Certains Tunisiens, manifestement manipulés par des gens malintentionnés, ont voulu faire croire que notre pays dort sur un océan de pétrole. A travers une campagne sur les réseaux sociaux, on a voulu jeter le doute sur tout ce qui a été fait et ce qui se fait. « Où est le pétrole ? », demandaient-ils. Les agents manipulateurs avaient, bien sûr, d'autres desseins : bloquer tous les secteurs stratégiques. Ce n'est pas un hasard si on s'acharne sur le secteur du phosphate ou celui de l'énergie. Pourtant, tout le monde sait qu'aucun des secteurs de l'économie n'a échappé à la corruption. Notamment, avant 2011. Mensonges et manipulations Ces gens savent pertinemment que notre production pétrolière ne peut pas placer notre pays aux premiers rangs des pays pétroliers. Les quantités produites ne suffisent même pas à nos besoins. C'est à peine si nous arrivons à assurer une indépendance énergétique de 59 % en 2016 (jusqu'à fin juin). Quant à la corruption qui pourrait caractériser les exploitations et les licences de forage accordées, c'est à la justice de le prouver. On n'exclut pas des malversations. Aucun pays ne peut prétendre que tout est transparent dans de tels domaines. Même les pays où tout semble clair, les risques de corruption ne sont pas à exclure. En Tunisie, nous avons besoin de tenir notre économie dans des proportions capables de garantir notre autosuffisance et non l'inverse. Ceux qui prétendent qu'il y a des problèmes doivent fournir des preuves et ils ne feraient qu'œuvre utile. Car on ne peut en aucun cas avancer des assertions et des accusations en l'air. L'opinion publique elle-même aimerait bien en savoir davantage et être au courant des vraies capacités et ressources du pays. Mais de là à exagérer la réalité il y a risque de verser dans le mensonge gratuit. Toujours est-il que notre production n'a jamais connu des niveaux aussi faibles et la courbe descendante continue. Les responsables ont, d'ailleurs, annoncé les chiffres allant dans ce sens et abondent. Et, quelles qu'elles soient, ces données ne peuvent pas être remises en cause. Qu'on le veuille ou non, la Tunisie n'est pas encore une république bananière comme l'espèrent certains esprits malades. « La production de pétrole et de gaz naturel en Tunisie a baissé de, respectivement, 8,6% (à 9,48 millions de barils) et 12,8% (à 1202, 5 millions de m3), jusqu'au 20 juillet 2016. » C'est le constat officiel qui nous rappelle à la réalité et nous incite à ne pas trop présumer de nos ressources naturelles. En outre, on s'attend à ce la production pétrolière connaisse une baisse de 10 % à la fin de cette année par rapport à 2015. Ainsi, le volume de production atteindra 2,14 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) contre 2,37 millions de tep en 2015. Arrêt de l'exploration ? Ce qui pourrait expliquer ce marasme au niveau du secteur, c'est la baisse du nombre de permis d'hydrocarbures. Ce dernier (selon des sources officielles) a atteint 29 permis jusqu'au 20 juillet 2016, dont 28 de recherche et de prospection, après la fin de la durée de validité du permis de prospection « Mateur » (7 février 2016). Sans que l'opérateur honore ses engagements contractuels en matière de travaux. Fin de validité, également, pour le permis « Fikirin» à cause de sa non-transformation en un permis de recherche. Alors qu'il y a quelque temps, il y avait 49 permis accordés, actuellement ils ne seraient que 36. L'exploration s'est arrêtée ou presque. En 2011, on a enregistré le forage de 11 puits alors qu'en 2014 il n'y en a eu que 3 ! En raison aussi des troubles enregistré à Kerkennah (Petrofac) ou dans les champs pétrolifères du Sud, la production a été largement perturbée et les intentions d'investissements sont restées inopérantes. L'état d'attente et d'indécision a créé un climat peu propice au développement de la production. Selon les experts (les vrais et non ceux qui ont orchestré la campagne « où est le pétrole ?), notre production ne cesse de diminuer à raison de 10 % par an en moyenne. En 2009, notre potentiel était de 81 mille barils/jour. En 2015 il tombe à 55 mille barils/jour. On tournerait, aujourd'hui, à 51 mille barils/jour. Les dernières perturbations dans la région de Kébili avaient, quasiment entraîné l'arrêt de la production de deux puits. En réalité, le secteur énergétique est un secteur stratégique et c'est pourquoi il y a des gens qui cherchent à le freiner pour mettre à genoux notre économie. Les prétextes de corruption et d'injustice constituent le fer de lance de cette action. Car, quand bien même ces accusations de mauvaise gestion et de corruption seraient vraies, il n'y a pas de raisons pour en rajouter et bloquer toutes les issues. Il ne pourrait s'agir, dans ce cas, que d'un crime contre la Nation.