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Tunisie L'injustice était moins criarde sous Ben Ali
Publié dans Business News le 19 - 12 - 2012

La Tunisie a fait une révolution pour rétablir la justice. Deux ans après, la situation de celle-ci semble empirer. Deux salafistes sont morts en prison, suite à une grève de la faim, demandant l'accélération des procédures. D'anciens ministres de l'ancien régime ont dépassé largement les délais légaux de détention. Un producteur d'une chaîne de télévision qui dérange le nouveau pouvoir, demeure en détention abusive, malgré l'ordre de libération émis par un juge.
Sous la houlette de Noureddine Bhiri, la justice tunisienne va de plus en plus mal. Ses prédécesseurs, ministres de la Justice sous Ben Ali, savaient monter et maquiller des affaires pour maintenir en prison leurs adversaires politiques. Avec ce nouveau régime, on ne se donne même plus ce mal.
Rappelez-vous les anciens « militants » des droits de l'Homme qu'étaient les Moncef Marzouki, Imed Daïmi, Abderraouf Ayadi, Sihem Ben Sedrine, Mohamed Abbou, Tahar Ben Hassine, Ahmed Néjib Chebbi, Mokhtar Yahiaoui…
Pendant des années, ils ne cessaient de dénoncer la dictature et l'injustice de Ben Ali. Une fois Ben Ali parti, en toute logique, ils devraient continuer le travail et surveiller de près l'évolution du pays pour ne plus laisser place à la dictature et à l'injustice. Est- ce qu'ils le font ?
Moncef Marzouki occupe le très confortable poste de président de la République et a (concrètement) tourné le dos à ses propres principes de droits de l'Homme, en vertu desquels il aurait dénoncé les détentions abusives que l'on voit aujourd'hui.
Imed Daïmi, à la présidence est devenu muet comme une carpe.
Le juge Mokhtar Yahiaoui est aux abonnés absents.
Mohamed Abbou s'est de nouveau cousu la bouche et ne dénonce certains abus que du bout des lèvres.
Abderraouf Ayadi s'occupe désormais de sa carrière politique à la tête du parti Wafa. Pendant ses heures de repos, il s'adonne à son nouveau sport favori : la chasse aux espions du Mossad qui rôdent dans sa tête.
Sihem Ben Sedrine est, désormais, dans les affaires. Elle est à la tête de la radio Kalima avec, pour associé, un des proches de Moncef Marzouki et homme d'affaires qui a bien profité du système injuste de Ben Ali.
Tous les anciens défenseurs des droits de l'Homme et des libertés ne sont pas logés à la même enseigne.
Tahar Ben Hassine a beau avoir lancé une chaîne de télévision, il continue à défendre « la » cause. Pour Sami Fehri, il entend même observer une grève de la faim, en guise de soutien.
Ahmed Néjib Chebbi a beau être concentré sur sa carrière politique, il continue à rappeler les fondamentaux et à dénoncer les injustices.
Les cas d'injustice existent. Pourquoi donc ne dénonce-t-on plus ces cas, bien qu'ils soient criards ?
Une ONG internationale est en train d'élaborer un sérieux et long rapport sur la situation des prisons tunisiennes. Il devrait être publié en janvier et, selon nos indiscrétions, il devrait signaler des centaines de cas de personnes injustement emprisonnées.
Sous le prétexte de la révolution et du sempiternel « le peuple exige » et « les sbires de l'ancien régime doivent s'estimer heureux qu'ils n'aient pas été pendus sur la voie publique », la Tunisie nouvelle est en train de malmener l'image même de la justice. Les figures du nouveau régime sont en train de régler leurs comptes avec leurs anciens adversaires dans un esprit odieux de revanche.
Le cas de Sami Fehri est le plus célèbre, mais il n'est pas le seul. Plusieurs parmi les anciens proches de Ben Ali sont détenus depuis plus de 14 mois, délai légal de détention.
Ridha Grira, ancien ministre de la Défense sous Ben Ali, accusé pour des affaires portant sur la période où il a occupé les fonctions de ministre des Domaines de l'Etat et des Affaires foncières, est détenu depuis le 20 septembre 2011. Abdelwaheb Abdallah, ancien ministre conseiller auprès du président de la République, objet d'une instruction pour des charges liées à ses activités et ses responsabilités partisanes, est détenu depuis le 11 mars 2011. Mongi Safra, ancien conseiller du président de la République, chargé des affaires économiques, considéré comme l'architecte des montages économiques douteux au profit de la famille Ben Ali, est en détention depuis le 31 mai 2011. Mohamed Ghariani, ancien secrétaire général du RCD, accusé de détournement d'argent dans le cadre de ses responsabilités dans ce parti, est détenu depuis le 11 avril 2011.
Sachant qu'une détention provisoire ne peut, si on appliquait la loi, dépasser de tels délais, l'injustice semble aller bon train, dans le pays de la justice transitionnelle.
Le ministère de la Justice continue les pratiques de l'ancien régime, dans un déni total des lois ou alors en jonglant avec les délais et en lançant d'autres poursuites à l'encontre des détenus afin de prolonger leur détention provisoire.
Il faut dire que lesdites pratiques du département de la Justice ont été, quelque peu, facilitées par l'état de la magistrature en Tunisie de l'après élections du 23 octobre 2013. En effet, profitant du retard dans la mise sur pied de l'Instance supérieure provisoire de la magistrature, des divisions assez profondes entre les juges, eux-mêmes, et de certains dossiers présumés de corruption, laissés sciemment, « entrouverts », le ministre et son cabinet parviennent à imposer leurs lois.
D'ailleurs, les observateurs sont persuadés qu'un corps de magistrature, uni, solidaire et exerçant dans un climat sain et transparent, n'aurait jamais permis ni toléré ce genre de pratiques car c'est, justement, ce corps qui se trouve le plus touché par cette situation.
Notons que Sami Fehri, demeurant en prison malgré son ordre de libération, a entamé depuis hier, mardi 18 décembre, une grève sauvage de la faim pour dénoncer l'injustice dont il fait l'objet. Il a adressé une lettre au ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, pour le « féliciter » d'avoir brisé ses aspirations à un jugement équitable et de l'avoir, ainsi, anéanti.
Une commission spéciale composée du plus célèbre prisonnier politique, Ali Ben Salem, et plusieurs défenseurs de droits de l'Homme et hommes de médias a été créée pour défendre le cas de Sami Fehri. Ils prévoient des rassemblements devant le ministère de la Justice et devant la prison de la Mornaguia pour dénoncer ces abus que la planète entière croyait révolus en Tunisie.
Nombreux sont les cas d'injustice rattachés, paradoxalement, au ministère de la Justice. Nous ne pouvons les lister exhaustivement et le choix des dossiers évoqués n'est nullement subjectif.
Les injustices au temps de Ben Ali étaient elles aussi nombreuses, mais moins flagrantes et plus maquillées.
Aujourd'hui, et sous une Troïka menée par d'anciens militants, d'anciens persécutés et d'anciens défenseurs des droits de l'Homme, l'injustice continue à être pratiquée. Elle est criarde et flagrante et beaucoup moins dissimulée.
Dernier paradoxe, c'est un parti islamiste qui crie, sur tous les toits, défendre les nobles valeurs de l'islam qui est responsable de ces injustices !
Inès Oueslati – Raouf Ben Hédi


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