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Reportage : Erbil, à l'aube de la guerre
Publié dans Business News le 13 - 06 - 2014

La visite de la ville d'Erbil, capitale de la zone autonome du Kurdistan, région fédérale autonome du nord de l'Irak, fût une découverte des plus inattendues. Une découverte rendue possible grâce au vol inaugural Tunis-Erbil lancé par la compagnie aérienne nationale, Tunisair. Une destination atypique, suspendue depuis 23 ans et dont la réouverture présente un intérêt pour beaucoup, de surcroît, en ces temps pénibles que connait le transporteur national. Minutes papillon ! Il fallait, à dire vrai, investir les lieux et s'imbiber de ses galbes à l'égard d'une appréciation sagace. Il aurait suffit d'un coup d'œil fugace pour très vite se dépiauter de série d'idées reçues à propos de la ville d'Erbil. Idées qui prennent racine dans l'emplacement géographique : l'Irak, terre de toutes les guerres ! Reportage dans la ville qu'on dit plus sûre qu'un chez soi à Tunis.
Arrivé sur le tarmac de l'aéroport international d'Erbil, notre avion a été accueilli par des jets d'eau, en signe de bienvenue sur les terres kurdes. Frappés par une chaleur non inhabituelle, nous avons rejoint l'enceinte de l'aéroport, doté d'un système de sécurité prééminent. Une cérémonie était organisée à l'honneur de la Tunisie et de Tunisiair en présence, notamment, de l'ambassadeur de Tunisie en Irak, du directeur de l'aéroport d'Erbil, du ministre des Affaires étrangères du Kurdistan irakien ainsi que du directeur de la compagnie kurde Fly Miran. On se complaisait, nous autres Tunisiens, à s'afficher comme « le peuple le plus chaleureux en matière d'accueil ». Nous sommes connus pour cette vertu, mais les Kurdes d'Irak nous ont dépassé. La délégation tunisienne, composée de personnel de Tunisair, de journalistes, et d'hommes d'affaires, a été agréablement surprise par la volonté des chefs des lieux de simplifier toute la procédure d'entrée. Et ce n'était pas tout. Nous avons eu cette impression, hélas rare, d'être l'objet de toutes les attentions et, de ce fait, de tout le respect et l'admiration de nos hôtes à Erbil.
La nuit n'a pas été facile, en dépit de tous les efforts déployés par les Erbiliens pour aplanir les démarches de notre installation dans la ville. Le directeur de l'hôtel, choisi par la délégation tunisienne, est Tunisien, il est connu sous le nom de « Am Mongi ». Il n'a pas lésiné sur les moyens pour nous souhaiter la bienvenue et nous fournir tout le confort nécessaire. Même la chicha tunisienne était au rendez-vous pour le plus grand bonheur de certains. A l'entrée de l'hôtel, un dispositif de sécurité bien ficelé était mis en place pour la fouille des bagages. Une fouille dont les femmes étaient exemptes par égard, selon une consigne donnée par Am Mongi. La première journée était consacrée à l'annonce officielle de l'inauguration du vol Tunis-Erbil par la PDG, fraîchement nommée à la tête de Tunisair, Salwa Seghaier. A l'occasion, une forte présence de la presse kurde et irakienne a été constatée, assortie d'un intérêt particulier à l'événement, mais encore aux répercussions qu'aura la nouvelle ligne sur les relations bilatérales entre les deux pays. La fin de la journée était marquée par un dîner festif en l'honneur de la Tunisie sur fond d'un mélange culturel tuniso-kurde qui a charmé toute l'assistance. En milieu de soirée, des feux d'artifice jaillissaient en plein ciel, dans l'émerveillement général.
La deuxième journée à Erbil, une des plus vieilles villes de l'Histoire, était une découverte. Nous avons arpenté les rues de la place publique en cheminant Al Kalâa, une forteresse érigée depuis plusieurs siècles et qui abritait les Kurdes avant qu'ils n'investissent la ville. Pas loin du siège du gouvernement kurde, des allées de souk s'étendent à perte de vue, où des commerces exposent des articles essentiellement importés de Turquie et d'Iran. Paysage insolite et paradoxal à la fois : les armes à feu sont vendues en toute légalité, il suffit de brandir une pièce d'identité et l'affaire est réglée. Certainement une raison de plus pour le gouvernement d'instaurer un système de sécurité quasiment infaillible à Erbil.
Un peu plus loin, en quittant l'ancienne place, se dresse le « nouvel Erbil », cette ville en pleine construction que certains qualifient même de « futur Dubaï ». De grands malls (centres commerciaux) sont éparpillés un peu partout avec de grandes boutiques et des hôtels de toutes catégories. A juste titre, Erbil n'étant pas une ville touristique, nous nous sommes interrogés sur cette quantité considérable d'établissements hôteliers, Saifaldin Hamawendy, directeur général d'une société d'aviation, nous a déclaré que la plus grande part de touristes parvient de Baghdad. Ils trouvent à Erbil, la sécurité qu'ils déplorent dans d'autres régions d'Irak.
Nous avons quitté Erbil dans la nuit. Un dernier regard depuis le bus qui nous transportait sur cette ville émergente aux allures paisibles, convaincus de tout le potentiel que celle-ci offre, en grandeur, aux hommes d'affaires tunisiens. Quelques jours plus tard, nous apprenons que près de 100.000 Irakiens ont fui Mossoul pour se réfugier à Erbil. Des milliers de familles ont du abandonner leur ville pour entrer au Kurdistan Irakien et échapper à la mort après que des djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) aient pris d'assaut Mossoul à 77 Km d'Erbil. Cette dernière dispose, en effet, de toute la sécurité dont ces milliers de familles ont besoin. Les autorités kurdes n'expriment, pour l'heure, aucune crainte quant à une éventuelle faille sécuritaire sur les terres d'Erbil.
De notre envoyée spéciale à Erbil en Irak, Nadya B'CHIR


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