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Face a une classe politique tombée dans le discrédit: Hichem Mechichi, candidat de la concorde ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 07 - 2020

Le choix est-il judicieux ? Le fait de laisser tomber les propositions des partis politiques ne constitue-t-il pas une manœuvre à contretemps ? Va-t-on vers une nouvelle équipe gouvernementale réduite refusant le diktat des partis politiques et obéissant aux ordres de Carthage ? Plusieurs questions demeurent en suspens même au niveau de la classe politique qui est à l'origine de la détérioration de la situation et sur qui l'anathème et le discrédit sont jetés aujourd'hui.
Dans un contexte politique marqué par les tensions, la démarche qu'on pourrait qualifier de contre-hégémonique prônée par le président de la République, visant à résister à l'appétit d'ogre du parti majoritaire à l'ARP et à ses desiderata, n'étonne plus en raison de la gravité de la situation générale du pays. Les partis politiques n'ont jamais été aussi inutiles. Pire, à l'hémicycle, les scènes de querelles choquent et les pompiers pyromanes se délectent de ces altercations entre certaines députées qui risquaient de finir en crêpage de chignon. Indigne de la Tunisie post-révolution qui a connu depuis 2011 six chefs de gouvernements, sans compter feu Béji Caïd Essebsi (du 27 février 2011 au 24 décembre de la même année).
Manœuvre à contretemps ?
L'impossible cohabitation à l'hémicycle accentuée par les visées hégémoniques du parti Ennahdha et la résistance du Parti destourien libre (PDL) à ce parti majoritaire à l'ARP n'ont fait que discréditer la classe politique. Ce qui a acculé le Chef de l'Etat à ne pas prendre en compte les propositions des partis politiques quant au nouveau candidat à La Kasbah. Le choix de Kaïs Saïed s'est fixé sur l'ancien ministre de l'Intérieur Hichem Mechichi, énarque, diplômé en sciences politiques, sans oublier qu'il fut premier conseiller à la présidence de la République en charge des affaires juridiques en février 2020. Toutefois et ce qui compte le plus, l'homme présente un grand point commun avec le locataire de Carthage : il est apolitique.
Le choix est-il judicieux ? Le fait de laisser tomber les propositions des partis politiques ne constitue-t-il pas une manœuvre à contretemps et haut risque ? Va-t-on vers une nouvelle équipe gouvernementale réduite refusant le diktat des partis politiques et obéissant aux ordres de Carthage ? Plusieurs questions demeurent en suspens même au niveau de la classe politique qui est à l'origine de la détérioration de la situation et sur qui l'anathème et le discrédit sont jetés aujourd'hui.
Préserver l'unité nationale
Si le Chef du gouvernement désigné parle de responsabilité, de grand défi et promet d'œuvrer à former un gouvernement qui réponde aux attentes de tous les Tunisiens et qui soit à même de satisfaire leurs revendications légitimes qui n'ont que trop duré, certains partis politiques n'ont pas bien accueilli la décision d'un outsider dans la présidentielle mais qui n'a fait qu'éclabousser ses concurrents depuis le premier tour et a conquis les cœurs de la majorité de Tunisiens. Les positions de certains députés contactés à cet effet ne présentent pas une grande divergence.
L'ancien ministre du Transport et actuel député de Tahya Tounes, Hichem Ben Ahmed, s'est exprimé à La Presse sur la situation générale en soulignant que «le pays a besoin de stabilité politique qui puisse aboutir à la stabilité sur le double plan économique et social. Ceci est d'une importance capitale et un message rassurant pour le citoyen à l'intérieur du pays et aux investisseurs à l'étranger. Point n'est besoin de le dire, l'instabilité politique actuelle a impacté l'économie et la paix sociale».
Hichem Ben Ahmed a accueilli favorablement le choix porté sur la personne de Hichem Mechichi. «En termes d'expérience gouvernementale, il n'est pas à sa première, grâce à son passage à la tête d'un important département, celui de l'Intérieur. C'est une personne honnête et compétente», ajoute-t-il tout en confirmant que c'est l'intérêt général du pays qui compte le plus et qu'une trêve politique et sociale de six mois ou d'une année est plus que nécessaire. «C'est un appel que je lance aux partis politiques et organisations nationales, notamment en raison de la gravité de la situation. Aujourd'hui le pays ne souffre plus les querelles politiques sur fond de campagnes de diffamation. On a besoin de chaque Tunisien qui veut servir son pays».
Pour ce qui est de la participation au prochain gouvernement, cela demeure tributaire des concertations qui auront lieu dans le cadre du parti, souligne Hichem Ben Ahmed tout en confirmant qu'il reste dans une dynamique positive tenant compte de la compétence du candidat choisi.
Quant à la composition du nouveau gouvernement, le député de Tahya Tounès appelle à la fusion de plusieurs portefeuilles d'une manière à constituer un gouvernement restreint avec la nomination d'un secrétaire général au niveau des départements qui ne sont pas dotés de ce poste. Ce dernier assumera le rôle de pilier administratif. Il aura à gérer les tâches administratives au quotidien.
Notre interlocuteur a souligné la nécessité de former le nouveau gouvernement sur la base des compétences nationales indépendantes, notamment dans les ministères à caractère technique, mais rien n'interdit la désignation de quelques compétences issues des partis politiques. Toutefois, c'est la compétence qui prime dans le choix et non l'appartenance politique, sinon on n'est pas sortis de l'auberge, fait-il savoir.
La dissolution du Parlement n'est pas la bonne solution
Pour sa part, le député Mabrouk Korchid a déclaré à La Presse que le choix de Hichem Mechichi pour former le nouveau gouvernement nous renvoie à la propre lecture politique du président de la République du système parlementaire qui a montré ses limites. «Il faut se rappeler les derniers propos de Kaïs Saïed appelant à réviser la légitimité actuelle. Son choix pour l'ancien ministre de l'Intérieur s'instaure donc dans cette perspective». Poussant encore plus son analyse, le député souligne que le président de la République veut un chef de gouvernement qui soit en parfaite symbiose avec lui. De ce fait, il considère que le pouvoir exécutif est passé depuis cette désignation au Président de la République.
Le député Korchid a signifié à son tour qu'il n'a pas d'objection à l'encontre de cette décision du fait que le système politique actuel a montré ses limites et s'est avéré défaillant et incapable de gérer le pays. «J'apporte mon soutien à cette décision qui annonce le début d'une réforme politique positive. Ceci est de nature à contribuer à l'unification de l'Etat», explique-t-il.
Korchid ajoute que la dissolution du Parlement et l'organisation de nouvelles élections ne sont pas la bonne solution. Les acteurs de la scène politique ne sont pas dans une situation où ils peuvent se permettre le luxe de choisir entre plusieurs options. Même la dissolution du Parlement ne résoudra pas le problème. Il y aura toujours des partis politiques à l'ARP qui ne sont pas en harmonie avec le président de la République. Les parlementaires ne préfèrent pas aussi recourir à la dissolution de l'ARP.
Que faire alors ? Nous sommes devant une chance de parvenir à une sortie honorable de cette crise, observe notre interlocuteur, avant d'ajouter qu'il faut opter pour un gouvernement restreint composé de personnalités capables de prendre les bonnes décisions et de bien gérer les dossiers. A ce propos, la fusion entre certains ministères est souhaitée. «J'appelle Hichem Mechchi à mettre en place un gouvernement non partisan, ou incluant quelques personnalités politiques qui ne font pas l'objet de refus ou d'objection de la part d'autres partis. Rejoignant le député Hichem Ben Ahmed, il préconise une trêve sociale d'une année ou deux durant lesquelles le président de la République pourra appeler à un dialogue national en vue de réformer le système politique et le système électoral et autour des grandes questions relatives au développement, à la réforme de l'éducation et des institutions publiques.
L'ancien député Sahbi Ben Fraj et l'un des dirigeants du nouveau parti politique «Une Patrie Juste», a salué de son côté la désignation d'une personnalité indépendante pour mener les consultations autour du prochain gouvernement. Ceci est de nature à le mettre à l'abri des calculs politiques et intérêts partisans. Le président de la République a fait le juste choix, a-t-il confié à La Presse.
Quant à la constitution de la nouvelle équipe gouvernementale, le député Sahbi Ben Frej n'y va pas par quatre chemins. Il faut que le prochain gouvernement soit formé par des compétences indépendantes, loin des calculs partisans. Il préconise la séparation entre les questions politiques, économiques et sociales. Dans ce cadre, il appelle à l'organisation d'un grand débat national autour de la question politique en vue de réformer le système politique avec la participation de toutes les parties. C'est au nouveau gouvernement formé par des compétences indépendantes qu'incombe la mission de s'atteler aux deux volets économique et social. Une trêve sociale d'une année ou deux est nécessaire pour dépasser la crise, suggère-t-il.
Il faut tenir la nouvelle équipe gouvernementale à l'écart des tiraillements politiques, a martelé notre interlocuteur, insistant sur la nécessité de réduire le nombre de ministères.
En résumé, pour sortir de la crise, il nous faudra un gouvernement restreint non partisan, une trêve sociale et un dialogue national autour de la révision du système politique actuel, mais tout se jouera à l'ARP, le lieu le plus politisé du pays.


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