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Qatar, fournisseur officiel des droits de l'Homme
Publié dans Business News le 25 - 06 - 2014

C'est demain, 26 juin 2014, que notre confrère Mahmoud Bouneb doit passer devant le juge au Qatar pour savoir si, enfin, son calvaire prendra fin. Il est vrai que c'est une histoire qui commence à s'essouffler car la mascarade dont est victime Mahmoud Bouneb dure depuis deux ans. Toutefois, certains récents développements peuvent inciter à se poser des questions sur les intentions des qataris.
L'affaire Mahmoud Bouneb est une histoire rocambolesque qui a pour conséquence le fait de retenir un citoyen tunisien au Qatar contre son gré (voir notre article à ce sujet). C'est ce que subissent nos deux compatriotes Mohamed Ben Cheikh et Laâroussi Gantassi kidnappés en Libye à la différence près que dans le cas de Mahmoud Bouneb, le kidnappeur est le Qatar.
En vue de sa comparution devant une cour de justice qatarie le 26 juin 2014, une délégation tunisienne s'est proposée d'aller porter assistance au journaliste tunisien. Cette délégation comprend l'avocate et militante, Saïda Garrach, le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, Abdessatar Ben Moussa, et le secrétaire général du Syndicat national des journalistes, Néji Bghouri. Ces derniers ont été empêchés de rejoindre le Qatar car les autorités de ce pays ont refusé de leur délivrer un visa d'entrée sur leur territoire. Une manœuvre qui dénote de la mauvaise volonté des autorités du Qatar et qui illustre la manière avec laquelle ce pays appréhende ce type d'initiative.
Il est vrai que le Qatar est loin d'être un exemple en matière de démocratie et de respect des Droits de l'Homme. Rappelons que c'est dans ce pays qu'un poète a été condamné à mort parce qu'il a écrit un poème sur la révolution tunisienne. C'est aussi un pays dans lequel on ne peut travailler sans avoir un "garant" qatari évidemment. Par ailleurs, le Qatar est loin d'être habitué à la pratique démocratique puisqu'il n'y a jamais eu d'élections. C'est une monarchie absolue où l'autorité est exercée exclusivement par l'émir.
Pourtant, plusieurs parties politiques ont tenté de "vendre" le Qatar en Tunisie en essayant de le présenter comme un ami de la Tunisie. Il a même été dit que la révolution tunisienne n'aurait pas réussi sans le Qatar. Rappelons également que le président de la République, Moncef Marzouki, s'est lui-même essayé à cet exercice. Il avait prévenu les Tunisiens que toute personne qui porterait atteinte au Qatar aurait à en répondre devant la justice. Le défenseur des droits de l'Homme a brusquement disparu de Moncef Marzouki, lorsqu'il a été question du Qatar. C'est d'ailleurs ce qu'a exprimé le nouveau secrétaire général du Massar, Samir Taïeb, au micro de Mosaïque FM le 24 juin 2014 : "Nous avons longtemps reproché à Moncef Marzouki d'agir en défenseur des droits de l'Homme au lieu d'agir en président de la République. Dans le dossier Mahmoud Bouneb, on aimerait que Moncef Marzouki retrouve sa fibre de défenseur des droits de l'Homme et n'agisse pas en président de la République". Effectivement, sur ce dossier précis, la présidence de la République n'a pas entrepris d'action majeure pour donner une impulsion à la libération de Mahmoud Bouneb. Pire encore, la demande d'obtention de visa de la délégation avait été appuyée par les autorités tunisiennes mais cela n'a pas suffit à leurs homologues du Qatar.
Depuis la révolution, la relation entre la Tunisie et le Qatar a été génératrice de polémiques. L'on se souvient de la venue de l'ex-Emir du Qatar en Tunisie où il apprenait à Moncef Marzouki comment se tenir. Les allers et venues de toutes les figures politiques tunisiennes, à l'exception de quelques uns, à Doha, ont entretenu ces polémiques. En effet, qu'est ce que nos politiciens vont faire dans un pays adepte du : "Faites ce que je dis ne faites pas ce je fais" ?
Prenons pour exemple l'organisation de la coupe du monde de football 2022 sur les terres qataries. Un scandale de corruption est en train de secouer les instances de la FIFA concernant l'attribution de cette coupe du monde. Le fait de donner l'organisation de la coupe du monde à un petit pays, non équipé et n'ayant pas de tradition footballistique particulière a éveillé les soupçons. Actuellement, des enquêtes sont menées sur la possibilité que le Qatar ait payé des pots de vin afin de se voir attribuer l'organisation de la coupe du monde. Par ailleurs, des stades sont en construction au Qatar en vue de cette coupe du monde. Toutefois, les conditions de construction de ces enceintes sont loin d'être "sportives" et même inhumaines. Des ouvriers pakistanais, indiens ou népalais qui travaillent pendant des heures avec un maigre salaire et logés dans des conditions insalubres. La gravité de ces conditions est telle que des centaines de morts sont à déplorer.

Si l'on cumule tous ces faits, il parait difficile de convaincre l'opinion tunisienne que le Qatar est l'ami des révolutions arabes et le protecteur des droits de l'Homme. Les réels intérêts du Qatar en Tunisie et ailleurs ont fait couler beaucoup d'encre et ont passionné les analystes et les commentateurs.
Le cas Mahmoud Bouneb illustre à lui seul l'asymétrie qui caractérise les relations entre le Qatar et la Tunisie. Des relations où la souveraineté de la Tunisie est souvent écornée pour ne pas dire atteinte. Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, lors d'un passage à la télévision nationale en avril dernier, avait assuré que le président de la République, Moncef Marzouki, avait évoqué le sujet de Mahmoud Bouneb avec l'émir du Qatar. Ce dernier lui aurait promis de faire quelque chose concernant ce dossier. Trois mois se sont écoulés depuis et rien ne s'est passé. Peut être que le "quelque chose" sera fait pour le jugement de Mahmoud Bouneb demain.


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