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Tunisie - Abdellatif Mekki, toutes griffes dehors…
Publié dans Business News le 20 - 08 - 2013

Dans les gouvernements de Jebali et celui de Laârayedh, il n'est, théoriquement, que ministre de la Santé, et au sein du parti Ennahdha, il n'est que simple membre, sans responsabilités particulières, et pourtant à l'entendre parler ces derniers jours, Abdellatif Mekki agit comme s'il était le porte-parole d'Ennahdha ou du moins un des politiciens dont la parole se fait bien entendre.
Abdellatif Mekki, à l'instar de l'ancien chef du gouvernement Hamadi Jebali, se fait bien remarquer ces derniers jours par d'innombrables sorties dans les médias. Non seulement, il parle au nom de son parti, mais aussi n'hésite pas à mettre en cause les déclarations de Hamadi Jebali, en prétendant que ce dernier s'exprimait à titre personnel.
Abdellatif Mekki, est un des faucons les plus redoutables parmi les membres d'Ennahdha. Militant politique depuis sa vie estudiantine, il était Secrétaire général de l'Union générale tunisienne des étudiants (UGTE), le syndicat estudiantin des islamistes. Il a dû endurer alors la répression du régime, a connu la prison et la torture. Ensuite, avec l'avènement de la révolution et l'organisation des élections d'octobre 2011, il a été élu à l'ANC avant de démissionner de son siège pour prendre les rênes du ministère de la Santé, dans le gouvernement Hamadi Jebali et d'être reconduit au gouvernement d'Ali Laârayedh.
M. Mekki, s'est distingué, lors de ses apparitions médiatiques déjà, dès son ascension au pouvoir, par sa rigidité politique, ce qui lui a valu un "classement" du côté des faucons les plus durs du mouvement Ennahdha. Ce titre lui sied à merveille, notamment compte tenu de ses récentes interventions et déclarations.
Il a particulièrement brillé lors de son interview à la radio Shems Fm au cours de cette semaine. Il avait alors commencé par nous sortir une "grosse info-intox" affirmant que son chef, le leader du parti, Rached Ghannouchi a dû reporter sa rencontre avec le leader de l'UGTT, Houcine Abassi, pour cause de voyage imprévu à l'étranger. Dans la même journée, le bureau de Rached Ghannouchi publie un communiqué qui dément ce prétendu voyage et qui par la même occasion, pointe du doigt les médias pour "diffamation et mensonges".
Y a t-il eu mauvaise coordination? Ou bien était-ce une tentative de sauver la face à Ennahdha à cause d'un rendez-vous raté? Les deux cas sont possibles, mais l'incident n'a certainement pas freiné l'élan de M. Mekki puisque le lendemain même il a donné une longue interview tout aussi virulente envers l'opposition, au journal El Fejr.
En tous les cas, la suite des événements a bien confirmé les dires de M. Mekki à propos de ce voyage puisqu'il s'est avéré que M. Ghannouchi se trouvait, effectivement, à Paris où il avait rencontré Béji Caïd Essebsi. Mais le hic est que le ministre de la Santé a vendu la « mèche », alors que ce voyage devait rester secret.
Quant à la portée des messages qu'il a tenté de faire passer dans ses passages médiatiques, M. Mekki a bel et bien parlé d'une "guerre médiatique et psychologique" menée par l'opposition, contre les politiciens et notamment ceux d'Ennahdha. C'est donc en bon soldat que M. Mekki répond à ses adversaires, ou à ses ennemis selon le registre guerrier. Il a précisé que cette affirmation obsessionnelle d'évoquer l'échec du gouvernement n'est qu'une étape d'un plan machiavélique préétabli qui vise à faire chuter le régime et la légitimité. Or, selon lui, "la situation n'est pas catastrophique et l'échec est relatif". Il a même ajouté : "on essaie de donner l'impression d'un état d'apocalypse, alors que c'est totalement faux!".
Evoquant les pourparlers entre Ennahdha et l'UGTT, M. Mekki a spontanément commis un nouveau lapsus significatif, puisqu'il avait dit "ça a duré trois années … euh trois heures", un lapsus qui pourrait signifier que ces négociations étaient trop longues et vaines. Cette impression est encore confirmée par le fait qu'il réitère : "Pas question de démissionner, et pourquoi le ferions-nous? Pourquoi ne pas garder Ali Laârayedh à la tête du gouvernement? Pourquoi ne pas exiger des lignes rouges?", avant d'ajouter: "Excusez la comparaison, mais cela me rappelle les pratiques sionistes qui réclament toujours des concessions aux Palestiniens, lors des négociations dans le cadre du processus de la paix, alors qu'eux, ils n'en admettent aucune !". Ainsi, M. Mekki, comparait bien les Nahdhaouis aux Palestiniens, et les opposants et le front de salut national aux autorités sionistes. Belle comparaison. Une comparaison qui colle parfaitement avec le discours qui considère que les bons musulmans sont ceux qui soutiennent Ennahdha et que les opposants, les gauchistes, l'UPT …, sont des mécréants.
Le ministre de la Santé, a également déclaré, en date du 14 août sur les ondes de Shems Fm, que les propos de M. Jebali n'engageaient que lui et qu'il ne s'exprimait pas au nom du parti!". Alors si le secrétaire général du parti ne le représente pas et n'exprime pas ses positions, quelle place occupe-t-il sur l'échiquier du parti? Et comment expliquer qu'Abdellatif Mekki s'exprime avec tant de mépris à propos du numéro Deux d'Ennahdha? M. Mekki a encore enfoncé le clou en donnant une leçon de "déontologie de l'activité politique" à M. Jebali. Il lui a rappelé que la déontologie devrait empêcher les responsables politiques de s'exprimer en leur nom personnel et de ne parler qu'au nom de leur parti!
Revenant sur la situation conflictuelle et la pression de la rue, M. Mekki, fermement convaincu, a déclaré que "ces sit-inneurs et le front de salut font partie intégrante du système de Ben Ali. Ils ont eu des postes, des ministères, des associations et avaient mainmise sur plusieurs organismes". Haussant le ton, il a ajouté: "Ce sont des faits historiques, je n'invente rien!". Il a également affirmé qu'Ennahdha se trouve maintenant "entre deux feux croisés, deux facteurs destructeurs, deux courants anarchiques, l'extrême droite (les terroristes) et l'extrême Gauche (les communistes)". "Ces gens-là ont pris la vie politique en otage et nous en demandent la rançon. Alors que va-t-on discuter et quel dialogue va-t-on avoir avec eux?", a-t-il soutenu.
Pour conclure, il sort l'artillerie lourde en déclarant : "A ces kidnappeurs, je dis, vous rêvez! Jamais on ne quittera le pouvoir de force. On ne partira qu'après le verdict des urnes et on n'acceptera jamais d'être les complices de ceux qui veulent détruire les institutions de l'Etat".
Ainsi, Abdellatif El Mekki, cette «étoile qui monte au sein d'Ennahdha, ce qui lui vaut des animosités et des critiques virulentes au sein de son parti islamiste, n'en continue pas moins de bénéficier de la bienveillance du guide Rached Ghannouchi qui fait de lui un de ses proches lieutenants. Pour preuve, sa présence, une nouvelle fois, lors de la rencontre avec Houcine Abassi, secrétaire général de l'UGTT.


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