Foot-Médias : décès de Rolland Courbis    Météo en Tunisie : températures stables, ciel peu nuageux    Trump investit 10 milliards à Riyad : un projet colossal de luxe et de prestige    La piscine municipale du Bardo rouvre ses portes au public    Du jour jusqu'à jeudi : douceur et temps clément sur la Tunisie    En Tunisie : qui est tenu d'adopter la facture électronique ?    Aucune grève générale prévue le 21 janvier    Exportations d'huile d'olive : plus de 1,3 milliard de dinars de revenus    Finale Supercoupe d'Espagne : Real Madrid - Barcelone, horaire et diffusion    La cannelle: Un condiment au parfum envoûtant et un remède ancestral    Le Bureau Fédéral : le directeur sportif et son équipe à la barre pour présenter leurs rapports    Sortir du rouge à la banque : enfin une solution rapide !    Tempêtes meurtrières en Europe : vents extrêmes, chaos et morts    Galerie d'art: Artémis rouvre!    Le Président de la République reçoit le rapport annuel de la Cour des comptes (Vidéo)    Gafsa et Tataouine : l'ambassadeur chinois découvre les chantiers énergétiques    Instalingo : les auditions se poursuivent devant la Cour d'appel    Eyes Naif Assaf nouveau directeur général de Ooredoo Tunisie    Tourisme en Tunisie: sortir de l'illusion du chiffre    Elue Marque de l'Année, 2e édition : 'Produit de l'année Tunisie' récompense les marques élues par les consommateurs tunisiens    Epson et Socrate School: une synergie technologique pour un enseignement innovant    America First 2026: Le Mémorandum qui redessine l'échiquier mondial    Biens, mariage, divorce : ce que chaque couple tunisien doit savoir    ENNAKL Automobiles distinguée aux HR Awards 2025 pour son engagement en faveur de l'Innovation Verte    Météo en Tunisie : averses isolées attendues la nuit    Ridha Behi: Et si les JCC étaient, plus que jamais, le miroir de notre société?    Mohamed Dräger arrive en Tunisie pour signer à l'Espérance de Tunis    Jordanie : Tunisiens, risque d'amende de plus de 1 000 dinars si séjour non déclaré    Abdelaziz Ben Mlouka: Tanit d'honneur des JCC    Météo en Tunisie : averses isolées, températures en légère hausse    La banane: saveurs, bienfaits, secrets et petites histoires    Atlantique Nord : un pétrolier russe capturé par les forces américaines    Le film Palestine 36 d'Annemarie Jacir arrive en Tunisie : un film événement présenté par CineMad (trailer)    Lancement du programme d'aide à la publication Abdelwahab Meddeb 2026 par l'IFT    De 'Sahar El Layali' à l'Académie d'Art de Carthage : Tamer Habib transmet l'art du scénario à la nouvelle génération tunisienne    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Liban : l'armée israélienne frappe des cibles dans le sud et l'est du pays    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    ''Bourguiba, l'orphelin de Fattouma'', ce dimanche matin à Al Kitab Mutuelleville    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Crise économique et financière | Note souveraine : Peut-on éviter une nouvelle dégradation ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 07 - 2021

En Tunisie tout va très mal. Notre pays cumule les crises (politique, économique et sanitaire) et rien ne semble vouloir s'arranger ! La dernière mauvaise nouvelle est celle de la dégradation de la note souveraine de la Tunisie de « B » à « B- » avec des perspectives négatives par l'agence de notation Fitch Ratings. Une situation que les financiers et les experts qualifient de critique et certains considèrent qu'une nouvelle dégradation vers « C » paraît difficile à éviter.
L'agence de notation Fitch Ratings vient d'abaisser la note de défaut émetteur à long terme en devises de la Tunisie de « B » à « B-» avec perspectives négatives. D'après le communiqué de l'agence, cette « rétrogradation à « B- » et les perspectives négatives reflètent des risques accrus de liquidité budgétaire et externe dans le contexte de nouveaux retards dans l'accord sur un nouveau programme avec le FMI, qui est nécessaire pour accéder à l'appui budgétaire de la plupart des créanciers officiels. Le paysage politique fragmenté et l'opposition sociale enracinée limitent la capacité du gouvernement à adopter de solides mesures d'assainissement budgétaire, ce qui complique les efforts pour sécuriser le programme du FMI ».
Ce même communiqué déplore, par ailleurs, l'absence de réformes solides. « Les créanciers publics pourraient considérer qu'une restructuration de la dette est nécessaire avant de pouvoir accorder un soutien supplémentaire. Le gouvernement a fermement déclaré qu'il n'envisageait pas une restructuration de la dette et la Tunisie ne s'est jamais engagée dans un traitement du Club de Paris ».
Les risques sont omniprésents
L'intermédiaire en Bourse, Mourad Ben Chaâbane, commente dans un post, sur les réseaux sociaux, la dernière dégradation de la note souveraine de la Tunisie. « La Tunisie se situe dans la dernière marche de l'escalier (B- pour Fitch et B3 pour Moody's avec perspectives négatives) avant la note C (CCC, CC et C pour Fitch contre Caa, Ca et C pour Moody's) aboutissant au défaut. Ce qui annonce des difficultés élevées pour recourir à de nouveaux crédits extérieurs, qui peut aboutir au défaut de paiement ».
Il poursuit : «Malheureusement, la Tunisie n'a réalisé au cours de la dernière décennie qu'une croissance du PIB de 1% par an, loin du minimum requis pour payer les intérêts sur la dette extérieure (qui représentent près de 3% du PIB suite aux conditions favorables de la dette multilatérale et bilatérale). De plus, les prévisions pour 2021-2023 faites par les organismes internationaux s'accordent sur un taux de croissance du PIB qui reste inférieur à 3%.
Cette croissance économique ne permet pas de payer les intérêts extérieurs. Il est donc attendu que la notation, qui exprime la capacité du pays de faire face à ses engagements financiers, se détériore. Pour lui, une nouvelle dégradation vers « C » paraît difficile à éviter, « sauf en cas d'ouverture importante vers la Libye », annonce Ben Chaâbane. Cette nouvelle notation aura des conséquences : «Un recours au marché financier international très coûteux avec un taux d'intérêt en devises à deux chiffres, ce qui éloigne cette forme de financement, surtout qu'il est de moyen terme.
Ensuite, le financement multilatéral reste disponible mais exige un accord sur un programme d'ajustement structurel qui serait piloté par le FMI pour certaines institutions (BM, BAD) ou un programme particulier aux conditions plus souples (UE, BEI, Berd). Et enfin, le financement bilatéral dépend des relations politiques avec les pays concernés ». Pour l'intermédiaire en Bourse, un accord avec le FMI est nécessaire d'ici la fin de l'année pour assurer un financement extérieur qui éviterait le défaut de payement.
Le gouverneur de la BCT, Marouane El Abassi, a qualifié, lors d'une intervention sur les ondes d'une radio privée, que la note « B-» « est une mauvaise nouvelle ». Il ajoute, « nous devons aussi nous estimer heureux que la note souveraine tunisienne n'ait pas été dégradée encore plus bas ». Pour El Abbasi, le manque de décisions a un coût, et cette dernière dégradation en est la meilleure preuve.
« L'Etat tunisien aurait dû procéder à des réformes substantielles et structurelles depuis août dernier ». Selon lui, il est grand temps de mettre en place un plan de sauvetage pour l'économie. « Un plan qui doit être à la fois pertinent et qui respecte les priorités du pays », précise-t-il. Le gouverneur de la BCT appelle, dans ce sens, à la nécessité de progresser dans les programmes et les réformes avec le Fonds monétaire international et de prendre des décisions claires, notamment en ce qui concerne la masse des salaires, la question de compensation et les relations avec les institutions internationales à l'avenir.
Les limites de l'exercice actuel
Le gouverneur de la Banque centrale se demande : « Comment voulez-vous négocier avec un pays qui a eu 10 ministres des Finances en dix ans… ? De notre côté, nous n'avons aucune vision, en ce qui concerne le budget et le financement du budget pour la fin de 2021. Alors, mettons-nous autour de la table et négocions ces réformes, et mettons en place un programme digérable et facile d'implémentation ».
Selon Radhi Meddeb, président directeur-général de « Comete Engineering », « les jours qui viennent s'annoncent difficiles et l'été sera chaud ». Pour lui, les raisons de la dégradation de la note souveraine tunisienne à B-, avec perspectives négatives, sont connues depuis longtemps. Il s'agit précisément de « l'absence d'un accord avec le FMI, seul susceptible s'ouvrir la voie à des financements extérieurs, l'absence de réformes structurelles fortes, la fragmentation du paysage politique empêchant la formulation d'une vision cohérente de l'action politique, l'incapacité de l'Etat à accompagner socialement des réformes sérieuses, l'évolution effrénée de la masse salariale publique dans un contexte de rétraction du produit intérieur brut, suite aux effets de la pandémie».
Il poursuit : « Les faits nouveaux sont relatifs aux échéances fin juillet et fin août de remboursement de crédits garantis par les Etats-Unis à hauteur de deux fois 500 millions de dollars. Le renouvellement de telles garanties est certes en discussions mais n'interviendra probablement pas avant le quatrième trimestre 2021. Il y aura donc un mauvais quart d'heure à passer. Ces nouvelles garanties risquent d'être conditionnées par la signature du nouvel accord avec le FMI, tout comme les autres financements extérieurs recherchés par la Tunisie pour un montant de 3 milliards de dollars pour 2021 ».
Meddeb explique que la Tunisie a pu substituer sa sortie sur les marchés internationaux au cours des années 2020 et 2021 par une augmentation considérable du recours au financement local, en dinars auprès des banques, mais aussi, du public en devises également, auprès des banques locales. « Tout semble indiquer qu'il y a des limites à l'exercice. Ces prélèvements massifs sur le marché local ont eu un effet d'éviction par rapport au financement de l'économie réelle », affirme le premier responsable de « Comete Engineering ». Il continue : «Le recours au Club de Paris est clairement évoqué par Fitch Ratings, c'est-à-dire une demande de rééchelonnement de la dette. Le gouvernement tunisien continue à affirmer haut et fort qu'il ne le fera pas, que la Tunisie ne l'a jamais fait et que le pays continuera à honorer ses engagements. Nous sommes plusieurs a avoir appelé les autorités, régulièrement depuis plusieurs années, à engager une telle réflexion sereinement et dans l'ordre pour anticiper une situation subie dans le désordre ».
La trêve politique est une nécessité
Lors d'une intervention sur les ondes d'une radio privée, l'ancien président du directoire d'Amen Bank et actuel membre du bureau exécutif de l'Iace, Ahmed El Karam, a également commenté la dégradation de la note souveraine tunisienne et a abordé les pistes possibles pour une sortie de crise. Il affirme que « la note de Fitch Rating était attendue, mais demeure désolante ». Il a également mis en garde contre une nouvelle dégradation. « Après la note de B-, il y a la note C qu'on atteindra, si nous ne faisons pas les restructurations nécessaires... Avec la note C, la Tunisie sera un pays boudé, c'est comme un élève qui a zéro dans son examen, ni ses parents, ni son entourage ne sont heureux. L'Etat n'est plus le bienvenu et on ne reconnaît plus ses dettes », explique El Karam.
Pour sa part, Moez Laâbidi, professeur en économie, juge que la dégradation de la note souveraine tunisienne n'est que « la conséquence directe de l'instabilité politique et économique du pays ». D'après ses propos, une réforme structurelle de la stratégie publique devient nécessaire, et ce, en plus d'un changement radical des visions adoptées avec une exclusion rapide de « toute solution narcotique dont l'effet est seulement à court terme, tel que : l'injection de la liquidité et le recours incessant aux emprunts ». Il développe : « On ne peut pas se permettre d'injecter de la liquidité, puisqu'on a un taux d'inflation entre 5% et 6%. Cette solution n'est bénéfique que si ce taux devient faible. Nous n'avons pas la possibilité, non plus, de recourir à l'emprunt national pour le paiement de la dette, puisque le paiement de cette dernière doit se faire par les revenus de l'importation, qui sera aussi utilisé pour le paiement des exportations. Le paiement de la dette et des exportations par l'emprunt national ne sera pas sans incidence sur les réserves de devises ». Pour Moez Laâbidi, les conditions sine qua non pour une sortie de crise restent la trêve politique et sociale en plus d'une meilleure visibilité économique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.