30.000 titres, 13.000 heures d'enregistrement, les voix de Fathya Khaïri, Cheïkh El Afrit, Chafia Rochdi, Ahmed Hamza, comme si vous y étiez, dans une salle d'écoute hightech, rutilante de modernité, dotée des derniers équipements en matière d'ordinateurs, téléviseurs, casques d'écoute, tablettes... Tel est le merveilleux cadeau qu'offre le Palais D'Erlanger aux visiteurs. La voix tremble au cœur des crachotements, le son arrive de loin, un peu brouillé, mais audible. Et terriblement émouvant. Ainsi Fattouma chantait «Frag Ghzali» il y a de cela plus d'un siècle. 1903, telle est la date de ce premier enregistrement récupéré et disponible dans la toute nouvellement aménagée salle d'écoute de la phonothèque nationale du Centre des musiques arabes et méditerranéennes du Palais Derlanger. Il fut enregistré sur phonographe par un musicologue allemand. 30.000 titres, 13.000 heures d'enregistrement, les voix de Fathya Khaïri, Cheïkh El Afrit, Chafia Rochdi, Ahmed Hamza, comme si vous y étiez, dans une salle d'écoute hightech, rutilante de modernité, dotée des derniers équipements en matière d'ordinateurs, téléviseurs, casques d'écoute, tablettes... Tel est le merveilleux cadeau qu'offre le Palais D'Erlanger aux visiteurs. On savait le trésor du Centre inestimable. Les collections venaient de dons recueillis auprès de mélomanes privés qui offraient, soit des originaux, soit la possibilité de copies. Pour exemple, Si Salah El Mahdi, l'inoubliable Zeryab, avait fait don de 1.600 disques. Une autre partie de la collection provenait de phonothèques étrangères, françaises, allemandes ou autrichiennes, fruit de longues années de quête. Mais il était jusque-là peu accessible, ouvert aux seuls chercheurs, et difficilement consultable. Aujourd'hui, grâce à l'initiative de Samsung, dont on soupçonne que les décideurs soient des mélomanes, et au vu d'un partenariat public-privé bien compris, les amoureux de la musique pourront accéder à ce trésor phonographique conservé dans ce centre. Bien sûr, il faut le mériter, la salle d'écoute étant nichée tout au sommet d'une volée d'escaliers de deux très hauts étages. Mais tout là haut du magnifique palais, l'architecte a eu le mérite d'intégrer cet espace de partage dans le plus total respect des lieux. C'est sobre, épuré, intimiste et élégamment harmonisé à l'identité de l'environnement.