Le chef de service à la police judiciaire relevant du ministère de l'Intérieur, Sahbi Amri, a affirmé, lundi 22 septembre 2025 sur la Radio nationale, que la cybercriminalité constitue aujourd'hui une menace directe pour la sécurité des citoyens, la stabilité de la société et la souveraineté de l'Etat. Selon lui, le numérique est désormais un prolongement de la vie quotidienne et ce qui se passe sur Internet n'est plus détaché du réel. Les crimes commis en ligne ont des conséquences tangibles, qu'il s'agisse de pertes financières, d'atteintes à la réputation ou même de risques pour la sécurité nationale. Il a précisé que la cybercriminalité recouvre des actes variés, allant du piratage de comptes sur les réseaux sociaux au vol de données bancaires et personnelles, en passant par le chantage électronique, les attaques visant les institutions et entreprises ou encore la propagation de fausses informations pour semer le trouble. Contrairement aux délits traditionnels, ces infractions se distinguent par leur caractère transfrontalier et invisible. L'auteur peut agir à distance, derrière un profil fictif, tout en provoquant des dommages bien réels.
Interrogé sur l'impact de l'intelligence artificielle, Sahbi Amri a estimé qu'il s'agit d'un outil à double tranchant. D'un côté, il est utilisé par les criminels pour perfectionner leurs méthodes, comme à travers les vidéos truquées impossibles à distinguer du réel ou des courriels frauduleux d'une grande sophistication. De l'autre, il offre aux services de sécurité des moyens plus puissants pour détecter les failles, anticiper les menaces et accélérer la réponse aux attaques.
Le ministère de l'Intérieur a mis en place une stratégie complète pour faire face à ces défis. Elle repose sur la sensibilisation des citoyens, considérés comme première ligne de défense, sur la formation et le renforcement des compétences des unités spécialisées, sur la coopération avec les acteurs nationaux publics et privés, et sur l'échange permanent d'informations et d'expertises avec les partenaires étrangers. Sahbi Amri a insisté sur l'importance pour chaque citoyen de protéger ses données personnelles, bancaires et visuelles, en rappelant plusieurs cas d'escroquerie ou d'extorsion en ligne qui commencent par un simple message ou un faux site avant de provoquer des pertes considérables.
Il a souligné que toute tentative de piratage ou de chantage doit être immédiatement signalée aux unités compétentes ou au parquet, car le cyberespace n'est pas une zone de non-droit. La Tunisie a d'ailleurs organisé le 17 septembre une première conférence nationale consacrée à la cybercriminalité à l'ère de l'intelligence artificielle, en partenariat avec les ministères de la Défense et des Technologies de la communication. D'autres rencontres et expositions technologiques sont prévues début octobre pour renforcer la prévention et promouvoir une véritable culture de cybersécurité.
En conclusion, Sahbi Amri a rappelé que la protection du pays dans l'espace numérique ne relève pas uniquement de l'Etat mais de la responsabilité de tous. Citoyens, institutions et partenaires doivent unir leurs efforts pour que la Tunisie demeure protégée, aussi bien dans la vie quotidienne réelle que dans le monde digital.