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La société civile soutient Faïza Souissi
Sfax – Crise au sein de l'école primaire Okba Ibnou Nafâa
Publié dans La Presse de Tunisie le 19 - 09 - 2017

L'institutrice a été agressée verbalement par des «barbus», qui ont semé la pagaille dans l'enceinte de l'école.
La crise bat son plein à l'école primaire Okba Ibnou Nafâa, Cité El Bahri III, à Sfax où le conflit opposant l'institutrice Faïza Souissi à un groupe de parents d'élèves, persiste depuis le vendredi 15 septembre, date de la rentrée scolaire.
Cependant, ce qui était une affaire individuelle, a pris une ampleur insoupçonnée en raison de la dimension et de l'arrière-plan idéologique qui lui sont prêtés. En effet, un grand nombre d'associations de la société civile, dont le fer de lance, l'Association des femmes démocrates, la Ligue régionale des Droits de l'homme, section Sfax, les parties politiques progressistes, ainsi que l'Ugtt, ont pris fait et cause pour l'enseignante, accusant à leur tour l'administration de laxisme, voire de passivité, dans la mesure où elle aurait failli à son devoir de protéger une fonctionnaire qui relève de son autorité et qu'elle s'est pliée au diktat d'un groupe de «barbus», qualifiés de fanatiques, qui plus est ont fait entrave au droit au travail de la victime en question et paralysé le fonctionnement d'un service public, en l'occurrence l'école primaire précédemment citée.
On apprend que, pour leur part, les parents opposés au retour de l'institutrice, nient toute motivation ou dimension idéologique ou politique à leurs contestations, comme véhiculé par les médias, justifiant leur attitude par des problèmes relationnels entre l'intéressée et ses élèves, en plus de problèmes de communication avec les parents et les éducateurs.
Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire, devenue affaire d'opinion, voilà un petit rappel des faits. Selon des sources concordantes, le 15 septembre, jour de la rentrée scolaire, l'institutrice Faïza Souissi a été évacuée en catastrophe, sous escorte sécuritaire, de l'école où elle exerce, sous la pression d'un groupe de parents qui l'ont prise pour cible, l'arrosant d'invectives et la traitant d'athée et de mécréante. La situation, s'envenimant à la suite de l'arrivée de syndicalistes et des prises de bec avec les parents protestataires, il a fallu l'intervention d'agents de sécurité pour escorter l'institutrice — et les membres du syndicat — et l'aider à évacuer les lieux.
Dans un communiqué rendu public, l'Association des femmes démocrates à Sfax, tout en opposant son démenti aux informations selon lesquelles c'était Faïza Souissi qui était à l'origine de la perturbation des cours, a dénoncé les agressions perpétrées à l'encontre de l'enseignante, membre de l'association, par des «barbus» qui avaient semé la pagaille dans l'enceinte de l'école. Elle a par la même occasion exprimé son soutien à l'institutrice en question et appelé les autorités régionales à mettre fin à ces agissements moyenâgeux ciblant chaque année des enseignants hommes et femmes, et envenimant le climat au sein des institutions éducatives. L'association appelle aussi les autorités à engager des poursuites judiciaires à l'encontre des agresseurs et à assurer la protection des éducateurs et de l'institution scolaire.
L'Association des femmes démocrates à Sfax stigmatise également les déclarations prêtées au commissaire régional à l'Education à Sfax 1, faisant des révélations sur «des problèmes psychologiques et des difficultés de communication», en parlant de l'institutrice en question, et affirmant que cette dernière a la possibilité de demander sa mutation mais que, au cas où elle s'obstinerait à rester dans le même établissement , elle ferait l'objet d'une mesure de suspension de ses fonctions et serait traduite devant le conseil de discipline dans le but d'assurer sa sécurité. D'un autre côté, le même responsable a démenti les accusations d'athéisme et de pratiques sataniques portées à l'encontre de l'enseignante, soulignant que cette dernière est l'un des piliers de l'école, mais que certaines parties usent de tous les moyens pour se débarrasser d'elle.
Ces déclarations présumées du commissaire régional à l'Education à Sfax 1, ont soulevé l'indignation aussi bien de l'Association des femmes démocrates que celle d'activistes et de militants de la société civile.
On apprend aussi que le ministère de l'Education a rendu public un communiqué dans lequel il met l'accent sur son entière confiance en le corps éducatif et réitère son appel à le respecter. Tout en considérant que l'évaluation de la mission et du travail pédagogique qui est confiée aux enseignants dans le cadre de leur spécialité est une prérogative exclusive du ministère de tutelle et que personne n'a le droit de s'y mêler de n'importe quelle façon que ce soit. Le communiqué dénonce «les événements qui ont eu lieu à l'école primaire relevant de la compétence territoriale du commissariat régional à l'Education à Sfax 1 et stigmatise ce qui est arrivé à Mme Faîza Souissi, estimant qu'il s'agit d'une agression inadmissible.
Le ministère porte à la connaissance de tout le monde sa décision d'ouvrir une enquête à l'école primaire cité El Bahri III, à Sfax, dans le but de faire la lumière sur cette affaire et de déterminer les responsabilités en vue d'éviter de tels agissements à l'avenir.
Le ministère de l'Education ouvre une enquête
Le ministère de l'Education a dénoncé «l'agression inacceptable» de l'institutrice Faïza Souissi à l'école primaire Okba Ibn Nafaa à la cité el-Bahri III à Sfax, précisant qu'une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l'incident et les responsabilités de chacun.
Il rejette, dans un communiqué publié lundi, «toutes formes de violences verbale, morale ou physique à l'encontre des enseignants», appelant les parents d'élèves à assumer leur rôle en tant que partenaires à part entière du système éducatif.
Vendredi, jour de rentrée scolaire, l'institutrice Faïza Souissi a été agressée et empêchée par la force d'entrer en salle de classe par des parents d'élèves qui l'accusaient d'athéisme et d'avoir «une mauvaise influence» sur leurs enfants.
Le commissaire régional à l'Education à Sfax 1, Mohammed Ben Jemaâ, avait déclaré aux médias que le commissariat veille à résoudre ce problème en partenariat avec les différentes parties éducatives et sociales, notamment le syndicat de l'enseignement secondaire, l'administration de l'école et les instituteurs.
«Nous enquêtons également sur les accusations d'athéisme et de pratiques sataniques», a-t-il indiqué, tout en écartant cette éventualité. Il a en outre rappelé que l'institutrice en question a une carrière de plus de 33 ans dans l'enseignement, dont 10 ans dans cette même école.
Le délégué à l'Education a, par ailleurs, précisé que les agresseurs sont «des parents en conflit avec l'institutrice depuis l'année scolaire écoulée», niant qu'ils sont des extrémistes religieux, comme le montre la vidéo de l'agression relayée sur les réseaux sociaux.
«Il ne faut pas politiser l'incident. Le plus important reste l'intégrité de l'institutrice et de l'école», a-t-il insisté.
Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont condamné l'agression et exprimé leur soutien à l'institutrice Faïza Souissi, mettant en garde contre «les dangers et les répercussions de telles dérives».
Les instituteurs de Sfax ont également dénoncé l'agression et manifesté leur soutien à leur collègue en décidant de suspendre les cours pendant deux heures, hier lundi, en signe de protestation, rappelant que l'école doit rester à l'écart de toute instrumentalisation politique et idéologique.


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