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En Tunisie, un statut Facebook est plus dangereux qu'un terroriste !
Publié dans Business News le 11 - 01 - 2017

Pour avoir dénoncé des dysfonctionnements au niveau de l'appareil judiciaire tunisien, notamment en ce qui a trait aux affaires de terrorisme, Walid Zarrouk et Issam Dardouri, deux syndicalistes sécuritaires sont incarcérés et jugés selon les dispositions de la loi antiterroriste. Un emprisonnement qui a suscité le courroux de plusieurs composantes de la société civile.

En novembre 2016, l'avocat des familles des victimes françaises de l'attentat du Bardo a donné une déclaration exclusive à Business News annonçant qu'il a été mandaté pour être le porte-parole de Issam Dardouri et Walid Zarrouk et ce depuis la France. « En tant que défenseur des victimes, nous estimons que les condamnations des deux syndicalistes sont liées au scandale du Bardo ».
Condamnés respectivement à un an et à deux ans et deux mois de prison ferme, Dardouri et Zarrouk se sont retrouvés sous les verrous après avoir révélé au grand jour, via le réseau social le plus utilisé en Tunisie : Facebook, les défaillances et les zones d'ombre qui entourent le déroulement de l'enquête sur l'attentat du Bardo.
« Nous [les] soutenons dans leur lutte et dans leur quête de la vérité et nous les soutiendrons depuis la France », affirme Me De Veulle.

C'est la libération de 6 présumés terroristes en lien direct avec l'attaque contre le musée du Bardo qui est, entre autre, à l'origine de cette affaire. L'un des individus libérés était pourtant présenté comme étant le chef de la cellule responsable de l'attentat. Le ministère de l'Intérieur avait annoncé suite à l'attaque l'arrestation de plusieurs personnes et confirmé avoir démantelé la cellule impliquée.
Sauf que le juge d'instruction chargé du dossier, depuis nommé procureur de la République a jugé bon de libérer ces éléments. Motif de cette libération : les prévenus auraient été torturés lors des interrogatoires et leurs aveux auraient été recueillis sous la contrainte.

Des faits qui ont été contestés par les syndicalistes sécuritaires qui pointent du doigt une justice sous influence islamiste et une libération qui entre dans le cadre d'une stratégie de défense systématique des avocats de jihadistes. Haut et fort, Walid Zarrouk a vilipendé le fait que ces présumés terroristes aient été relâchés, affirmant qu'ils n'ont en aucun cas été torturés. D'ailleurs, Me De Veulle s'appuie sur l'absence des noms de ces personnes dans le rapport 2015/2016 de l'Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT), pour confirmer les propos des syndicalistes sécuritaires.

Pour Me De Veulle les deux syndicalistes sont des victimes politiques du système judiciaire tunisien puisqu'ils ont eu pour seul tort de de dénoncer de graves dysfonctionnements sur l'enquête judiciaire pénale du Bardo et où des complices terroristes ont été relâchés. « La dénonciation émanant de ces deux syndicalistes est essentielle pour établir la vérité sur le drame du Bardo. Je voudrais préciser que le porte-parole du pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, également adjoint du procureur de la République, Sofiène Selliti fait également l'objet d'une enquête du ministère de la Justice ». C'est au cours d'une conférence de presse, que l'avocat français avait également annoncé que François Hollande a saisi le Garde des sceaux dans l'affaire de Zarrouk.

Ainsi, opposer la loi antiterroriste aux syndicalistes sécuritaires qui ont tenté de dénoncer les défaillances est considéré par plusieurs observateurs comme étant une parodie de justice, d'autant plus qu'en même temps des présumés terroristes sont relâchés dans la nature et jouissent de leur pleine et entière liberté.

Zarrouk et Dardouri ont multiplié depuis leur incarcération les grèves de la faim. Le premier a même tenté de se suicider et s'est cousu la bouche pour contester l'injuste à laquelle il fait face. « « Je suis un citoyen tunisien qu'on veut faire taire par tous les moyens. Je suis un demi citoyen Tunisien qui est en prison pour un statut Facebook. Dans la Tunisie de 2016 un statut Facebook est plus dangereux qu'un terroriste. Dans la Tunisie des démocrates on emprisonne les patriotes et on libère ceux qui ont manigancé l'attentat du Bardo », s'était-il exclamé dans l'un de ces derniers statuts sur le réseau social.
L'épouse de Walid Zarrouk, Ines Ben Othman avait même indiqué que la vie de son mari était en danger, indiquant qu'il aurait été placé dans une cellule abritant 13 détenus terroristes et craint carrément pour sa vie.

Farouches opposants aux régimes de la Troika et aux islamistes, Issam Dardouri et Walid Zarrouk s'étaient donnés pour mission de dénoncer tous les travers du système. Ils ont évoqué les réseaux facilitant le voyage de jeunes tunisiens vers les zones de conflit, pointant notamment du doigt la compagnie aérienne Syphax (aujourd'hui au cœur de la polémique). Ils ont révélé l'existence d'un appareil sécuritaire parallèle et ce qui se passe dans les prisons tunisiennes, devenues des bases de recrutement des terroristes en herbe.

Cette semaine, Philippe de Veulle a adressé une demande officielle de grâce, concernant la condamnation des deux syndicalistes, au président de la République, Béji Caïd Essebsi. Une correspondance envoyée le 4 janvier 2017 via l'ambassadeur de Tunisie en France.

Dénoncer des défauts au niveau d'une enquête aussi importante que celle de l'attentat du Bardo, est-il devenu un crime ! Il semblerait que les révélations de Dardouri et Zarrouk aient dérangé certains au point de tenter de les faire taire.


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