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Le Quai d'Orsay parle enfin de «terrorisme israélien»
Publié dans Leaders le 31 - 07 - 2025

Par Larbi Bouguerra - C'est une nouvelle bienvenue que le Ministère français des Affaires Etrangères qualifie enfin le mardi 29 juillet de «terrorisme israélien» les attaques féroces, sanglantes et incendiaires menées par des colons racistes contre des villages de Cisjordanie, des bergers, des cueilleurs d'olives et des bédouins habituellement sous la protection de l'armée d'occupation.
Ce terrorisme n'est pas nouveau et les drames qu'il cause abondent sans que « la justice » ou la police de l'occupation n'interviennent pour y mettre le holà… alors que souvent l'armée le protège.
Le 31 juillet 2015, un bébé brûlé vif !
Un rappel des plus poignants, entre mille, il y a dix ans: C'était le 31 juillet 2015, par une nuit noire, à 2h30, que le bébé Ali Saâd Dawabsha, âgé de 18 mois, a été brûlé vif dans sa maison incendiée par des colons, à Douma, près de Naplouse. Ces criminels, au nombre de quatre, n'ont pas hésité à jeter une bombe, en brisant une fenêtre, dans la maison familiale totalement incendiée ainsi que dans celle du voisin, Maamoun Rachèd Dawabsha. Ils venaient de la colonie voisine de Ma'ale Efrayim et, leur effroyable crime exécuté, se sont enfuis après avoir laissé des graffitis racistes haineux «Vengeance» et «Longue vie au Messie». (Haaretz, 31 juillet 2015).Saâd et Reham, les parents d'Ali, devaient mourir plus tard à l'hôpital dans d'atroces souffrances. Seul son frère Ahmed, 4 ans, a survécu après un long séjour de soins et a été recueilli par son oncle.
Le peuple palestinien, indigné par cet atroce crime a massivement manifesté sur l'Esplanade des Mosquées.
Ce crime est probablement inspiré par les thèses racistes de l'actuel ministre des finances de l'Etat d'occupation, chargé aussi de l'administration de la Cisjordanie, Bezalel Smotrich. A la même époque, sa femme ayant accouché, a refusé de partager sa chambre à la maternité avec une parturiente palestinienne… car le bébé de cette dernière est un futur terroriste qui égorgera son fils!
En Israël, ce crime a inspiré de misérables fêtards dans un mariage qui ont dansé en brandissant des photos du petit Ali en riant aux éclats!
Un communique du Quai d'Orsay
Le 28 juillet 2025, un colon sioniste a tué à bout portant le professeur et militant palestinien Awdah Mohamed Hathalin , 31 ans, de Massafer Yatta, au sud de Hébron. Il laisse trois enfants. Cet enseignant d'anglais est connu pour avoir participé au documentaire «No other land» oscarisé à Los Angeles en 2024 et honoré dans de nombreux festivals comme à Berlin.
«Mon cher ami Awdah a été massacré ce soir», a écrit Basel Adra, le coréalisateur palestinien de No Other Land, cité par The Guardian. «Il se tenait devant le centre communautaire de son village lorsqu'un colon a tiré une balle qui lui a transpercé la poitrine et lui a ôté la vie. C'est ainsi qu'Israël nous efface, une vie à la fois». Le drame a eu lieu dans la ville d'Umm al-Khair, dans le sud de la Cisjordanie.
Après ce meurtre délibéré, le ministère français des Affaires Etrangères a déclaré mardi 29 juillet: «Les violences des colons israéliens en Cisjordanie sont des actes de terrorisme.»
«La France condamne ce meurtre avec la plus grande fermeté ainsi que toutes les violences délibérées perpétrées par des colons extrémistes à l'encontre de la population palestinienne qui se multiplient à travers la Cisjordanie», a exprimé le porte-parole du ministère. «Ces violences sont des actes de terrorisme», a-t-il poursuivi. C'est la première fois que la diplomatie française qualifie ainsi les agissements de colons israéliens.
«Les colons ont fait plus de 30 morts depuis le début de l'année 2025. Les autorités israéliennes doivent prendre leurs responsabilités et sanctionner immédiatement les auteurs de ces violences, qui se poursuivent en toute impunité, et protéger les civils palestiniens», a-t-il ajouté. Depuis le 7 octobre, les attaques contre les Palestiniens en Cisjordanie se multiplient. Pour ne rein dire des attaques- parfois aériennes de l'armée sur les villes de Cisjordanie dévastées.
Un dirigeant des colons extrémistes
L'assassin d'Awdah est le chef des colons les plus enragés apprend Haaretz (29 juillet). Il s'agit de Yinon Levi. L'année dernière, un certain nombre de pays – y compris les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni– ont imposé des sanctions à Levi pour son rôle central dans une campagne de violence des colons et de déplacement forcé de Palestiniens.
«Levi dirige constamment un groupe de colons qui agressent les Palestiniens, mettent le feu à leurs champs, détruisent leurs biens et menacent de leur faire du mal à nouveau s'ils ne quittent pas leurs maisons », peut-on lire dans la déclaration du département d'Etat du président Biden. Mais l'arrivée de Donald Trump a complètement changé la donne et les sanctions contre Levi sont maintenant de l'histoire ancienne.
En juin, Awda Hathalin s'est rendu aux Etats-Unis à l'invitation de groupes juifs. Lui et un autre activiste d'Om al-Khair faisaient partie d'un programme interreligieux parrainé par la Kehilla Community Synagogue de la ville californienne de Piedmont.
Hathalin devait parler de l'expulsion que sa communauté subissait. Mais lorsque les deux sont arrivés à l'aéroport de San Francisco, ils ont été détenus pendant des heures et se sont vu refuser l'entrée sans explication – malgré leurs visas parrainés par la communauté juive.
Après ce nouveau crime Yinon Levi a été interrogé par la police de l'occupation puis soumis à une assignation à domicile. Son crime, comme tant d'autres, demeurera fort probablement impuni. Selon The New York Times (30 juillet) «Les groupes israéliens de défense des droits de l'homme notent que les Palestiniens attaqués par des colons ont souvent peu de recours juridiques. Yesh Din, un groupe israélien de défense des droits humains qui a examiné plus de 1 700 cas de violence extrémiste juive en Cisjordanie entre 2005 et 2024, a constaté que seulement 3% se sont terminés par une condamnation totale ou partielle.»
Conclusion
En Israël, les ministres messianiques extrémistes Bezalel Smotrich et Itamar ben Gvir sont au gouvernement et décident du sort du Premier Ministre. Ce sont les représentants attitrés des colons et d'ailleurs, ils vivent tous les deux dans des colonies. En somme, des ministres qui habitent à… l'étranger.
Tant qu'ils siégeront dans ce gouvernement raciste, les colons auront carte blanche.
Saluons cependant les gouvernements qui leur ont infligé des sanctions comme l'Espagne, l'Irlande, la Slovénie… et lundi, les Pays Bas.
Saluons aussi la mémoire d'Ali Dawabsha, de sa famille et de toutes les victimes de ces colons de Miami, de Brooklyn, de Russie et de Bessarabie que l'inique loi du retour, les avantages fiscaux et le fanatisme attirent en Palestine occupée.


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