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Entretien des barrages : le nettoyage coûte trois fois plus cher que la construction de nouveaux barrages
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 03 - 2025

Un ouvrier marche devant une roue de turbine demontee a la centrale de Bieudron, en bas de la conduite forcee Cleuson-Dixence, le jour de la remise en service de Bieudron et des 60 ans de Grande Dixence ce vendredi 30 avril 2009 a Nendaz, Valais. Le chantier de rehabilitation du puits blinde de l'amenagement hydro-electrique d' Alpiq, Cleuson-Dixence est termine. La remise en service des installations arretees depuis l'accident de decembre 2000 a eu lieu. (KEYSTONE/Laurent Gillieron)
À l'occasion de la journée internationale de l'eau, la Tunisie, comme de nombreux pays de la région MENA, fait face à une crise hydrique persistante. Malgré une saison relativement pluvieuse, la situation demeure fragile. "Nous avons actuellement 841 millions de mètres cubes d'eau dans les barrages, soit un taux de remplissage de 35,5 %", précise Abdallah Rebhi, ancien secrétaire d'Etat et expert en gestion de l'eau. Une légère amélioration par rapport à l'année précédente, mais toujours inférieure à la moyenne historique.
Située dans l'une des zones les plus exposées au stress hydrique mondial, la Tunisie dispose de ressources limitées. "Nous vivons dans une région où l'eau est une ressource rare. La zone arabe couvre 10 % de la surface du globe, mais ne reçoit que 2 % des précipitations mondiales", rappelle Rebhi. Le pays est classé sous le seuil de "pénurie extrême", avec une dotation individuelle moyenne de 420 mètres cubes par an, bien en dessous du seuil critique de 1 000 mètres cubes défini par les Nations Unies.
L'approvisionnement en eau repose largement sur les barrages et les aquifères souterrains, mais l'ensablement des barrages réduit leur capacité de stockage. "Certains barrages, comme celui de Sidi Salem, ont vu leur capacité de rétention chuter à 29 %", souligne l'expert. La sédimentation, amplifiée par la surexploitation des sols et l'érosion, complique la gestion des infrastructures hydrauliques. Le nettoyage de ces barrages représente un défi financier majeur, son coût étant trois fois supérieur à celui de la construction d'un nouveau barrage.
Depuis les années 1980, la Tunisie a mis en place un système de transfert des eaux permettant d'acheminer l'eau du Nord vers le Centre et le Sud. "L'eau du barrage de Sidi El Barrak voyage sur 600 kilomètres pour alimenter Sfax", rappelle Rebhi. Toutefois, ce modèle est mis à rude épreuve par la demande croissante et la raréfaction des ressources disponibles.
Vers des solutions durables ?
Face à ces défis, plusieurs pistes sont envisagées. L'une des priorités reste la modernisation du réseau de distribution pour réduire les pertes, qui atteignent parfois 50 %. "Nous devons impérativement améliorer l'efficacité du réseau, car perdre un litre d'eau aujourd'hui, c'est compromettre notre avenir", insiste l'expert. Parallèlement, la réutilisation des eaux usées et le dessalement de l'eau de mer apparaissent comme des alternatives prometteuses. Des stations de dessalement, comme celle de Djerba, sont déjà en service, et d'autres projets sont en cours à Sfax et dans d'autres régions.
L'innovation constitue également un levier à exploiter davantage. Certains pays voisins, comme l'Algérie, transforment la vase extraite des barrages en matériaux de construction. "En Algérie, la vase extraite des barrages est transformée en briques écologiques", indique Rebhi. Une telle démarche pourrait être adoptée en Tunisie afin de concilier maintenance des infrastructures et développement durable. D'autres pays explorent des techniques avancées de filtration et de récupération des sédiments pour les utiliser en agriculture ou pour restaurer les sols dégradés.
Par ailleurs, l'impact économique et social du stress hydrique est une réalité qu'il convient de prendre en compte. La raréfaction de l'eau a des conséquences directes sur l'agriculture, qui occupe une place importante dans l'économie nationale. La baisse des ressources en eau pourrait réduire les surfaces cultivables, accroître les coûts pour les agriculteurs et provoquer une hausse des prix des denrées alimentaires. L'industrie et le tourisme, fortement dépendants d'un approvisionnement stable, pourraient également subir les effets de cette situation.
Malgré ces avancées, la question de l'eau peine à être considérée comme une priorité nationale à la hauteur de son importance vitale. "L'eau est un enjeu géopolitique majeur : des conflits éclatent à travers le monde à cause de sa gestion. En Tunisie, nous devons prendre conscience que notre sécurité hydrique est en jeu", alerte Rebhi.
Si des stratégies existent et que des actions sont entreprises, la gestion de l'eau en Tunisie reste un défi permanent. Les solutions ne pourront être pleinement efficaces sans une véritable mobilisation collective et une planification stratégique plus rigoureuse. Dans un pays où "sans eau, il n'y a pas de vie", comme le rappelle l'expert, il est urgent d'agir.


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