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Entre démagogie, nihilisme et politique de la terre brûlée
Publié dans Business News le 03 - 10 - 2019

Que n'a-t-on pas entendu ces derniers jours comme discours de campagne électorale ou analyses d'experts sur la situation économique et les voies proposées pour sortir le pays du marasme dans lequel il se morfond depuis 2011? Il serait fastidieux et inutile de les énumérer tous. Tout un chacun y est allé de sa grille de lecteur et de ses propositions. Les responsables politiques forcément en campagne électorale tout comme les exégètes en matière socioéconomique en mal de reconnaissance étaient légion pour prêcher la bonne parole. En voici quelques unes qui, si elles ne sont pas de mauvaise foi, sont totalement démagogiques, parfois complètement à rebours de ce que ces personnes défendaient il n'y a pas si longtemps.

Entendre Rached Ghannouchi affirmer que c'est seulement sous la période de la Troïka que le pays a enregistré une baisse du taux de pauvreté est proprement renversant. Car, les données sur lesquelles s'est appuyé le président d'Ennahdha, à savoir, les résultats de l'enquête sur le budget, la consommation et le revenu de ménages de 2015 de l'INS, ont fait l'objet d'une grande polémique lors de leur publication, à la veille des élections municipales. On avait reproché à l'époque l'approche adoptée par l'Institut pour le calcul du taux de pauvreté. Une grossière manipulation visant à montrer que le taux de pauvreté avait relativement reculé entre 2011 et 2013. Et quand bien même on aurait pu constater une baisse de la pauvreté, très minime d'ailleurs, Ghannouchi ne semble pas savoir qu'elle fut le fait de cette politique insensée de distribution de revenus à travers les dizaines de milliers de recrutements opérés à l'époque et rémunérés en piochant dans les réserves du pays, l'enveloppe de la privatisation de Tunisie Télécom, notamment. Et lorsque ces réserves se sont taries, il a fallu s'endetter pour rétribuer ces emplois dont des milliers peuvent être aisément qualifiés de fictifs tels les emplois dans les sociétés de jardinage et d'environnement ou les recrutements massifs dans les entreprises nationales et l'administration imposés par le gouvernement de la Troïka. Rached Ghannouchi ne se départira pas de sa démagogie. On se rappelle de sa fameuse promesse de Wifi gratuit dans les espaces publics, lors de la campagne des municipales de 2018.

Autre démagogue, ou plutôt caméléon, dans l'analyse économique dont je ne citerai pas le nom qui cherche par tous les moyens à faire entendre sa voix et à marquer sa présence sur le champ politico-médiatique, écumant les studios des radios et les plateaux des télévisions. Depuis 2011, il a tapé sur tous les gouvernements qui se sont succédé, critiquant toutes les mesures mises en œuvre. Bref, il est à l'économie ce que Hamma Hammami est à la politique : rien n'est acceptable à ses yeux. Cet ancien banquier aujourd'hui rentier n'a cessé de stigmatiser l'attitude de la Banque centrale de laisser se déprécier le taux de change du dinar. Une politique insensée qui mènera le pays à la faillite. Ne voilà-t-il pas qu'il s'inquiète aujourd'hui de l'appréciation du dinar par rapport à l'euro et au dollar? Peu importe, pourvu qu'on l'ait vu et entendu et alimenté son espoir d'obtenir un jour un maroquin ministériel.

Enfin, cerise sur le gâteau, si l'on puisse dire, les déclarations de certains membres du gouvernement sur le projet de budget de l'Etat et les perspectives de croissance économique 2020. A deux jours du scrutin des législatives, Tahya Tounes, le parti de Youssef Chahed, espère-il gagner les élections avec pareil projet de budget ? Ce qui est sûr, c'est qu'avec un projet de budget pareil, le gouvernement va démolir le peu qu'il a tenté de construire durant son mandat. Un budget en hausse de plus de 15% qui pour l'essentiel serait affecté aux dépenses de gestion, de subvention et de remboursement du service de la dette et pas un dinar de plus au budget d'investissement ne peut refléter qu'une politique de la terre brûlée et non une volonté de redressement. Le projet de budget traduit un véritable retour en arrière, la fameuse politique de distribution de revenu pratiqué par la Troïka, d'une relance économique par la consommation qui a fait et fait encore tant de mal aux finances publiques. Ce qu'il faut craindre le plus, c'est que le pays entre dans une spirale d'endettement qui mettra sérieusement en péril l'économie du pays. Car, il ne faudrait pas trop compter sur la croissance économique pour conforter les ressources propres du budget. Pour 2019, la croissance ne dépassera pas, au mieux, 1,5%. Autant dire qu'on est revenu à la moyenne de croissance enregistrée entre 2011 et 2016. L'année prochaine, les prévisions les plus optimistes, celle du gouvernement bien sûr, tablent sur un taux de croissance de 2,6%.

Récemment, une délégation de gestionnaire de fonds de la Bank of America et Merrill Lynch, la seconde banque américaine en termes de dépôt et de gestion d'actifs, était en mission de prospection en Tunisie. Elle voulait savoir si le prochain gouvernement issu des élections allait coopérer avec le FMI. A la lecture du projet de budget 2020, c'est le FMI qui risque de ne pas vouloir coopérer avec la Tunisie.


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