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Tunisie Le jeu trouble de Hamadi jebali
Publié dans Business News le 15 - 08 - 2013

L'ancien chef du gouvernement, le premier à l'être dans le gouvernement "légitime" de la Troïka, et encore secrétaire général du parti d'Ennahdha, Hamadi Jebali, se fait remarquer ces derniers jours par des déclarations aux médias, par ci, des scoops par là. Un retour en force sous les projecteurs après un long mutisme, après une longue éclipse occasionnée par son départ du gouvernement et l'échec de son initiative, un certain 6 février 2013, jour de l'assassinat de Chokri Belaïd.
Avait-il reculé pour mieux sauter? Ou bien est-ce une nouvelle manœuvre politique qui tend à absorber la colère populaire et la crise accrue dans laquelle le pays est en train de sombrer ?
Hamadi Jebali, président du gouvernement démissionnaire, avait mis fin à son mandat à la suite de la crise qui s'est déclenchée après l'assassinat de l'opposant démocrate Chokri Belaïd. Rappelons que les Tunisiens avaient pris part à des funérailles par centaines de milliers et une grande majorité avait, déjà à l'époque, pointé du doigt l'inefficacité du gouvernement et son incompétence.
M. Jebali avait, rappelle t-on, lancé sa fameuse initiative, sous forme de décision, pour la formation d'un gouvernement de technocrates. Sauf que le Conseil de la Choura de son parti Ennahdha avait décliné sa proposition. Il a donc admis "l'échec de la gouvernance du pays, un échec partagé également par l'opposition" disait-il et a dû se retirer de son poste.
Les différentes péripéties des négociations entre le gouvernement, l'opposition, l'UGTT et autres composantes de la société civile avaient pris beaucoup de temps. Il y a eu beaucoup de suspense et plusieurs rebondissements. Entretemps, la colère populaire s'était progressivement estompée et les Tunisiens ont commencé à faire "le deuil" de Chokri Belaïd et à presque tourner la page.
M. Jebali s'est retiré de son poste de dirigeant dans le gouvernement, mais il est resté tout de même le numéro deux du mouvement, étant toujours le secrétaire général du parti islamiste. Mais M. Jebali s'est accordé un bon moment de répit, en évitant de paraître sur les écrans et de s'adresser à l'opinion publique. Il était probablement trop épuisé et avait besoin de recul. En tous les cas, il a tout fait pour quasiment se faire oublier. Il a même réussi à marquer des points en termes de popularité puisqu'une grande frange de la population a perçu en son initiative une expression de patriotisme, d'altruisme. D'une balle, deux coups, il a su calmer les esprits après la tempête de l'assassinat de Chokri Belaïd et en même temps, il en est sorti la tête haute, presque en héro.
Ensuite, est survenue la nouvelle crise en cet été 2013, avec le nouvel assassinat politique, celui du député Mohamed Brahmi. La colère populaire est donc à son apogée et des centaines de milliers de gens revendiquent alors la dissolution du gouvernement et de l'ANC. Une crise encore plus aigue que celle de février dernier, une crise qui a ébranlé sérieusement la position de la Troïka, plus particulièrement celle d'Ennahdha.
Et c'est précisément dans des circonstances pareilles que ce même Hamadi Jebali, au visage éternellement souriant, a choisi de ressurgir à la surface. Il a en effet tenté d'attirer vers lui l'attention des médias, des politiciens et de toute l'opinion publique. Il a commencé par accorder deux interviews, l'une à "Achourouk", l'autre à "Leaders" pour présenter sa vision et son analyse de la situation ainsi que sa conception de l'issue préconisée.
M. Jebali est ensuite passé à la vitesse supérieure, en présentant une proposition claire et concrète concernant le sort du gouvernement. Il a donc appelé à la formation d'un gouvernement de technocrates qui serait présidé par une personnalité indépendante, une proposition analogue ou presque à sa première initiative.
Alors, que cherche-t-il à obtenir par sa deuxième initiative? Cherche-t-il à se frayer de nouveau un chemin vers le pouvoir? Essaie-t-il de faire gagner du temps à son parti? Aspire-t-il à prendre sa relève d'un "échec" au goût amer, un échec double car il avait "raté" son leadership du gouvernement, et n'a pas non plus réussi à convaincre les autres membres de son parti de son initiative?
Serait-ce plutôt une nouvelle diversion qui tente de détourner l'attention des sit-in et manifestations, d'absorber les tensions populaires et atténuer la forte pression de la Rue?
Toutes les hypothèses sont plausibles et possibles, mais il ne s'agit, en aucun cas, d'une acte spontané motivé par "la volonté d'acheminer le pays vers le bout du tunnel". Il y a certainement toute une stratégie voire une manœuvre politique au profit d'Ennahdha en général et de sa personne en particulier.
Par ailleurs, cette réapparition de Hamadi Jebali sur la scène politique a suscité plus d'une réaction au sein même de son parti. En effet, le ministre de la Santé, un des faucons nahdhaouis, Abdellatif Mekki, a déclaré, en date du 14 août sur les ondes de Shems Fm, que les propos de M. Jebali n'engagent que lui et qu'il ne s'exprimait pas au nom du parti!". Alors si le secrétaire général du parti ne le représente pas et n'exprime pas ses positions, quelle place occupe-t-il sur l'échiquier du parti?
Si, par ailleurs, le numéro Un du parti Rached Ghannouchi fixe des lignes rouges à ne pas franchir dont le chef du gouvernement, Ali Laârayedh, contrairement aux recommandations de M. Jebali et si M. Mekki n'hésite pas à mettre en cause cette deuxième initiative, le parti serait vraisemblablement en train de vivre une vraie crise interne.
M. Jebali serait probablement en train de vivre une nouvelle discréditation, lui, qui déclare tenir toujours à servir son parti, qui a fait preuve d'entière loyauté et respect notamment envers "le père spirituel" du mouvement Rached Ghannouchi. On a tous remarqué, qu'en pleine crise, lorsque M. Jebali avait démissionné, lorsqu'il ne se battait plus pour son initiative, lorsqu'il a baissé les bras, il avait quand même fait preuve de respect voire de soumission envers le leader Rached Ghannouchi.
Après le mea culpa à ses concitoyens, le chef du gouvernement démissionnaire avait bien fait un mea culpa à son président Rached Ghannouchi en l'embrassant sur son front, signe de sa totale loyauté.
Simple hiérarchie partisane ou sérieux conflit d'intérêts, le sort de la 2ème initiative de Hamadi nous révèlera bien de secrets!


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