Certains monuments situés à Kairouan sont souillés par le manque d'entretien, de restauration et de surveillance. Ainsi, si on prend l'exemple du mausolée Sidi Sahbi, édifié à la mémoire d'un compagnon du Prophète, Abou Zama'a Al Balaoui, on constate qu'il est le plus visité par les Tunisiens pour célébrer les cérémonies de contrats de mariage, les circoncisions et les fêtes religieuses. Cependant, il est regrettable de constater la présence devant la porte principale d'un grand nombre de vendeurs ambulants, de brouettes garnies de jouets, de gâteaux, de pop corn, de ballons, de bougies, de henné et d'encens. En outre, des femmes proposent aux visiteurs des séances de harkous. Par ailleurs, ce lieu de recueillement est submergé de flots de musique techno provenant d'un espace de loisirs situé juste en face. Enfin, ce célèbre sanctuaire ne dispose ni d'un système d'alarme, ni de caméras de surveillance, ni de gardiennage. après la prière d'Al Icha, les responsables des lieux ferment les portes et rentrent chez eux. Ainsi, la nuit du 24 au 25 janvier, et malgré le couvre-feu, des inconnus ont réussi à s'introduire à l'intérieur du mausolée et à procéder à une opération de fouilles juste derrière le tombeau surmonté d'un coupole. Après avoir creusé un trou à la recherche peut-être d'éventuels trésors, ils ont remis le sable et quelques briques avant d'en cacher d'autres dans une autre pièce. Il va sans dire que cet incident a choqué tous les Kairouanais qui se disent que tout aurait pu arriver faute d'un système d'alarme. Des agents de la police technique se sont déplacés sur les lieux afin de relever les empreintes et constater les dégâts. De toute façon, cet acte de vandalisme laisse pantois. Comment les malfaiteurs ont-ils pu s'introduire à l'intérieur du mausolée, prendre tout leur temps, casser et creuser d'autant plus qu'il n'y a pas eu d'effraction. On peut supposer qu les assaillants ont longuement préparé leur coup et qu'ils se sont peut-être cachés à l'abri des regards dans une des nombreuses pièces du complexe architectural. Que cherchaient-ils exactement? Ont-ils trouvé quelque chose? Espérons que l'enquête apportera des réponses à ce mystère et que ce ne sera pas comme ce qui est arrivé, il y a quelques années, au musée des Arts islamiques de Rakkada, où des pages du «Coran bleu», unique au monde, et datant du Ier siècle de l'hégire, ont disparu du coffre-fort. Quelques mois plus tard, elles étaient vendues à Londres à 200.000 d la pièce.