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La chéchia tunisienne : Donner une seconde vie à un accessoire en déclin
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 05 - 2024

Nos arrière-grands-pères, nos grands-pères, nos pères l'ont portée. Il s'agit de cette fameuse calotte en laine rouge vermillon, la chéchia, menacée d'extinction et qui est aujourd'hui candidate au label «Appellation d'origine contrôlée» (AOL).
Du petit paysan vivant dans les confins du pays jusqu'aux plus hauts dignitaires de l'Etat, la chéchia a vécu une incroyable aventure, traversant les siècles avec panache avant de s'éteindre à petit feu. Il y a eu, comme le mentionne Mika Ben Miled dans son livre «Le petit livre de la chéchia», la chéchia beylicale, la chéchia syndicale, la chéchia politique et la chéchia portée par les citadins et les gens de la campagne. D'Ahmed Bey à Lamine Bey en passant par Sadok Bey et le prince Ali Bey, la chéchia beylicale a coiffé avec classe et élégance les têtes des dirigeants de la dynastie beylicale arborant des décorations et des motifs cousus en fil d'or et ornée d'un long gland de soie, de couleur noire ou bleue, qui la différencie de la testouriya qui est une petite chéchia simple de forme cylindrique que portaient les citadins en ville. Cette chéchia originaire de Testour va prendre une portée politique et coiffer la tête des nationalistes et des syndicalistes au lendemain de l'indépendance. Le leader Habib Bourguiba, son adversaire et ancien secrétaire général du Néo-Destour, Salah Ben Youssef, ainsi que tous les membres du premier gouvernement tunisien constitué après l'indépendance arboraient fièrement ce couvre-chef qui s'impose rapidement comme un symbole de l'appartenance et de l'identité nationale. Refusant d'afficher tout signe extérieur de richesse contraire aux valeurs et aux idées qu'ils défendent, le syndicaliste Farhat Hached et ses compagnons portent une chéchia en laine rouge vermillon, simple de forme cylindrique et dépourvue de tout motif décoratif ainsi que du gland en soie qui la caractérise.
Une activité qui bat de l'aile
Aussi bien en ville qu'à la campagne, la chéchia finit par s'imposer pour devenir l'accessoire indispensable des hommes qui ne s'en séparent que rarement. Mais d'où vient notre fameuse chéchia ? Les historiens racontent que la fabrication de la chéchia a connu son essor avec la venue en Tunisie des morisques musulmans andalous chassés d'Espagne après la prise de Grenade lors de la Reconquista. Ils auraient, en effet, rapporté dans leurs baluchons ce savoir-faire dans lequel ils excellent. La construction des principaux souks des chéchias situés au niveau des rues de La Kasbah et Sidi Ben Arous sous le règne des beys de la dynastie mouradite et l'organisation, par la suite, des bonnetiers (chaouachia) sous forme de corporation sous le règne de Hammouda Ben Ali Bey va permettre à cette activité de devenir florissante et d'atteindre son apogée en devenant la deuxième activité artisanale qui rapporte le plus d'argent à la Tunisie grâce au franc succès que va avoir l'exportation de la chéchia de l'autre côté de la Méditerranée. Sa fabrication qui semble, de prime abord, simple, est beaucoup plus complexe que l'on ne le croit et nécessite l'exécution de plusieurs tâches qui exigent une parfaite maîtrise de chaque opération, à savoir la préparation de la laine, le filage, la teinture, le cardage, le foulage... Aujourd'hui, l'activité de fabrication de ce couvre-chef bat de l'aile et les souks, dont la plupart des boutiques ont fermé, affichent grise mine. Une poignée d'artisans continuent à faire de la résistance et veillent à préserver ce savoir-faire afin d'éviter que la chéchia ne tombe dans l'oubli. Sa candidature au label «Appellation d'origine contrôlée» lui donnera sans conteste une seconde vie.


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