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L'audit, la voie du salut !
Campagne de sensibilisation du FP contre l'endettement
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 12 - 2015

L'endettement n'a pas de sens s'il ne produit pas de la richesse. Certains crédits obtenus par la Tunisie seraient entourés de suspicion
« Pour un audit de la dette, c'est à nous que doit revenir notre argent ». Tel était le slogan du colloque portant sur ce thème majeur de ce moment crucial de l'histoire du pays, organisé, hier, dans un hôtel de la place, par le groupe parlementaire du Front populaire.
Cette campagne de sensibilisation, qui a démarré dans la capitale, va se poursuivre dans plusieurs autres régions. A travers cette action de grande envergure, les organisateurs visent à toucher le public le plus large possible et le gagner à leur cause.
Une bataille dans une guerre
Le député Ahmed Seddik, à qui revient l'honneur d'ouvrir le bal, commence par préciser que ce mouvement qu'ils viennent d'enclencher n'est qu'une bataille dans une grande guerre. Il recourt à ces qualificatifs pour expliquer que l'endettement n'est autre qu'une nouvelle forme de colonialisme qui ne fait que changer de tactique, tout en gardant la même stratégie, celle qui consiste à spolier les richesses des anciennes colonies. « Le néocolonialisme ne fait que remplacer les armées par l'endettement en vue de donner le change, ce procédé lui sert à camoufler la guerre entre la cupidité des riches et les droits des peuples », scande-t-il. Imposer la tenue d'un audit de l'ensemble de la dette publique contractée par l'Etat tunisien depuis des décennies, c'est enfoncer le premier clou dans le cercueil de l'endettement, d'après le président du groupe parlementaire du FP. Et pour étayer ses propos, il cite l'exemple de plusieurs pays dont, notamment, l'Equateur et l'Argentine, qui ont emprunté cette voie de l'audit et qui ont réussi avec brio à supprimer une partie assez considérable de leurs dettes respectives. Une telle opération est d'autant facile à réaliser que les boîtes d'archives contiennent tous les détails, concernant la manière dont les dettes étaient employées, selon le député Seddik. Et là, il n'épargne ni l'administration locale, ni les créanciers qu'il accuse tous les deux de corruption. Il termine son intervention, en soulignant qu'il n'impute pas l'échec du gouvernement à des considérations idéologiques, mais plutôt au manque de courage de sa part à l'égard de ses créanciers qu'il n'ose pas affronter, vraisemblablement, pour préserver des intérêts particuliers. Samir Cheffi, le secrétaire général adjoint de l'Ugtt, dénonce, quant à lui, les tentatives d'occultation délibérées de la vérité, dans lesquelles il voit des pratiques dictatoriales qui sont censées être révolues depuis le 14 janvier. Néanmoins, il réitère la position de la centrale syndicale à propos de l'endettement : elle ne le refuse pas en tant que principe, mais sous condition qu'il ne porte pas atteinte à la balance des paiements et que la dette soit utilisée dans l'intérêt général. L'endettement n'a pas de sens s'il ne produit pas de la richesse, entonne Cheffi. Mais, ce n'est pas le cas pour la Tunisie, puisque certains crédits obtenus seraient entourés de suspicion, selon lui. L'audit, qui est un grand apport à la bonne gouvernance, trace la voie de la lutte d'indépendance en vue de récupérer la souveraineté nationale, fait remarquer le responsable syndicaliste. C'est dans le dessein de responsabiliser le gouvernement à propos de ces questions suprêmes que l'Ugtt a, officiellement, demandé à M. Habib Essid d'ordonner un audit de la dette. « En aucun cas, les pauvres ne doivent payer pour les gros poissons ! », conclut le syndicaliste avec indignation.
Désarmer les créanciers
Après ces interventions politiques et syndicales, place est faite aux invités étrangers qui sont venus apporter leurs témoignages, relativement aux effets désastreux de la dette. Le premier témoignage nous est donné par l'eurodéputée du Front de gauche français, Marie-Christine Vergiat, qui précise qu'« il ne faut pas se tromper de combat, car il ne s'agit pas d'un combat qui oppose le Sud au Nord, mais plutôt les peuples du monde entier aux tenants de l'appauvrissante politique d'endettement ». Elle ajoute qu'il ne faut jamais croire aux promesses faites par les créanciers des pays endettés, qui sont fallacieuses, à l'instar de celles de Deauville de 2011, où on a promis des dizaines de milliards de dollars à la Tunisie qui n'en a pas perçu le moindre centime.
Elle rappelle le combat incessant de son groupe parlementaire au sein du Parlement européen, pour persuader cette instance de convertir le crédit de 300 millions d'euros, accordé à la Tunisie en don, une demande qui a été rejetée. La France non plus n'a pas fait mieux, étant donné qu'elle a soumis son acceptation de convertir une partie de la dette de 500 millions à la condition de l'implication des entreprises françaises dans les projets à entreprendre, toujours d'après la députée européenne. « La Tunisie peut largement se passer de l'endettement, si elle récupère ses avoirs gelés qui sont évalués à 38 milliards de dollars, par des experts américains », affirme-t-elle. Comme elle est capable de générer de nouvelles ressources financières si elle parvient à supprimer la dette odieuse qui ne peut être identifiée qu'au moyen d'un audit, d'où l'importance et l'urgence d'adopter une telle mesure, d'autant plus que la situation risque de s'aggraver avec les négociations de l'Aleca, qui sont en cours, un projet qui était déjà sur la table, lorsque Ben Ali était encore là,d'après Mme Vergiat. Elle nous informe que son groupe parlementaire, qui coordonne son action avec celui du FP, est en train de préparer un rapport intermédiaire dans lequel il entend apporter quelques modifications, concernant l'audit de la dette odieuse de la Tunisie. Enfin, la députée se dit être contente de l'engagement de l'Ugtt dans ce processus. Continuant sur la même voie, le co-secrétaire général du Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde (Cadtm) et membre de la Commission pour la vérité sur la dette publique de la Grèce, Renaud Vivien, énumère les causes des désastres de l'endettement qu'il ramène à trois : les taux d'intérêt trop élevés, les cadeaux fiscaux octroyés aux plus riches, qui placent leur argent dans des banques étrangères, et l'achat d'armes qui se fait, parfois sans factures.
Diktat du FMI de la B M
Pour lui, l'audit est une arme stratégique qui permet de désarmer les créanciers et leurs pseudo-experts qui essayent de justifier leur politique antisociale, et de renverser donc les rapports de force entre ces derniers et les peuples. Et pour démontrer la véracité de ses allégations, il avance l'exemple de l'Equateur qui a refusé de rembourser sa dette, dont il a établi le caractère odieux, suite à un audit, et qui a pu économiser, grâce à ce refus, 7 milliards de dollars qu'il a employés dans l'éducation et la santé, c'est-à-dire qu'il a privilégié la justice sociale aux dépens du soi-disant honneur de payer sa dette. La même chose s'est produite en Islande, où le peuple a exprimé, à l'occasion de deux référendums, son refus catégorique de rembourser une dette qui ne lui a aucunement profité et qui est allée dans les poches de ses gouverneurs. Et pourtant, aucun de ces deux pays n'a connu de catastrophes sociales, rassure le témoin qui rappelle que les législations des créanciers incriminent la dette odieuse mais que ces textes restent lettre morte et ne sont jamais appliqués.
Enfin, le secrétaire général d'Attac Maroc et membre du réseau Cadtm, Omar Aziki, révèle que la dette publique extérieure représente 82% du PIB et dont le remboursement se fait sur le compte de l'éducation et la santé. Les principaux créanciers, à savoir la Banque mondiale, l'UE et le FMI, ne cessent de dicter leur diktat à son pays qui accueille, en moyenne, trois commissions par an de cette dernière instance, pour lui imposer un nouveau plan d'ajustement structurel (PAS), dont, notamment, la réforme des retraites qui a mobilisé des milliers de mécontents, qui ont manifesté, tout dernièrement, à Casablanca. Le colloque s'est terminé par la projection de deux vidéos, l'une retraçant l'historique de la dette tunisienne, depuis le 19e siècle jusqu'à nos jours, l'autre consiste en un extrait du discours prononcé par l'ex-président du Burkina Fasso, Thomas Sankara, assassiné en 1987, en marge du Sommet de l'Unité africaine,tenu à Adis-Abeba au cours de la même année, où il insiste sur le fait que les origines de la dette sont celles du colonialisme. « Rassurez-vous, ils ne mourront pas si nous ne payons pas la dette, par contre si on le fait, c'est nous qui mourrons ; l'endettement est assimilable aux jeux de casino, alors nos créanciers doivent accepter les règles du jeu quand ils perdent », ironisa l'ex-président burkinabé.


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