée de cette réconciliation restent opaques. Entre-temps, l'impact sur leurs entreprises, leurs employés et l'ensemble du climat des affaires a été balayé d'un revers de main.
Dans cette quête effrénée de liquidités, la pression fiscale sur les entreprises a atteint des sommets. Entre l'impôt sur les sociétés, les contributions exceptionnelles, l'impôt sur les dividendes et l'obligation d'affecter 8% des bénéfices à des prêts sans garantie, une banque tunisienne reverse aujourd'hui près de 60% de ses revenus à l'Etat !

Une économie sous respiration artificielle
Comme si cela ne suffisait pas, deux autres décisions ont porté un coup dur à l'économie. La première est la réforme des chèques, qui a paralysé les échanges commerciaux, freiné la consommation – moteur clé de la croissance – et poussé les acteurs économiques vers le cash, faisant exploser la masse monétaire en circulation. Le législateur n'ayant prévu aucune alternative viable, il se penche désormais sur… une amnistie générale pour les condamnés pour chèques sans provision. Pendant ce temps, certaines entreprises ont perdu jusqu'à 50% de leur chiffre d'affaires.
La seconde menace est la réforme du Code du travail, qui prévoit d'interdire la sous-traitance et de rigidifier le marché de l'emploi en imposant uniquement des CDI. Alors que le monde entier prône plus de flexibilité, la Tunisie choisit la direction opposée. Ironie du sort, certains disent qu'il sera bientôt plus facile de divorcer que de licencier un employé. Si la protection des travailleurs est un objectif louable, quel est le plus « digne » ? Un contrat de travail inamovible ou un salaire minimum qui ne permet plus de vivre décemment ?

Alors que les entreprises tunisiennes affrontent l'une des crises les plus dures depuis le Covid, elles ne peuvent même pas compter sur des représentants efficaces. L'Utica brille par son absence, et la Conect fait ce qu'elle peut. Car pour légiférer efficacement, encore faut-il comprendre l'économie. Et manifestement, nous en sommes bien loin.


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