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Ce terroriste en chacun de nous
Publié dans Business News le 10 - 07 - 2018

Il est encore trop tôt pour délimiter les responsabilités dans l'attentat terroriste de Ghardimaou de dimanche. 6 membres de la Garde nationale ont été tués par des tirs terroristes. Une zone placée sous haute protection depuis des mois, deux patrouilles sécuritaires transportant des armes, et plus précieux encore, des agents de la Garde nationale, ont été pris pour cible. Ceci ne peut être le fruit du hasard. Il y a forcément manquement quelque part. Manquement ou traitrise. Ceci est un fait. Il faut vraiment être naïf pour penser que les terroristes étaient là par hasard et qu'aucune information précise ne leur ait été parvenue sur le lieu où se trouveront les patrouilles à cette heure précise.

S'il est aisé de critiquer sans recul, assis confortablement derrière un ordinateur, il l'est tout autant de profiter de ce drame pour taper de toutes ses forces sur ses adversaires politiques. Les charognards, amateurs de récupération politique en tout genre, n'ont pas attendu que les corps de Achraf Cherni, Hamza Dalleli, Hatem Mlat, Anis Ouerghmi, Houssem Khalifa, et El Arbi Guizani, soient enterrés pour se déchaîner sur la toile et dans certains médias à l'agenda plus que douteux.
Que le récent limogeage de Lotfi Brahem soit la raison de la résurrection du terrorisme, que « l'incompétence » du gouvernement Chahed soit la cause de tous les maux et que les adversaires politiques soient responsables de toutes ces morts est très facile à dire. L'indécence politique, poussée à l'extrême, n'a laissé aucun temps au recueillement, au deuil et au questionnement, et a profité de l'émotion encore vive pour servir sa cause. Idem de certains médias à l'agenda plus que douteux.
Mais on ne peut blâmer le déchaînement politique suite à l'attentat puisque le gouvernement lui-même laisse la porte ouverte aux interprétations les plus sordides. Si le ministre de l'Intérieur par intérim se contente de louer les efforts des sécuritaires qui ont donné leurs vies pour la sécurité de la patrie, s'il assure que le terrorisme sera éradiqué, il ne donne pourtant aucune donnée fiable sur l'état d'avancement des opérations. Sans risquer de compromettre l'opération en cours, ni divulguer des informations délicates, n'aurait-il pas mieux fallu mieux s'exprimer sur les circonstances, le bilan et les avancées de l'opération, histoire de couper court aux rumeurs ? Rien de cela n'a été fait, pas même avec le discours du chef du gouvernement. Youssef Chahed attend le lendemain pour se prononcer mais se contente pourtant de généralités, qui auraient sans doute mieux passé si elles étaient prononcées le jour-même. Dans un excès de prudence, afin d'éviter de commettre un impair, le gouvernement Chahed ne communique pas, ou alors communique très mal.

Pire encore, aussi bien le chef du gouvernement que le ministre de l'Intérieur reprennent le même discours. Au lieu d'apaiser, ils parlent de vengeance. Sommes-nous sérieux ? Alors que le pays est endeuillé par la mort de 6 de ses enfants, que la colère est vive et que les tensions sont palpables, au lieu de rassurer, de dire que la situation sera de nouveau sous contrôle et d'employer un vocabulaire unificateur, on tombe dans le piège de l'émotif. Le gouvernement a pourtant bien pris son temps avant de réagir. Ce n'était visiblement pas suffisant pour faire les choses comme il faut.

Un vocabulaire revanchard de la part du gouvernement, une attitude de charognards de la part de la classe politique et une opinion publique endeuillée et en colère n'honorent en rien la mort des 6 braves jeunes de la Garde nationale qui sont morts pour la sécurité de leurs pays. Si Achraf, Hamza , Hatem, Anis, Houssem et El Arbi, ont été tués ce n'est pas pour que la colère laisse place à la haine ni pour que la classe politique se perde dans les accusations. S'ils sont morts aujourd'hui, ce n'est pas seulement car l'institution sécuritaire est infiltrée et que l'instabilité politique et sociale règne. C'est aussi car les « terroristes ordinaires » sont parmi nous tous les jours. Ceux qui propagent des discours haineux, violents et revanchards sans en mesurer l'impact, ceux qui banalisent l'impunité et la corruption et ceux qui fournissent, aux terroristes, nourriture, logistique et informations leur permettant une aussi grande liberté de mouvement. Ce terrorisme est en chacun d'entre eux, l'instabilité et l'impunité ne font que l'alimenter et lui permettre d'agir.
Ce n'est pas pour ça que ces 6 vaillants jeunes gens sont morts. Ils sont morts pour que leur pays devienne un lieu où il fait bon vivre. Ils sont morts pour la patrie, parce que c'est la seule chose qui compte au fond… Paix à leurs âmes.


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