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Ou le dévoilement de la grande hypocrisie
Opinions - AU LEVANT, LES EMPIRES REPARTENT EN GUERRE CONTRE LA CALIFAT
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 01 - 2016


Par Khaled DELLAGI
Depuis l'abolition par Mustapha Kemal Atatürk du Califat en 1924, l'espoir de sa restauration n'a jamais disparu de l'imaginaire de nombreux croyants qui voudraient revenir à un âge d'or fantasmé de l'islam conquérant.
Aujourd'hui, même si les empires ont disparu en tant que structure politique, les politiques d'essence impérialiste perdurent. Notre monde contemporain subit encore les conséquences des actions des empires qui ont dominé le monde jusqu'au XXe siècle. De fait, la proclamation du nouveau califat par l'organisation de l'Etat Islamique en juin 2014 met un point d'orgue dramatique à la faillite des Etats-nations arabes hérités du partage territorial dicté par les empires coloniaux presque un siècle auparavant. Le démantèlement par les Anglais et les Français de l'empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale a été réalisé au prix d'une triple trahison : l'abandon du projet du royaume arabe, l'‘'oubli‘' du peuple kurde et le sacrifice du peuple palestinien au projet sioniste en gestation.
Depuis un siècle, le Proche-Orient est à feu et à sang : la Renaissance arabe a été écrasée sous les bottes de régimes militaires et policiers; la création de l'Etat d'Israël, véritable cancer greffé dans le flanc du monde arabe, a détourné les peuples de toute la région des objectifs éducatifs et de développement; peuples tétanisés par de multiples guerres, toutes perdues, et par la destruction méthodique du peuple palestinien par l'Etat factice avec l'assentiment silencieux de ceux qui l'ont créé. Incapable de porter l'espoir des peuples pour une vie meilleure et digne, le nationalisme arabe, moderniste et laïque, s'est effondré. Il renaît aujourd'hui sous une forme idéologique nouvelle à base religieuse : la chimère islamiste qui se nourrit du lait du sectarisme wahhabite. Aujourd'hui, le califat de Daech s'installe sur des Etats en ruine. Il se présente comme une alternative crédible à tous ceux qui pensent le monde en confrontation religieuse : Dar El Islam contre Dar El harb. De fait, au cours de l'histoire, de nombreux empires ont fait de la défense d'un credo confessionnel le ciment de leur légitimité et le moteur de leur expansion. La recomposition régionale en cours au Levant s'organise apparemment le long d'une ligne de fracture religieuse, qui court au sein même de l'islam, celle qui sépare sunnites et chiites.
Aujourd'hui, la création de l'Etat islamique est la conséquence directe de la deuxième guerre américaine du Golfe et du désastre que fut la destruction de l'unité de l'Irak qui en a découlé. Elle est la réponse directe des Arabes sunnites du centre du pays pris en tenaille entre les Kurdes au nord et les Arabes chiites au sud, et dépossédés de tout pouvoir politique et économique. La tentation était grande pour les sunnites irakiens de forcer le destin et de profiter du désordre régional pour reconstituer avec leurs cousins syriens le pays syro-mésopotamien historique (biled El Cham), projet que les accords de Sykes-Picot de 1916 avaient refusé de concrétiser. Ce projet aurait eu des chances d'aboutir dans un grand marchandage international, n'était le choix désastreux de Daech de recourir à la violence aveugle et au terrorisme, excès qui ont fini par fédérer contre eux tous les pays de la région et la communauté internationale.
Aujourd'hui encore, la grammaire des conflits régionaux s'analyse en référence aux impérialismes d'essence nationaliste, arabe, perse et turque, conflits sans fin et sans vainqueurs qui ruinent les pays, abrutissent les peuples et reportent aux calendes grecques le traitement des questions sociales et de développement. Pourtant, il serait faux de ramener tout à la seule dimension politique. La résurgence de l'extrémisme et de l'intolérance religieuse est une réalité. Les régimes arabes autocrates et corrompus, en fermant les portes à toute évolution vers plus de liberté et de démocratie, ont jeté dans la violence ceux qui se sont jurés de forcer ces portes. Sous nos yeux, le combat pour la conquête du pouvoir (pouvoir d'imposer la Charia plus que de servir les principes de la Démocratie) a commencé avec le combat des Frères musulmans et qui s'est radicalisé ensuite avec El Qaïda et l'organisation de l'Etat Islamique. Au nom de l'idéologie de la secte wahhabite, des milices fanatiques secrètement financées par les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie frappent d'abord les centres de pouvoir des pays visés puis terrorisent les populations civiles désarmées pour imposer leur ordre fasciste basé sur une lecture rétrograde et misogyne de la Charia.
Généreusement financée par les monarchies du Golfe, l'armée de Daech a pu recruter sans difficulté ses jihadistes au-delà du Levant, au Caucase, au Maghreb et en Europe. Outre ses ressorts religieux, cette mobilisation se nourrit sur un terreau de désespérance et d'exclusion sociales, de chômage sans fin, de l'injustice et du racisme. C'est cela la réalité des enclaves d'exclusion, en Tunisie, en Europe et ailleurs, source de recrutement de jihadistes, alimentant les réseaux transnationaux de solidarité guerrière. C'est cette réalité qui nourrit la rage nihiliste d'une frange de notre jeunesse et la pousse dans les bras de ceux qui la manipulent pour aller tuer et se faire tuer. Olivier Roy, politologue français, voit juste quand il soutient que «ce n'est pas l'islam qui s'est radicalisé mais c'est la radicalité qui s'est islamisée».
‘'Barbarie‘', voilà un terme fort en vogue ces derniers temps dans les médias et la bouche de nombreux politiciens occidentaux. Barbarie que d'aucuns voudraient faire endosser à l'islam en tant que religion. Ceux qui le prétendent ont vite oublié la barbarie instaurée au nom du Christ : les Croisades, l'Inquisition, le génocide des Amérindiens et la traite des Noirs.
L'organisation de l'Etat islamique et tous les mouvements extrémistes religieux n'ont pas innové dans les violences idéologiques et physiques inaugurées par les empires coloniaux qui se sont construits sur des monceaux de cadavres, sur la domination et la discrimination des populations conquises désignées ‘'d'indigènes‘'. Qui se souvient comment la Grande-Bretagne mit fin à l'Empire Moghol en Inde suite à la répression féroce des Cipayes en 1857 qui fit des centaines de milliers de morts, et de la déposition du dernier Grand Moghol témoin de la pendaison et la décapitation de ses enfants et petits-enfants? Qui se souvient des deux guerres de l'opium imposées au milieu du XIXe siècle à la Chine par une coalition d'Etats européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne et Russie) pour la forcer à autoriser le commerce et la consommation de l'opium dans tout l'Empire du Milieu, trafic de drogue étatique qui fut ouvertement financé par la banque H.S.B.C.?! Qui se souvient des exactions et des massacres commis sous les ordres du roi Léopold II de Belgique dans sa colonie / propriété du Congo? Qui se souvient de la répression par la France des insurrections populaires de ses colonies qui réclamaient leurs indépendances, en particulier en Algérie en 1945 et à Madagascar en 1947 , et qui firent des dizaines de milliers de morts? Barbarie portée à son paroxysme par les empires coloniaux au cours de la Seconde Guerre mondiale : le nazisme et ses 45 millions de morts, l'anéantissement de la ville allemande de Dresde en 1945, sans intérêt stratégique, sous un déluge de bombes alliées, tuant près de 100.000 civils, l'atomisation des villes d'Hiroshima et de Nagasaki par les Américains qui pulvérisa 200.000 civils en quelques instants. Plus près de nous, la guerre du Vietnam menée par les Etats-Unis qui innovaient dans la politique de la terre brûlée à grande échelle par les armes chimiques ; la première guerre du Golfe et l'embargo impitoyable de tout le peuple irakien, durant plusieurs années, instaurée par la ‘‘Communauté Internationale'' dirigée par les Etats-Unis. Voilà pour la barbarie, mais elle est d'Etat, et comme le rappelle Max Weber, ‘'l'Etat est le groupement qui revendique le monopole de la violence légitime‘'. Ces exemples rafraîchiront la mémoire des donneurs de leçons et les inciteront à plus d'humilité quand ils se hasarderont à faire des comparaisons culturelles, là où l'honnêteté inciterait plutôt à réfléchir à ce qui peut motiver tant de haine, de misère intellectuelle et autres infirmités bien partagées de la nature humaine, pour essayer de lutter ensemble sur ces facteurs.
Aujourd'hui, la création du califat de Daech dans les circonstances décrites plus haut tombe à point nommé pour la propagande des puissances occidentales estimant leur ‘'démocratie et valeurs occidentales‘' menacées ; et valider ainsi le scénario du ‘'choc des civilisations''. A l'esprit du jihad répond l'esprit des croisades initié par l'ancien président G.W. Bush dans sa ‘'guerre totale contre le terrorisme international ‘'après les attentats du 11 septembre 2001, une guerre menée au nom d'une morale sacralisée comme le montrent les expressions ‘'d'axe du mal‘' et ‘'grand satan''. Dès leur naissance, les Etats-Unis ont eu une politique impériale ayant pour mission divine de répandre la ‘'démocratie‘' et la ‘'civilisation'' dans le monde. Ils ont constitué aux quatre coins de la terre un système de limes comportant un réseau dense de bases militaires fortifiées dont la plus importante se trouve au Qatar. Notre pays s'est récemment porté volontaire (forcé ?) pour être aux avant-postes de la défense de l'empire américain. Choix funeste dont on est en droit de craindre les pires retombées.
Parasitant l'impérialisme américain, Israël a poursuivi depuis sa création une politique hégémonique régionale en pratiquant une politique de judaïsation. Il a trouvé en l'organisation de l'Etat islamique un allié de poids et, en guise de remerciements, prend en charge ses combattants blessés. Rappelons qu'en matière de barbarie, Israël n'a pas à rougir devant cet allié de circonstance ; de Deir Yassine à Gaza en passant par Sabra et Chatila, la route d'Israël est jalonnée de cadavres et de désolation. Etat Islamique et Israël : mêmes combats, instrumentalisant la religion, mêmes certitudes messianiques, mêmes pensées mortifères et racistes méprisant la vie de l'Autre. Mais l'un est combattu quand l'autre est soutenu avec compréhension par ceux qui l'ont créé !
Face à ces dinosaures, les anciens colonisateurs du Levant, Anglais et Français font pâle figure même s'ils gardent une certaine nostalgie de leurs empires respectifs. En témoignent l'activisme britannique aux côtés des Américains en 2003 en Irak et celui des Français en Libye en 2011 et plus récemment en Syrie. La France qui n'a plus les moyens de sa politique interventionniste veut prendre la tête d'une coalition élargie qui a tous les relents d'un néo-impérialisme européen. De façon plus insidieuse, ces impérialismes survivent dans le cadre du Commonwealth pour le compte du Royaume Uni et de la Francophonie pour la France.
Dans l'hystérie guerrière qui a saisi le Levant, il faut mettre en exergue la responsabilité immense de l'Arabie Saoudite dans l'inoculation des germes du fanatisme et de l'intolérance dans les esprits des musulmans par le truchement du wahhabisme, secte ultra minoritaire, il a seulement un siècle. Le rêve fou de la Maison des Saoud déjà ‘'gardienne des deux lieux saints‘' de l'Islam est de promouvoir le wahhabisme pour en faire le courant majoritaire et orthodoxe dans le monde musulman et pourquoi pas de prendre la tête du califat actuellement en gestation, aidée en cela par l'Organisation de la coopération islamique dont le siège est à Djeddah. Dans sa hantise d'un encerclement par des pays chiites pressentis menaçants, l'Arabie Saoudite a participé à créer un trou noir dans lequel ont été broyés les pays limitrophes, Irak, Syrie et Yémen, et peut-être demain tous les pays où les salafistes jihadistes opèrent. Las, le monstre Daech s'est retourné contre ses maîtres et voue aujourd'hui Qatar et Arabie Saoudite aux gémonies. Qu'à cela ne tienne, comble de machiavélisme, l'Arabie Saoudite tente de créer une coalition de pays islamiques (exclusivement sunnites) pour lutter contre le terrorisme islamique. Le pyromane avance déguisé en pompier, pour mieux asseoir son hégémonie et se refaire une virginité. C'est sans compter sur la réémergence des impérialismes régionaux, celui de l'Iran qui représente un défi majeur pour la pérennité du pouvoir de la famille Saoud, celui de la Turquie néo-ottomane, et celui de la Russie qui vient d'intervenir militairement en Syrie pour maintenir son influence au Levant, garder à distance les jihadistes caucasiens et empêcher son encerclement par les Etats –Unis.
Si l'expansionnisme territorial fait encore rêver de nombreux pays, d'autres formes de domination ont vu le jour ces dernières décennies. L'économie mondialisée, la finance internationale et le numérique permettent aux puissants de ce monde de concentrer l'essentiel du pouvoir politique. Les jihadistes de tous bords ne s'y sont pas trompés et trouvent dans les canaux médiatiques modernes, en particuliers les réseaux sociaux, les outils par excellence pour prêcher ad nauseum leur propagande nihiliste.
Le Levant est aujourd'hui confronté à une fitna (discorde) sans précédant dans l'histoire de l'Islam. Le drame se déroule dans une arène mondialisée et jette sur les routes de la planète, en des cohortes pitoyables, des millions de migrants. Il est attisé par une culture de haine déversée par tous les courants extrémistes religieux, juifs, chrétiens et musulmans, jouant sur le primat identitaire et disséminant des métastases aux quatre coins du monde.
Le monde arabe est l'homme malade du XXIe siècle. Les puissances occidentales cherchent à le remodeler sur des bases identitaires ethniques et religieuses comme elles l'avaient fait avec l'Empire ottoman au XIXe siècle (millets). Dans le brasier proche-oriental, chaque belligérant cherche à faire tirer à son profit, par le voisin, les marrons du feu. Gageons que sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, le futur partage du Levant qui se profile à l'horizon cherchera à perpétuer les zones d'influence de toutes les parties en conflit. Encore une fois sur le dos des peuples arabes.
Pour sortir de ce piège et nous réapproprier notre avenir, le sursaut salvateur ne peut provenir que des sociétés civiles arabes qui doivent transcender leurs différences et renouer avec l'esprit de l'Islam des Lumières et celui de la Renaissance arabe. Il faut libérer la pensée arabe de ses contraintes et carcans en libérant la parole, porter sur la place publique le débat sur la modernité et la sécularité par des contre-prêches dans les médias, et les réseaux sociaux.
Lutter résolument contre les propagateurs du wahhabisme ,lanceurs de fatwas et fossoyeurs de la Vie. ''L'Islam est la solution‘', slogan du wahhabisme n'est pas la solution; la société saoudienne n'est pas un paradis terrestre pour Homo islamicus. Il faut débusquer et démasquer les puissants de ce monde, les intellectuels et les O.N.G. (arabes ou occidentaux)qui veulent faire croire à un essentialisme culturel de l'Islam, imperméable à l'évolution historique et à la modernité. Pousser les gouvernants à traiter la terreau de l'extrémisme à la racine, en mettant la priorité absolue sur la lutte contre l'analphabétisme, l'injustice et l'exclusion sociales, pour la réappropriation des sciences et des techniques et pour la ré-acquisition de la dignité citoyenne. En cela, la Tunisie peut et doit montrer le chemin.
‘'Lorsqu'un jour le peuple veut vivre
Force est pour le destin de répondre
Force est pour les ténèbres de se dissiper
Force est pour les chaînes de se briser''
(Abou Kacem Chebbi ,1933 )


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