Abir Moussi [EN DIRECT]: "Je dénonce l'acharnement judiciaire orchestré par Ennahdha à mon encontre"    Tunisie: Accident mortel à Bouhajla    Affaire de Rached Khiari -Seifeddine Makhlouf: "Celui qui t'a accusé de financements suspect est un civil, pourquoi donc mêler la justice militaire?"    L'Agence européenne des médicaments maintient sa confiance dans le vaccin Janssen-Cilag    Tunisie: Machrouu Tounes dénonce le matraquage du président Kais Saied    Un citoyen perd une jambe dans l'explosion d'une mine au Mont Chaâmbi    Un blessé dans l'explosion d'une mine à Châambi    Port de La Goulette : 5647 comprimés de stupéfiants "Subitex" cachés dans une valise    Dernière minute- Kasserine : Etat de santé du citoyen blessé dans l'explosion d'une mine    Israël : 73 ans d'existence mais que de nuages sur la fête !    De quelle guerre civile parle-t-on ?    Tunisair programme un second vol de rapatriement des Tunisiens bloqués au Maroc le 25 avril 2021    Les médecins, pharmaciens et dentistes de la santé publique annoncent une grève de trois jours    L'investissement industriel et des services connexes, désorienté    Tunisie-Médenine: Baisse des prix de certains produits alimentaires [Audio]    Décès du président du Tchad Idriss Déby    Contrôle économique : 3779 infractions économiques relevées durant les sept premiers jours de ramadan    Ennahdha fustige « l'autoproclamation de Saïed comme commandant suprême des forces porteuses d'armes »    La Tunisie perd une place dans le classement mondial de la liberté de la presse    Les prix des 3 boissons chaudes (café crème, filtre et thé) sont désormais libéralisés    Covid-19 | Le Kef : 3 décès et 178 nouveaux cas de contamination    Versez la Zakat de l'Aïd Al-Fitr 2021 et vos dons aux villages d'enfants SOS Tunisie    DECES : Fathi KRAIEM    Ligue 2 : Les arbitres de la 2ème journée de play-off    Tunisie: Le point sur l'état d'avancement de la campagne nationale de vaccination    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour Du 20 Avril 2021 à 11H00    Super Ligue : Ligue et Fédération allemandes soutiendront "toute mesure de l'UEFA"    Près de 69% de progression des investissements déclarés dans les industries exportatrices    Jalila Ben Khelil : Si on veut éviter un confinement, il faut respecter les protocoles sanitaires    Tunisie – Médias : La grève des journalistes de la TAP et de Shems FM a fait plier Mechichi    Hausse du PNB d'Attijari Bank de 3,31% au premier trimestre 2021    Ligue 1 : on connait la date du derby de la capitale    Ooredoo lance une édition limitée de 4G Boxes aux couleurs de PSG    Commentaire | N'aggravez pas encore la crise    Premier League : Mourinho limogé par Tottenham    ARP : refus de toute proposition de cession de la BFT    Exposition collective «L'espace du dedans, livres d'artistes» à la galerie A. Gorgi : Un médium d'art total    Espace | Vol d'un hélicoptère sur Mars    Mood Talent organise sa 36e édition à Dar El Marsa du 23 au 25 avril    Ons Jabeur 25e au classement WTA après sa qualification en finale du tournoi Charleston    Tunisie: kais Saied présente ses condoléances à son homologue égyptien    "Covid'Art Espoir" s'engage pour CoviDar    Dans sa lettre de l'autre rive à Hannah Arendt : Le J'accuse de Sophie Bessis    Tunisie : Le mois du patrimoine en ligne du 18 avril au 18 mai    Les indiscrétions d'Elyssa    «Le Cadeau» de Farah Nabulsi: Court simple et très émouvant    Par Henda Haouala – La série TV « Ken ya Makenech » : délicieuse, grave et soignée    Tunisie: Vers l'inscription de deux sites Tunisiens dans le patrimoine mondial de l'Unesco    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Journalistes : achevez-les tous !
Publié dans Business News le 27 - 12 - 2019

Présentée comme l'unique acquis évident depuis la révolution de 2011, la liberté d'expression et de presse fait face aujourd'hui à des obstacles de plus en plus ardus. Agresser les journalistes, les insulter et douter de la véracité de leurs informations sont devenues un sport national. Au-delà de ces pratiques, toute une diabolisation se met en place afin de faire croire que les journalistes obéissent à des desseins obscurs et qu'ils « roulent tous pour quelqu'un ».

La présidence de la République s'y met elle aussi. Et lorsque c'est une institution de l'Etat qui rejoint la campagne de diabolisation, cela lui donne une nouvelle légitimité.
Dans une vidéo partagée sur la page officielle de Carthage, c'est un Kaïs Saïed très remonté qui met en garde « les habitués de la diffamation et des calomnies », suite à ce qu'il qualifie de « propagation de rumeurs infondées » après la visite très controversée du président turc Recep Tayyip Erdogan.
Une déclaration qui a très rapidement été raillée sur la toile. Les internautes ont déploré des propos « amateurs » qui « ressemblent plus à ceux d'un modérateur de page Facebook » ou « d'un militant déchaîné » à ceux émanant d'un président de la République.

Dans les faits, plusieurs journalistes avaient été empêchés d'assister à la conférence de presse donnée lors de la visite. Sept médias étrangers ont été interdits d'accès au palais présidentiel : les chaînes Al-Jazeera, Al-Hurra, Al-Arabiya, l'agence de presse allemande Deutsche Presse-Agentur, Al-Mayadeen, l'agence de presse Reuters et l'agence américaine Sipausa. La garde présidentielle a même fait pire en confisquant les cartes professionnelles de l'équipe de la télévision Al-Arabi.
D'autant plus que la visite n'a même pas été annoncée par les organes de communication de Carthage et les journalistes ont dû aller chercher l'information auprès de sources étrangères. Aussi, aucune déclaration officielle n'a été donnée par la présidence tunisienne suite à cette visite. Le président turc, quant à lui, s'est exprimé dans les médias étrangers leur expliquant que « la Turquie et la Tunisie se sont accordées à soutenir le gouvernement Sarraj en Libye ». Une position qui tranche totalement avec ce qu'essaye de faire croire Kaïs Saïed.

D'ailleurs, le réseau RSF (Reporters sans frontières) a émis un communiqué aujourd'hui, vendredi 27 décembre, « rappelant à la présidence ses responsabilités envers les journalistes » et l'appelant à « respecter ses engagements en faveur de la liberté de la presse».
Mais Carthage n'est pas la seule institution qui a été derrière un blackout médiatique depuis les dernières élections. Le Bardo y a aussi contribué.

Depuis que Rached Ghannouchi a été élu président de l'Assemblée des représentants du peuple, des tensions avaient aussi éclaté avec les journalistes, empêchés d'assister au Parlement.
Le 7 décembre courant, plusieurs journalistes ont dénoncé leur interdiction d'accéder à l'ARP pour assurer la couverture médiatique des derniers développements du sit-in du bloc parti destourien libre (PDL) de Abir Moussi. Les dizaines de journalistes qui se sont rendus au Bardo pour accomplir leur devoir et assurer leur travail d'information, affirment qu'ils ont été empêchés même d'y entrer sur ordre de la présidence du Parlement. Ils dénoncent ainsi « un retour vers les anciennes pratiques de la dictature ». Face aux protestations des journalistes, la présidence du Parlement a fini par présenter des excuses.

Depuis les élections de septembre et octobre 2019 et le début de la campagne électorale, les pressions contre les journalistes se sont fait de plus en plus ressentir. Les chroniqueurs de la chaîne El Hiwar Ettounsi avaient subi un véritable lynchage sur la toile et de la part de nombreuses personnalités politiques.
Soumaya Ghannouchi, fille du leader d'Ennahdha Rached Ghannouchi, avait utilisé son magazine Meem pour mettre son grain de sel et envenimer la situation. Meem Magazine est en effet allé jusqu'à faire un parallèle entre le massacre rwandais et les opinions des journalistes et chroniqueurs de la chaîne El Hiwar. Tout en diffusant à la fois des images des journalistes d'El Hiwar et du massacre rwandais, Meem affirme que « la raison principale de ce massacre est la propagande faite par des médias locaux pendant des années, et qui a causé un million de morts en seulement 100 jours ». Le magazine met aussi en garde les citoyens contre « les messages de haine propagés par des médias locaux et qui sont plus graves que ce qu'on pourrait imaginer ».
Des dirigeants politiques avaient tenu les mêmes propos, dont le député Al Karama Abdellatif Aloui qui a évoqué « un terrorisme médiatique » et affirmé que certains médias constituent « un foyer de haine et de violence menaçant la paix sociale dans le pays ».

Par ailleurs, des journalistes d'El Hiwar avaient été agressés le 13 octobre lors de l'annonce des festivités pour la victoire de Kaïs Saïed au second tour de la présidentielle. Des sympathisants de Kaïs Saïed, ont agressé physiquement et verbalement trois journalistes de la chaîne El Hiwar Ettounsi, Saida Trabelsi, Assila Belgith et Amir Maâmouri. Plusieurs slogans avaient d'ailleurs été scandés à l'encontre des journalistes et du caméraman qui ont été empêchés de couvrir l'événement.
Plusieurs autres journalistes et chroniqueurs ont eux-aussi payé les frais de l'emballement général et ont été accusés de diffamation, de propagation de rumeurs et même de « collaboration sioniste ».

Ce climat de tension général envenimé par l'affolement dû aux dernières élections et l'ascension de certains anarchistes au pouvoir n'a pas arrangé les choses. Ajouter à cela des lignes floues entre politiques et médias pratiques par certaines chaînes de TV et stations de radio appartenant à des personnalités politiques. De quoi fausser le véritable débat sur la liberté d'expression.
Si les journalistes ont, depuis 2011, été dans la ligne de mire d'une partie de la population paranoïaque et mal informée, mais aussi inquiète et particulièrement sur la défensive, les politiques qui sont au pouvoir aujourd'hui ajoutent, intentionnellement, de l'huile sur le feu. Alors que le syndicat des journalistes ne cesse de dénoncer un danger immédiat, très peu de voix se sont élevées de la part des politiques pour condamner le climat de tension général. Des jours sombres attendent les journalistes tunisiens…


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.