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Ennahdha-Nidaa Tounes : Je te haime !
Publié dans Business News le 09 - 05 - 2014

Il est un adage qui dit : « de l'Amour à la Haine, il n'y a qu'un seul pas». Et la politique n'en est pas exempte. Ennahdha et Nidaa Tounes, deux opposés qui ont fini par s'attirer. Ils se sont déchirés, tiraillés, rudoyés et stigmatisés des mois durant avant de finir par avoir le béguin : les deux grosses têtes de la scène politique locale se sont dit « je te haime » ! Chronique d'une idylle ineffable.
Les élections du 23 octobre 2011 ont eu l'effet d'une surprise, pas tout à fait agréable, aux yeux du peuple, mais encore de la caste politique de tous bords. Et pour cause ! Le mouvement islamiste, devenu véritable menace pour la démocratie, a arrosé les urnes de bonnes eaux. L'émergence d'une force politique, suffisamment pondéreuse, devenait une condition sine qua none en vu de contrecarrer celle d'Ennahdha et d'instaurer un équilibre salutaire. Voilà que le parti Nidaa Tounes est né ! Il a été appelé « l'alternative » pour ainsi signifier qu'il n'y a plus de place à de grands dangers guettant la démocratie en Tunisie.
L'histoire a commencé par une sorte d'ironie du sort : le gouvernement de Béji Caïd Essebsi a accordé le pouvoir au mouvement Ennahdha au moyen des élections du 23 octobre. Le gouvernement d'Ennahdha (théoriquement de la Troïka) a accordé le visa au parti de Nidaa Tounes. Le mouvement de Rached Ghannouchi s'est adonné, dans un premier temps, à un faux calcul : le parti de BCE ne pourra guère faire long feu, il est embryonnaire, il est taxé de « résidus du RCD », il ne compte pas un nombre substantiel d'adhérents, aucune structuration à tenir une certaine droiture, entre autres argumentaires. Un pas de clerc ! Le leader d'Ennahdha et ses troupes ont sous-estimé le génie de Béji Caïd Essebsi jusqu'à l'ouverture officielle et totalement transparente (ils ont eu marre de s'en cacher) des hostilités entre les deux camps.
Un sensible retour dans la machine à remonter le temps, permet un rappel d'une déclaration ayant été accordée par Lotfi Zitoun, membre dirigeant au sein d'Ennahdha et ancien ministre conseiller du gouvernement Jebali. En voici l'essence : « Nidaa Tounes, et tel que le considère Rached Ghannouchi, est un symbole de la contre-révolution, en dépit de cela, un rapprochement avec ce parti demeure possible.» Cette déclaration de presse a été donnée le 5 janvier 2013. A peine une semaine plus tard, le discours a emprunté un tout autre virage. Lotfi Zitoun déclare alors : « un rapprochement avec le parti Nidaa Tounes est à écarter en raison de l'opposition des instances dirigeantes d'Ennahdha.» Un peu plus d'un an après, dans une apparition médiatique, le membre dirigeant du mouvement islamiste, tout sourire, fait les yeux doux à Nidaa Tounes le qualifiant de « grand parti, capable d'assurer l'alternative démocratique et qui a fait beaucoup de bien à la Tunisie en crééant un contrepoids de taille dans la vie politique.»
Et il n'y a qu'à observer le grand guide du mouvement islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, pour dessiner les contours d'une stratégie politique à tendance équivoque à l'adresse du parti concurrent, Nidaa Tounes. Que de mieux comme preuve que la fameuse réplique du leader d'Ennahdha, nous citons : « Nidaa Tounes est pire que les salafistes ! ». En usant de qualificatifs, dans l'essence, afférents au passé RCDiste d'une frange des membres du mouvement de Caïd Essebsi, les Nahdhaoui se sont engagés dans une véritable guerre des clans. Une guerre qui était à même de conduire le président de Nidaa Tounes à clamer haut et fort qu'il regrette d'avoir propulsé Ennahdha au pouvoir lorsque son gouvernement a organisé les élections du 23 octobre.
Au fil des mois et des événements ayant fortement ébranlé le pays, à quelque endroit, Nidaa Tounes et Ennahdha ont compris que les règles du jeu doivent absolument être révisées, auquel cas, les deux partis pourraient aspirer à un dénouement plutôt seyant. C'est alors qu'une rencontre des plus improbables a été dévoilée à la surprise de tous, les membres dirigeants des deux mouvements en étaient les premiers. Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi se sont vus, en quasi-cachette, à Paris. Une rencontre qui n'a pas tardé à donner ses résultats : les deux parties se sont calmées et ont convenu à une trêve, mieux encore, à une forme d'alliance. C'est alors qu'on se jette des fleurs par ci, des fleurs par là et à Rached Ghannouchi de déclarer être prêt à collaborer avec le parti qui, autrefois, était son ennemi juré.
La donne a changé, cela est on ne peut plus clair. La donne politique, sécuritaire et sociale. Toutes les parties, les plus influentes, en l'occurrence, Ennahdha et Nidaa Tounes, ont compris que le gain est loin de crécher dans les contractions politiques et la guerre des clans. Ils ont compris que présentement la place doit être laissée à la maturité politique toujours sur fond de gain. Que serait sinon la politique si bénéfice n'y est pas ? Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi ont conçu et adhéré à une configuration qu'auparavant ils considéraient comme du domaine de l'impossible : se partager le pouvoir. Sous la chape du consensus, nouveau concept intégré dans la sphère politique, les deux partis adversaires ont, très clairement, choisi de faire chemin à deux pour l'intérêt général du pays mais, en simultané, l'intérêt particulier de chacun d'entre eux. Voyez le résultat du vote de l'article 167 portant sur l'exclusion des ex-RCDistes des prochaines élections, et le tableau devient bien plus clair !


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