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Alain Juppé : rétablira-t-il la confiance avec les Tunisiens ?
Publié dans Business News le 20 - 04 - 2011

D'un « ordinaire » voyage diplomatique, la visite du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, est considérée par les médias de son pays comme « un déplacement à hauts risques qui focalise toutes les attentions et toutes les craintes », comme le souligne lepost.fr en date du 19 avril 2011 avant d'ajouter « C'est un lourd passif entre la France et la Tunisie qu'Alain Juppé devra solder lors de cette visite de deux jours en Tunisie ».
Pour rajouter une couche, le très sérieux Nouvel Observateur (nouvelobs.com - 18 avril 2011) précise que « pour Alain Juppé, qui avait fait une visite réussie place Tahrir, la Tunisie reste un terrain miné. Ses deux précédents voyages ont été repoussés. Celui qu'il effectuera mercredi 20 avril 2011 parviendra-t-il à rétablir la confiance perdue ? ».
« A la veille de cette visite, souligne Nouvelobs, aucun agenda, aucun programme n'était finalisé. Comme si l'appareil diplomatique français tâtonnait dans le noir et slalomait entre les résistances ».
Toutefois, le tableau n'est pas aussi sombre. En marge d'un colloque organisé par le Quai d'Orsay à l'institut du Monde arabe à Paris pour la célébration «du printemps arabe », M. Juppé a qualifié la Tunisie de « vrai ancrage de l'aspiration diplomatique dans le monde arabe ». Cet hommage, souligne lepost.fr, est « destiné à cautériser la blessure béante qui caractérise les relations entre Paris et Tunis ».
Car, depuis le début de la révolution tunisienne, les faux-pas de la France vis-à-vis de la Tunisie agacent, notamment du côté sud de la Méditerranée et comme souligne lepost.fr « le malentendu tunisien demeurait abrasif ».
L'épisode de l'ancienne ministre, Michèle Alliot-Marie et sa proposition de « coopération policière » pour mater les opposants au régime de Ben Ali reste, encore, au travers de la gorge.
Moins grave, mais toujours aussi provocant : l'incident avec la presse locale ayant marqué l'arrivé du nouvel ambassadeur à Tunis, Boris Boillon. Depuis, il a fait son mea culpa et travaillé durement sur le terrain.
Certains médias ont même annoncé son départ de Tunis. D'autres se sont hasardés à avancer le nom de son successeur qui ne serait être qu'un enfant du pays : Yves Marek, en l'occurrence.
Néanmoins, comme nous l'avons annoncé (depuis le 25 mars), M. Boillon a été confirmé à son poste. Alain Juppé a décidé en effet de lui renouveler sa confiance et maintenir Boris Boillon dans ses fonctions et cette histoire d'Yves Marek n'aurait été qu'une rumeur lancée par on ne sait qui.
Le dernier faux-pas est cependant plus lourd. L'affaire des « clandestins » tunisiens interdits d'accès en France et refoulés aux frontières. Cette affaire ne fait que remuer le couteau dans une plaie qui ne cicatrice pas, bien que les pratiques de ces clandestins, qui quittent le navire, sont totalement désavoués dans le pays en raison de la mauvaise image donnée au lendemain de la révolution.
Toutefois, force est de constater que la multiplication des voyages de représentants français en Tunisie va dans le sens de la « réconciliation ». Nicolas Sarkozy a en effet donné ses ordres, selon Le Canard Enchaîné, pour qu'il y ait un déplacement ministériel en Tunisie par semaine. Jusque là, l'ordre présidentiel est religieusement respecté.
Une manière d'atténuer les ardeurs des uns et les craintes des autres. Et ce, même si le Nouvel Observateur considère que « les ressentiments des Tunisiens à l'égard de la France ne cessent de se creuser. Car, paradoxalement, beaucoup d'entre eux sont agacés par ce défilé des ministres (Christine Lagarde, Laurent Wauquiez, Pierre Lellouche, Nathalie Kociusko-Morizet, Eric Besson, Frédéric Lefebvre, Frédéric Mitterrand, etc).
A défaut d'aides substantielles ou de soutien conséquent, « ces voyages-éclairs ne suffisent pas à cicatriser les plaies », puisqu'ils « ont pour but de faire croire que la France veut se racheter, mais sans tirer son carnet de chèques ! ».
Outre la « modique somme » de 350 000 euros - débloquée le 11 février sous formes « d'aide sociale d'urgence », le mirage du soutien français à la démocratie tunisienne persiste.
La France a-t-elle raté le coche ? Est-ce la « realpolitik » à la française et les ambitions électorales du président Sarkozy l'ayant amené à « intervenir » en Côte d'Ivoire ou à s'immiscer dans le bourbier libyen si cher aux Américains, qui ont relégué la Tunisie au second plan des préoccupations françaises ?
Certains éléments portent à le croire !
Cependant, si « realpolitik » désigne « la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national », l'espoir est toujours permis pour que la visite d'Alain Juppé apporte dans son sillage son lot de bonnes nouvelles.
Lepost.fr révèle, à cet égard, que deux grands sujets sont au menu de la visite d'Alain Juppé, « l'un qui plait et l'autre qui fâche ».
Le sujet qui fâche portera sur « la manière avec laquelle les autorités Française gèrent le dossier des immigrés tunisiens en provenance d'Italie et qui commencent à susciter de grandes polémiques sur les deux rives de la Méditerranée ».
Sur cette question, la Tunisie se doit de protéger ses ressortissants et de veiller sur leur dignité. Cependant, il s'agit des affaires internes de la France et de ses choix politiques en la matière.
Quant « au sujet qui plait », il concernera « les moyens que mettra la France à la disposition des Tunisiens pour les aider dans leur transition démocratique ».
Et c'est de bon augure, car au vu de l'entretien accordé, le 18 avril, par le Premier ministre Béji Caïd Essebsi à M. Boillon, la roue tournera, enfin.
A l'issue de cette rencontre, l'ambassadeur français a déclaré que « l'entretien a porté sur les questions d'intérêt commun tant au niveau des relations bilatérales que de la situation dans la région ».
Laconique certes, mais des sources bien informées affirment que la visite de M. Juppé à Tunis aura une forte connotation économique.
En marge du colloque pour la célébration «du printemps arabe », M. Juppé a souligné que la France est consciente de cette dualité et de son rôle à booster les économies des pays en pleine transition démocratique. Pour lui, la solution est toute simple : investir. En masse de préférence.
Toutefois, la « réconciliation » est un premier pas vers le développement des activités politiques. Tant pour le tourisme que pour l'investissement, ces deux secteurs permettraient de renflouer les caisses de l'Etat. Un matelas financier qui, combiné aux dons, aides ou prêts à taux réduits et prenant en compte la phase de transition par laquelle passe la Tunisie sont à saluer.
Un investissement massif des opérateurs économiques et industriels est à même de booster l'économie nationale. Il est, aussi et surtout, synonyme de création d'emplois et de résorption du chômage.
Idem pour le retour des touristes français qui ne peut qu'être bénéfique, car au-delà du nombre – en moyenne un million annuellement – c'est un retour à effet de boule-de-neige pour inciter d'autres touristes à venir en Tunisie. Adem Ben Ammar


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