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Le monde en roue libre : de Borj Erroumi à Washington, les lois vacillent
Publié dans Business News le 31 - 05 - 2025

Episode 1 – L'art tunisien de disperser les problèmes… géographiquement
La semaine dernière, l'administration pénitentiaire tunisienne a eu une idée lumineuse : disperser les prisonniers politiques aux quatre coins du pays. Pourquoi ? Mystère. Peut-être une lubie cartographique, peut-être un test logistique. En tout cas, ce ne fut pas un hasard.
Ridha Belhadj a été envoyé à Siliana. Ghazi Chaouachi à Ennadhour. Issam Chebbi à Borj Erroumi. Kamel Bedoui s'est retrouvé à Sers. Kamel Letaïef, lui, a hérité de Borj El Amri. Hattab Slama a été transféré à Bulla Regia. Même la journaliste Chadha Haj Mbarek a été transférée de Sousse à Belli. Et la palme de la dispersion revient à l'administration qui, sans ciller, explique que ce sont là des décisions « normales ».
Mais l'effet est clair : avocats empêchés, familles dissuadées, moral écrasé à coups de kilomètres.
On ne déplace plus des corps, on fragmente des voix. L'idée est d'empêcher les familles de se réunir, de manifester et de concerter devant les prisons. On les prive même de ces petits moments de complicité !

Et pendant que certains sont envoyés loin, d'autres ne sont plus autorisés à sortir du tout. C'est le cas d'Abir Moussi. Sa peine de seize mois a officiellement pris fin le 26 mai. Mais elle reste enfermée. Pourquoi ? Parce qu'aucun document n'atteste sa libération. Pas de signature, pas de sortie. La justice en Tunisie, c'est un peu comme un fichier Word mal sauvegardé : tant que ce n'est pas imprimé, ce n'est pas valide.
Abir Moussi appelle ça une détention arbitraire. Difficile de lui donner tort. Elle n'est plus incarcérée par la loi, mais par l'absence de décret. Une nouvelle jurisprudence : si personne ne vous dit de sortir, c'est que vous devez rester.
On aurait pu appeler ça de la vengeance. Mais ce serait trop humain. C'est autre chose. Une discipline froide, administrative, sans visage. Une gestion du dissident par fragmentation et oubli.
La Tunisie n'emprisonne plus seulement les opposants. Elle les dilue. À petites doses. Par kilomètres. Par silence.
Et on ose encore nous dire que tout cela se fait « dans le respect de la loi ».

Episode 2 – Trois chiffres qui ne rigolent plus
Il y a des chiffres qui rassurent, d'autres qui endorment, et puis il y a ceux qu'on aimerait bien ne jamais avoir lus.
Cette semaine, la Tunisie nous a offert un petit trio de données, comme un sketch à trois temps, sauf qu'on rit jaune, très jaune.
Acte I : 23,8 milliards de dinars en cash en circulation. Du jamais vu. Les Tunisiens fuient les banques comme s'il s'agissait d'un club de lecture organisé par la Trésorerie générale. La nouvelle loi sur les chèques ? Un chef-d'œuvre. Résultat : plus personne ne veut d'un compte bancaire, sauf peut-être pour y cacher un peu de poussière. On dirait un plan de transition vers l'économie invisible.
Acte II : une croissance à 1,6 %. C'est ce qu'on appelle, dans le jargon technique, une stagnation joyeusement molle. Le gouvernement visait 3,2 %. Il en atteint la moitié, ce qui est cohérent avec sa façon de gérer les choses : à mi-chemin entre l'optimisme aveugle et la panne d'idées.
Acte III : les crédits bancaires aux particuliers sont en chute libre. Oui, même l'endettement n'attire plus. Autrefois, le Tunisien rêvait d'un prêt conso ou d'un crédit immobilier. Aujourd'hui, il rêve juste d'éviter d'ouvrir son relevé de compte. Entre les taux d'intérêt usuraires, l'inflation et la TVA surprise, mieux vaut rester pauvre que tenté.
Et au milieu de tout ça, l'Etat s'étonne. Il accuse les banques, les commerçants, les chèques, les gens… tout sauf lui-même. Il légifère au marteau-piqueur, interdit ce qu'il ne comprend pas, réglemente ce qu'il ne maîtrise plus. Et chaque réforme devient un pare-feu… posé sur de la poudre.
En trois chiffres, tout est dit. Le cash explose, la croissance s'éteint, le crédit se replie.
Un pays entier fait marche arrière. Et ce n'est pas un problème de carburant, mais de pilote.

Episode 3 — Les douanes, c'est comme les feux rouges en Tunisie : ça dépend des jours
Trump a encore frappé. Et comme toujours, c'est l'économie mondiale qui se cogne la tête contre le mur. Mercredi 28 mai, un tribunal américain annule une large part des droits de douane imposés par Donald Trump. Motif : excès de pouvoir, usage anticonstitutionnel d'une loi d'urgence, et confiscation du rôle du Congrès. La Chine applaudit, le Canada jubile, l'Europe soupire de soulagement. On se dit que, pour une fois, la logique a triomphé. Erreur.
Le lendemain, jeudi 29 mai, un autre tribunal — plus rapide que son ombre — suspend en référé la suspension. Les droits de douane sont donc de retour, le temps d'une autre décision. En résumé : hier, c'était interdit ; aujourd'hui, c'est autorisé ; demain, on verra. Bienvenue dans l'Amérique de 2025, où la politique commerciale ressemble à une partie de ping-pong jouée avec une enclume.
Résultat : les entreprises n'y comprennent plus rien. On importe massivement avant l'orage, on stocke à tout va, et on espère que les douaniers auront le bon décret en main le jour de l'arrivée du conteneur. Même les douanes, d'ailleurs, semblent improviser : le taux affiché n'est jamais celui appliqué, et les taxes changent entre le départ de Shanghai et l'arrivée à Los Angeles.
Le plus drôle ? Trump justifie ces surtaxes par le trafic de fentanyl. Et personne ne sait exactement ce que le fentanyl a à voir avec les voitures coréennes ou l'acier mexicain. Mais il fallait un ennemi, et c'est tombé sur la balance commerciale. Quant à l'objectif affiché de réindustrialiser l'Amérique… il est enseveli sous les stocks invendus, l'attentisme des entreprises et l'indice de confiance des ménages en chute libre.
Conclusion : les droits de douane de Trump sont comme lui — bruyants, incohérents, et toujours là quand on croyait s'en être débarrassé.


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