La Cour des comptes entend discuter directement son budget avec le Parlement et faire adopter son organisation administrative La Cour des compte a élaboré une stratégie ambitieuse pour laquelle elle a choisi comme thème «Veiller au renforcement de la bonne gouvernance dans la gestion des deniers publics». Cette structure, cependant, a besoin de fonds conséquents pour pouvoir réaliser cette stratégie en toute indépendance et avec l'efficacité escomptée. En tout cas, la question des fonds a été évoquée par plusieurs intervenants lors de la table ronde organisée hier dans un hôtel de la place et consacrée à ladite stratégie sur la période qui s'étale de 2016 à 2020. Mme Amel Elloumi Baouab, magistrat, présidente de section à la Cour des comptes, a présenté les grandes lignes de cette stratégie qui comporte un ensemble d'initiatives suivies des résultas attendus. L'une de ces initiatives concerne le développement de relations privilégiées avec le Parlement et le gouvernement. Rappelons que la Cour des comptes est sollicitée par les parlementaires et que ses rapports sont discutés par les pouvoirs législatif et exécutif. Implication de la société civile Il s'agit aussi de mieux faire connaître la Cour des comptes et ses travaux auprès de la société civile et des médias. L'objectif est de constituer un noyau de partenaires qualifiés composé de représentants des médias et de la société civile pour participer activement aux manifestations et réflexions organisées par la Cour. Il s'agit aussi, d'après l'oratrice, de renforcer l'indépendance financière et administrative de la Cour en discutant directement son budget avec le Parlement. L'autre objectif visé consiste à renforcer la coopération avec les partenaires étrangers pour que la Cour soit reconnue à l'échelle internationale et sollicitée par les institutions et les organisations étrangères concernées. Par ailleurs, la stratégie mise sur une adaptation aux exigences de la gouvernance régionale et locale. A cet effet, un plan d'action réaliste, chiffré et budgétisé doit être disponible pour pouvoir préparer les échéances futures en termes de gouvernance régionale et locale. Parmi les activités prévues dans ce sens, la mise en place d'un système fonctionnel d'écoute des citoyens et de la société civile, ainsi qu'une stratégie d'accompagnement du processus de décentralisation. Une cellule de veille pour suivre et exprimer l'avis de la Cour sera également installée. Accroître la performance Dans la foulée, la stratégie a prévu l'accroissement de la performance de la Cour selon des critères définis (3 E) en favorisant la redevabilité, tout en renforcant la transparence au sein de cette structure. Mieux encore, un système d'assurance qualité sera institué parallèlement au renforcement des capacités professionnelles des équipes opérationnelles. Un système de veille stratégique fait partie aussi des initiatives figurant dans la stratégie en question. Les activités prévues dans ce contexte concernent l'élaboration et l'actualisation des manuels de procédures de la Cour des comptes, ainsi que les manuels d'audit. Par la même occasion, il sera procédé à la révision du processus de travail en insistant sur la qualité. Lors du débat, les intervenants se sont félicités du travail effectué pour l'élaboration de la stratégie, mais ils ont émis certaines observations. Ainsi, le représentant du Conseil de l'ordre des experts comptables, qui est considéré comme un partenaire de choix de la Cour des compte, a notamment proposé de renforcer les liens entre ces deux institutions en créant un comité de liaison. Un professeur universitaire a remarqué, de son côté, l'absence d'indicateurs dans cette stratégie, ce qui rend difficile la réalisation des objectifs fixés. Un autre intervenant a indiqué que beaucoup d'entreprises, notamment publiques, ne disposent pas de comités d'audit, ajoutant que même ceux qui existent ne sont pas très efficaces.