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Ce que l'instruction a révélé sur les magouilles de Salim Ben Hamidène
Publié dans Business News le 30 - 04 - 2015

Verra-t-on un jour Salim Ben Hamidène revenir en Tunisie pour s'expliquer devant la justice ? Le doute est permis au vu de ce qu'on lui reproche dans l'affaire de racket et de corruption dans laquelle est détenu Samir El Wafi. Pour le moment, l'ancien ministre des Domaines de l'Etat est en France et il est assez probable qu'il fasse comme dans les années 1990 et échappe à tout procès pour laisser l'animateur TV payer seul la facture. La justice lui reproche, en effet, plusieurs faits et il lui sera difficile de donner des explications suffisantes pour qu'il en soit disculpé.

Du passage de Salim Ben Hamidène au ministère des Domaines de l'Etat, les observateurs ne gardent pas de bons souvenirs. Le ministre CPR s'est illustré par un esprit révolutionniste primaire et revanchard, à l'encontre notamment des figures de l'ancien régime et des hommes d'affaires ayant tourné dans l'orbite de la famille de l'ancien président ou encore des hauts commis de l'Etat et des dirigeants de la centrale syndicale. Les mêmes observateurs se rappellent encore de la proposition de Ben Hamidène soumise au chef du gouvernement de l'époque, Hamadi Jebali, consistant à confisquer l'ensemble des terrains et résidences de la cité huppée des « Jardins de Carthage ». Cette cité dont les propriétaires ont tous servi l'Etat (l'ancien régime dira Ben Hamidène) et ont été gratifiés par des terrains cédés à des prix préférentiels. Sachant pertinemment que ces hauts cadres ont servi plutôt le pays que l'ancien régime, Hamadi Jebali s'était alors opposé catégoriquement à la proposition de Ben Hamidène, estimant que force doit rester à la loi et à la justice pour ce type de décisions de confiscation.
Empli de considérations revanchardes primaires, Ben Hamidène ne l'entendait pas de cette oreille. Pour lui, les « anciennes figures » doivent payer, sous prétexte de « viva la revoluçion ».
L'intéressé nie en bloc ces accusations et déclare, à qui veut bien le croire, qu'il a toujours respecté la loi, qu'il a laissé les meilleures impressions dans son ministère et qu'il ne s'est mouillé dans aucune affaire douteuse. Pourtant, le jour où il quittait son ministère, Salim Ben Hamidène avait été chahuté par les fonctionnaires et empêché de prononcer son discours de départ (Voir notre article à ce sujet).

L'instruction ouverte dans le cadre de l'affaire de Moez Ben Gharbia laisse cependant entendre le contraire. L'animateur et directeur de la nouvelle chaîne « Attessia » a ouvert une enquête journalistique tentant de prouver l'implication de l'animateur Samir El Wafi dans le racket d'hommes d'affaires, notamment Hamadi Touil, pour le compte de Salim Ben Hamidène. Ben Gharbia a alors fait usage de procédés illégaux dans son enquête journalistique, d'où l'instruction. Pour se défendre, il a fait part de son objectif final. Une autre instruction a donc été immédiatement ouverte et dans laquelle ont été convoqués Ben Hamidène et El Wafi, mais aussi l'homme d'affaires Chafik Jarraya et des fonctionnaires du ministère des Domaines de l'Etat ayant collaboré directement avec l'ancien ministre. Et on en apprend des choses de ces instructions !

Samir El Wafi a rencontré, en 2012, Lobna Amous, épouse de Hamadi Touil après avoir rencontré, plus d'une fois, ce dernier à Paris. Pour le premier, il est seulement question d'une interview révélant des scoops. Pour l'épouse, dont les propos sont corroborés par un enregistrement sonore et par le témoignage de sa belle fille, l'animateur a demandé un montant de 500.000 dinars pour intervenir auprès d'un ministre et tirer son époux d'affaire. Il est même question de lui rendre 70% des propriétés confisquées. La dame refuse, le montant est rabaissé à 400.000 dinars, puis à 300.000 dinars. Dans l'enregistrement, on entend parler de « Salim », ce fonctionnaire qui interviendrait au profit de M. Touil.
Samir El Wafi botte en touche et indique qu'il a été question de ces montants, mais ceux-ci ont été proposés par l'homme d'affaires pour la réalisation de l'interview en question. Il a feint d'accepter pour atteindre son objectif d'obtenir le scoop, mais qu'à aucun moment il n'a touché un dinar et qu'à aucun moment il n'était question d'intervention auprès de Salim Ben Hamidène.

Les faits, découverts par les enquêteurs de la brigade criminelle, démontrent cependant que Salim Ben Hamidène et Samir El Wafi sont impliqués. Et ces faits tendent à confirmer les propos des témoins Lobna Ammous et sa belle fille Soukeïna Touil.
Il se trouve qu'après la rencontre des deux femmes avec l'animateur, ce dernier a publié sur sa page Facebook des propos incendiaires et salissants contre M. Touil. Melle Touil présente aux enquêteurs une bonne quinzaine de pages FB de ces propos et précise qu'il n'a jamais été question d'interview.
Quant aux interventions de Samir El Wafi auprès de Salim Ben Hamidène, dans les affaires regardant le ministère et les dossiers de confiscation, elles sont également démontrées.
L'animateur avoue, par exemple, son intervention au profit de l'homme d'affaires Chafik Jarraya pour rencontrer le ministre. Convoqué par la brigade criminelle, Chafik Jarraya confirme avoir rencontré Salim Ben Hamidène, mais qu'il n'a reçu aucune aide de sa part, contrairement à ce qu'a prétendu l'accusé.
Les enquêteurs poussent l'investigation et découvrent que Salim Ben Hamidène a rencontré également l'épouse de Slah Ben Ali, frère de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali. Cette rencontre n'était pas officielle, tout comme la rencontre avec Chafik Jarraya.
Comment sait-on cela ? Dans l'administration et les cabinets ministériels, toute rencontre avec le ministre est inscrite dans le registre des rendez-vous tenu par son secrétariat. Les deux secrétaires de Salim Ben Hamidène ont été convoquées par les enquêteurs et ont déclaré que ces rencontres ne sont pas inscrites. Elles appuient leurs dires, d'ailleurs, en présentant le registre en question à la brigade.
Pour les enquêteurs, l'absence d'inscription de ces rendez-vous est suspecte, puisqu'ils découvrent durant la même période que le ministre a fait déclencher une série de procédures visant à nuire à Hamadi Touil et Lobna Amous. On pourrait donc comprendre que le refus de se faire racketer serait derrière ces procédures.

Ainsi, en 2012 et dans la même période, Salim Ben Hamidène ordonne aux services de contrôle général de son ministère, un audit sur la société Alfa dans laquelle Hamadi Touil est administrateur et où exerce sa fille. Ce que les enquêteurs ont noté, c'est qu'Alfa était à l'époque sous administration judiciaire. Le ministère n'a donc pas à ordonner un audit, puisque ce n'était pas de son ressort. Ce qui explique que les résultats de cet audit n'aient jamais été publiés officiellement, mais ils ont toutefois été fuités, en 2012, sur les réseaux sociaux, via des pages connues pour être proches du CPR. Ce même audit a servi à salir Hamadi Touil, Soukeïna Touil et certains journalistes et médias de la place, dont Business News, avec des histoires montées de toutes pièces et jamais prouvées.
Il y a quelques semaines, au lendemain du déclenchement du scandale par Moez Ben Gharbia, Salim Ben Hamidène menace qu'il va étaler le linge sale (voir notre article à ce sujet). Il ne fera rien, mais comme par coïncidence, le même audit de 2012 fera de nouveau surface en 2015 par le biais du site islamiste extrémiste Assada qui le présente comme exclusif et inédit. Rached Khiari, fondateur de ce site, présente le contenu diffamatoire de l'audit sur le plateau télé de Labess de Naoufel Ouertani.
Ce n'est pas tout. En 2012 toujours, c'est-à-dire durant la même période de la rencontre El Wafi et les deux dames Touil, la société « Al Abrachia » est confisquée par les autorités. Cette société appartient à la famille Touil et est dirigée par Mme Amous. Et comme par coïncidence, c'est à la même période que Ben Hamidène a rencontré à son bureau Mme Amous, sans que cette rencontre ne soit inscrite dans le registre des rendez-vous, tenu par son secrétariat. On notera que les deux secrétaires sont loin d'être inexpérimentées et ont, à leur actif, plus de 22 ans d'ancienneté dans le service. Le tribunal considère cette absence d'inscription sur le registre comme suspecte.
Autre élément suspect, les contradictions entre les propos de Samir El Wafi et ceux de Salim Ben Hamidène. L'animateur avoue avoir intervenu auprès du ministre pour qu'il reçoive la famille Touil, alors que Ben Hamidène déclare ne pas avoir souvenir de cette intervention.

Les enquêteurs, tout comme le tribunal, sont bel et bien informés de toutes ces informations et considèrent comme suspects cet audit et cette confiscation intervenus à la même période de la rencontre El Wafi et les Touil durant laquelle il a été question de tentative de racket, selon les deux dames.
C'est à partir de tous ces éléments que le tribunal a estimé qu'il n'était pas spécialisé et a décidé de se dessaisir de cette affaire, puisqu'elle ressort du pénal et que les peines encourues pourraient aller jusqu'à 20 ans de prison.
Renvoyé devant le ministère public, le dossier devrait être transmis à un juge d'instruction, juste après le recours en appel entrepris par les avocats de Samir El Wafi. Ce recours a très peu de chances d'aboutir, selon plusieurs observateurs judiciaires, vu la gravité des faits reprochés.
Le tribunal a d'ailleurs mentionné plusieurs articles de loi pour étayer sa décision, à savoir les articles 47, 85, 122, 169, 170 et 171 du code des procédures pénales et des articles 32, 59, 83, 84 et 96 du code pénal. On notera que l'article 96 ne touche que les fonctionnaires publics et que le tribunal estime donc que l'implication de l'ancien ministre ne fait aucun doute, d'où la nécessité de saisir le tribunal adéquat.
En attendant la poursuite des procédures, le tribunal a décidé de maintenir Samir El Wafi en état de détention. Quant à Salim Ben Hamidène, et en dépit des faits avérés qu'on lui reproche et des suspicions qui courent sur lui, il continue à jouir de sa liberté et se trouve à l'étranger en pleine tempête juridico-médiatique. A priori, il ne veut rien assumer et entend laisser Samir El Wafi payer tout seul ses casseroles. Exactement, comme dans les années 1990.
Il est vrai aussi que Ben Hamidène risque de se voir rattrapé par d'autres scandales, puisque des enquêtes journalistiques sont en cours à propos de son éventuelle implication et l'implication de son épouse dans des hypothétiques affaires de pots de vin dans un compte bancaire situé au Moyen-Orient, au Bahreïn précisément.


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