Le président de la Chambre syndicale des commerçants en bijouterie, Hatem Ben Youssef, a tiré la sonnette d'alarme, lundi 29 septembre 2025, sur les ondes de Mosaïque FM, face à une envolée sans précédent du prix de l'or qui met en péril l'ensemble du secteur. Selon lui, la marge bénéficiaire des bijoutiers ne dépasse pas 2,5 %, mais la hausse vertigineuse des cours mondiaux rend la situation intenable. L'once a franchi les 3.800 dollars, un niveau jugé « inimaginable ». En Tunisie, le gramme d'or pur 24 carats est affiché à 365 dinars et celui de 18 carats, fixé par la BCT, à 267 dinars, sans compter la main-d'œuvre, les taxes et la marge. Dans les faits, le gramme se vend déjà à plus de 400 dinars. « Le prix augmente d'un dinar par heure », s'inquiète Hatem Ben Youssef, évoquant un commerce « complètement perturbé », où les professionnels ne savent plus s'ils doivent vendre, acheter ou stocker.
La crise se fait aussi sentir sur une saison des mariages particulièrement morose, alors que cette période constitue habituellement un pic d'activité pour la bijouterie. Le commerce de l'or est désormais en berne, les consommateurs se tournant massivement vers les bijoux fantaisie. Pire encore, l'or sans poinçon se vend désormais au vu et au su de tous, transformant certaines régions en véritables « zones franches », où prospèrent la contrebande et les circuits parallèles. Face à cette dérive, le président de la Chambre plaide pour la réouverture du bureau de garantie. Cet organisme permettrait de contrôler le poinçonnage, de préserver les droits des acheteurs et de stabiliser le marché. « L'Etat y gagnerait, car l'argent resterait en Tunisie, l'or circulerait légalement et ne serait plus exporté clandestinement », a-t-il insisté.
Si la flambée du prix de l'or est un phénomène mondial, Hatem Ben Youssef estime que des solutions nationales existent. Il appelle notamment à renforcer le dinar face au dollar et à encadrer strictement le marché. Sans mesures urgentes, prévient-il, le gramme d'or atteindra très vite les 400 dinars, voire davantage, et le secteur risque de sombrer encore plus dans l'informel.