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Comment faire de la pub politique sans enfreindre la loi
Publié dans Business News le 26 - 09 - 2011

La décision de l'Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE) fait donc couler de l'encre. Dans cette Tunisie nouvelle, il suffit d'un rien pour qu'on crie au scandale et qu'on sorte de ses gonds. Dernière « trouvaille », une grève de la faim pour obliger les réfractaires à se soumettre à la décision de l'ISIE. Le ridicule tuera-t-il quelqu'un cette fois ? On ne le souhaite pas, bien évidemment, mais il y a lieu de s'interroger sur la farce que nous vivons actuellement où tout le monde essaie de crier plus fort que l'autre, où tout le monde essaie d'imposer sa vision aux autres. Vous avez dit démocratie ? Le mot figure dans nos dictionnaires depuis le 14 janvier, mais sa définition tarde encore à venir.
Il y a ceux qui crient pour l'interdiction de la publicité et la diffusent dans leurs journaux. Il y a ceux qui, en manque de publicité, font une grève de la faim pour que les autres ne fassent plus de publicité. Il y a ceux qui ne veulent pas de pub politique parce qu'ils sont pauvres et estiment que les riches doivent descendre à leur niveau. Et puis il y a ceux qui sont riches et ne veulent pas de publicité politique pour les autres, tout en se permettant d'en faire pour eux via des moyens détournés, en éditant leurs propres journaux par exemple.
L'ISIE ne veut pas de pub ? C'est parfait, tout le monde profite pour en faire, chacun à sa manière.
Depuis le 14 janvier, on n'a jamais vu autant Moncef Marzouki sur les plateaux de télévision. Soudain, comme par enchantement, il répond à toutes les invitations. Et c'est gratuit en plus.
Ennahdha, qui édite chaque semaine le journal El Fejr pour des centaines de milliers de lecteurs, a publié son programme électoral. Un programme digne d'une présidentielle et de législatives, alors qu'on est à la veille d'une Constituante. Tout le monde en parle. En bien ou en mal, peu importe, l'essentiel est que tout le monde en a parlé.
Le MRT, dont le président est fondateur d'un quotidien fort apprécié, décide de porter plainte contre ceux qui diffusent de la publicité. Un communiqué et voilà que l'initiative « démocratique » est diffusée dans tous les médias. Le lendemain, coup de théâtre, le MRT se rétracte, décide de retirer sa plainte et provoque une démission au sein de son bureau politique. Et voilà que tout le monde en parle de nouveau. En attendant le prochain épisode.
Et bien sûr, tout ce beau monde est fort actif sur les réseaux sociaux et les « pages » aux centaines de milliers de fans. Et bien sûr, aussi, tout ce beau monde a un excellent réseau, dans les journaux, pour que le parti (qui s'oppose à la pub) fasse parler de lui, tous les jours, y compris le dimanche.
Et puis il y a ceux qui ont dénoncé clairement la décision de l'ISIE. Une décision ubuesque et, selon les normes internationales, parait-il, illégale. La justice, saisie, tranchera.
Le PDP et l'UPL ont été les seuls « courageux » à dire non à l'ISIE en présentant des arguments valables. Mais aussi valables soient-ils, ces arguments sont devenus inaudibles dans ce concert de dénonciation des « hors la loi ».
De quelle loi parle-t-on ? Par un coup de magie de communication, une simple décision de l'ISIE est devenue une loi !
La décision de l'ISIE a été prise en solo, sans consultation des parties prenantes, sans concertation avec l'ensemble des intervenants. C'est apparemment ça la démocratie nouvelle.
La décision de l'ISIE a été prise à la dernière minute, alors que les bons de commande des partis sont déjà partis et depuis des semaines. Quelle que soit la décision prise par un responsable, il est tout à fait normal qu'on mette un temps de latence pour la faire appliquer. Mais l'ISIE a émis sa décision tawa et veut qu'elle soit exécutée tawa ! Et peu importe le manque à gagner pour les médias (qui ne vivent que de cela) et du chamboulement total dans la stratégie de communication des partis.
Et l'ISIE a un gros avantage sur ses « adversaires » du jour : l'opinion publique. Celle-ci trouve normal le nivellement par le bas en faisant descendre les « riches » au même niveau des « pauvres », sous prétexte d'égalité. Et celle-ci trouve normal qu'on confonde le sens du mot décision avec le mot loi. Et celle-ci trouve grotesque qu'un parti comme le PDP (qui a toujours été dans l'opposition) s'oppose à la décision unilatérale de l'ISIE. Pire, elle le qualifie (ainsi que quelques journaux de caniveau) de hors-la-loi !
Il y a cependant un argument de taille brandi par le Pôle Démocratique Moderniste (PDM) qui regroupe un certain nombre de partis.
Il élève le débat et rappelle qu'il est dangereux de remettre en cause les décisions de l'ISIE. Quelle que soit cette décision, bonne ou mauvaise, il est impératif de la respecter pour pouvoir réussir la transition. Si, aujourd'hui, on remet en cause l'interdiction de la publicité, il y a risque qu'on remette en cause, demain, les résultats du vote. Et c'était là le consensus né lors de la création de cette instance supérieure.
Mais vu que l'ISIE n'est pas infaillible, il est impératif qu'elle clarifie le jeu et mette tout le monde à égalité. L'acceptation de ses décisions ne doit pas se faire sans critiques, car il y a ceux qui trichent au détriment de ceux qui jouent franc jeu et, ça aussi, c'est une inégalité de traitement.
Quid des autres qui réussissent leur pub déguisée en publiant des journaux, en faisant publier des journaux ou encore en se bousculant sur les plateaux ?
Quid de ces partis qui ont choisi ce timing précis pour multiplier les conférences de presse, parler de leurs finances et annoncer leur programme électoral qui n'a rien à voir avec la Constituante ? A priori, il ne s'agit que d'un cousin lointain de la pub.
Une chose est certaine, c'est qu'en cette période pré-électorale, on devrait débattre de la Constitution et de son contenu. Débattre des idées et des orientations de cette constitution.
Au lieu de quoi, on est en train de mesurer les cinq centimètres d'articles et trente secondes de pub parus dans les médias. Mais ça aussi, c'est de la démocratie puisque c'est le peuple qui le veut… paraît-il !


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