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Le risque de déséquilibres persiste
Budget Economique 2018
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 11 - 2017

Dans la foulée du débat sur le projet de loi de finances 2018, la capacité de l'Etat à honorer ses engagements en termes de dépenses publiques et d'endettement extérieur a été mise en doute. D'autant plus que la performance du gouvernement en termes de budget économique pour l'année en cours a montré un large décalage entre les prévisions sur lesquelles a été établi ce budget et la réalité des réalisations. Une situation qui risque de se répéter en 2018, selon une étude réalisée récemment par l'association Solidar Tunisie
«Les conséquences du déficit budgétaire et du déficit courant ont été fatales sur l'endettement qui a atteint des niveaux records. Pour la première fois, la Tunisie s'est endettée en 2017 pour financer les dépenses de fonctionnement de l'Etat. Le budget économique 2018 vise à redresser ces déséquilibres. Toutefois, sur de nombreuses questions, il procède de la même logique que le budget économique 2017 au risque d'avoir des performances similaires et de ne pas réaliser les objectifs qu'il s'est assigné», affirme Salma Zouari, auteur de l'étude.
En fait, la réalisation du schéma de croissance 2018 tel que prévu induirait un déficit courant important de 8,2%, un encours de la dette excessif de 72,3%, un taux d'inflation croissant de 5,8% et sensiblement supérieur à celui projeté par le plan (3,6%), selon l'étude.
Des déséquilibres qui risquent de rendre encore plus difficile les efforts de relance économique et de constituer une réelle entrave pour la réalisation des prévisions de croissance.
Il faut dire que la conception de tout budget économique repose sur un nombre de variables, à savoir l'évolution probable de l'environnement international, la situation anticipée du pays durant l'année en cours, des objectifs assignés pour l'année concernée et des politiques mises en œuvre et les dispositions de la loi de finances. Ces variables contrôlent en grande partie la performance du budget économique. Et dans le contexte économique difficile, leur impact est très important et pourrait renverser toutes les prévisions.
Indicateurs inquiétants
En ce qui concerne l'environnement international, l'étude de Solidar Tunisie indique que l'année 2018 sera caractérisée par une légère augmentation des taux de croissance dans le monde, soit 3,6% en 2018 contre 3,5% en 2017, avec des projections de diminution de la croissance en Union Européenne (1,7% en 2018 contre 1,9% en 2017). Ce qui n'est pas en faveur de l'économie tunisienne. Il s'agit également du ralentissement du rythme de la croissance des échanges internationaux, soit 3,9% en 2018 contre 4% en 2017. De même, le taux d'inflation dans les pays industrialisés passera de 1,9% en 2017 à 1,8% en 2018. L'inflation importée reculera légèrement.
Le prix du baril est un élément principal dans la détermination des différents équilibres économiques. Il est prévue qu'il atteigne 53 dollars en 2018, mais les déséquilibres dans le marché mondial peuvent fausser cette estimation surtout le prix moyen du baril qui s'est élevé en septembre 2017 à 56 dollars et que le projet de la loi de finance 2018 a adopté un prix de 54 dollars, d'après l'étude.
Au niveau de l'économie nationale, ses performances durant les premiers mois 2017 ont été en deçà des objectifs escomptés. On prévoit pour la fin de l'année un taux de croissance de 2,2% contre 2,5% escompté, un taux d'investissement de 19,5% contre 19,9% prévu, un déficit courant de 9% supérieur aux prévisions de 8,1% et un taux d'inflation de 5,2% plus élevé que les 3,6% prévus. Ajoutons à cela la persistance du chômage, des inégalités dans le développement territorial et l'inefficacité des politiques publiques.
Rythme lent de la croissance
Tant de difficultés qui évoquent des défis colossaux à affronter en 2018 ayant trait au redressement des déséquilibres macroéconomiques et à l'avancement dans les réformes structurelles afin de débourser les tranches programmées pour le soutien du budget de l'Etat par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Ajoutons à cela l'accélération de l'exécution des grands projets, l'actualisation des études et l'identification des projets pour le Partenariat public privé, l'amélioration de l'efficacité des programmes sociaux afin de réduire les déséquilibres des caisses et le déficit budgétaire ainsi que la réactivation des programmes de développement régional.
Selon l'analyse de Solidar Tunisie, le taux de croissance visé par le budget économique 2018 est de 3%, bien en deçà de l'objectif prévu par le plan de développement de 4,4%. Mais disons que le schéma de croissance prévoit une accélération du rythme de croissance dans tous les secteurs d'activité hormis les services non marchands. Au niveau de l'administration, la croissance sera de 0,7% à l'instar de l'année 2017. Le secteur productif connaîtra une accélération de la reprise avec un taux de croissance de 3,6% pour les activités marchandes contre 2,4% en 2017.
Le secteur de l'agriculture et de la pêche connaîtra également une évolution de 5,5% contre 2,3% en 2017, avec une anticipation sur le doublement de la production des olives à huile pour atteindre 1.000 tonnes et l'augmentation de la production des céréales de 18%. Seulement, ces prévisions dépendent largement des conditions climatiques, selon l'étude.
De même, le budget économique 2018 prévoit une amélioration des indicateurs des industries non-manufacturières, notamment les activités minières, pour enregistrer un taux de croissance équivalent à celui des services marchands. Ce qui impacterait les industries chimiques et le taux de croissance des industries manufacturières.
Résistance de la consommation
Mais d'après l'étude, ces prévisions semblent optimistes surtout parce que le taux de croissance des industries non-manufacturières durant le premier semestre 2017 était à -2,6%. D'où un risque de ne pas retrouver leur élan positif, surtout avec la lenteur dans l'amélioration de la part des énergies renouvelables dans la production énergétique et la crise que vit le secteur du bâtiment et des travaux publics.
D'un autre côté, l'analyse a montré que l'augmentation des salaires et des recrutements dans la fonction publique a grandement impacté la consommation. Bien que le budget économique 2017 ait tablé sur une baisse vertigineuse de la consommation, les résultats ont été inférieurs aux attentes. Pour l'année 2018, le budget économique prévoit la poursuite de la baisse, bien que la part consommée du PIB soit estimée à 90%, qui est une valeur très élevée.
A prix courants, la consommation publique augmentera de 8,1% et la consommation privée de 8,5%. La consommation totale croîtra de 8,4% contre un taux anticipé de 7,6% en 2017, indique l'étude. Une situation qu'on prévoit d'affronter à travers une politique monétaire plus restrictive qui rend plus onéreux l'accès des ménages au crédit et qui peut impacter négativement leur consommation.
Le projet de loi de finances 2018 englobe également des mesures qui pourraient avoir un impact sur la consommation, à travers la maîtrise des salaires publics, la rationalisation des dépenses de compensation, l'accroissement des taux de la TVA, des droits de douanes et du droit de la consommation. Ajoutons à cela des taux d'impôts directs plus élevés et des taux de la retenue à la source libératoire sur les dividendes distribués aux personnes physiques.
Pour la Formation brute du capital fixe (Fbcf), il est prévu qu'elle augmente de 7,6% en 2018 contre 2,1% en 2017 sous l'effet de la loi sur l'investissement, l'amélioration du climat des affaires et le regain de confiance en la Tunisie. En dinars courants, l'augmentation sera de 13% en 2018 contre 6,7% en 2017. Selon l'analyse, le budget économique 2018 prévoit des investissements légèrement inférieurs à ceux prévus par le plan de développement 2016-2020 et qui sont plus importants par rapport aux réalisations de l'année 2017.
Ces investissements concerneront essentiellement les industries non manufacturières, soit +29,5 à prix courant, et manufacturières à 18,5%. Toutefois, on prévoit des investissements publics de 5.734 MDT avec 500 MDT à réaliser dans le cadre du Partenariat public privé. L'étude de Solidar Tunisie y voit des signes de réduction des marges de manœuvre de l'Etat en faveur d'une plus grande implication du secteur privé et de l'attraction des Investissements directs étrangers (IDE).
Des sous-estimations
S'agissant du commerce extérieur, on indique que le budget économique 2017 a sous-estimé les importations des biens et services qui ont augmenté à un rythme inférieur à celui du PIB. Une sous-évaluation qui pourrait être enregistrée en 2018, surtout avec les anticipations de l'accroissement des prix des hydrocarbures et la poursuite du glissement du dinar.
Une situation à laquelle on a voulu pallier par les nouvelles dispositions du projet de loi de finances 2018, avec l'augmentation des droits de douane sur certains produits. Mais ces dispositions peuvent avoir un effet limité, selon l'étude, si elles ne sont pas accompagnées de mesures de lutte contre la contrebande et contre les importations informelles et de mesures de promotion de la consommation des produits locaux. «Des restrictions sur les importations des biens d'équipements et des produits intermédiaires ou sur des biens sans substituts locaux seront contreproductives, elles auront un effet pervers sur la croissance économique», note l'étude.
Ainsi, on prévoit que le déficit de la balance des biens et services reste en 2018 supérieur à 10% et pèsera sur le déficit courant qui tient compte des mouvements de revenus et des transferts courants. Celui-là même qui ne devrait pas dépasser les 8,1% du PIB, selon le budget économique 2018. Mais l'analyse indique qu'il est difficile de réaliser ce taux à cause du creusement du déficit commercial, résultat de l'aggravation du déficit énergétique et du déficit alimentaire.
Au niveau du déficit budgétaire, on estime qu'il sera réduit à 4,9% du PIB contre 6,1% attendu en 2017. Mais on estime que le projet de loi de finances 2018, tablant sur une pression fiscale de 22% du PIB, risque d'être contre-productif comme en 2017. De même pour la dette publique qui, selon les prévisions de réduction des déficits en 2018, sera de 72,3%. L'étude souligne que malgré la diminution de la part des emprunts consacrée au financement des investissements publics, une grande part des emprunts contractés est allouée au remboursement de la dette. Ainsi, les dettes contractées financent une bonne partie des dépenses de fonctionnement, pour la période 2017-2018.
En ce qui concerne la tendance inflationniste, le budget économique 2018 prévoit de la contenir à 5,8%. Mais il est à craindre que ce taux anticipé ne soit dépassé, vu que les indicateurs précédents (prix projetés, emplois) sont supérieurs aux ressources (PIB).
Pour ce qui est de la création d'emplois, on l'estime à 71 mille, entre 51 mille nouveaux emplois et 20 mille à créer dans le cadre de la politique active de l'emploi. On estime qu'avec un taux de croissance de 3%, on pourrait créer 23.600 emplois par an par point de croissance. En 2017, bien que les prévisions aient tablé sur la création de 73 mille emplois, cet objectif n'a pu être réalisé qu'à hauteur de 29,3% durant le premier semestre.
En se référant à la période 2001-2010, où il y a eu la création de 16.100 emplois par point de croissance (4,5% à l'époque), l'analyse estime que l'économie nationale ne pourra créer que 48.300 emplois, pour un taux de croissance de 3%. Ce qui signifie que le défi de l'emploi restera encore une des principales préoccupations du gouvernement actuel, surtout avec un rythme de croissance peu favorable à la création de nouveaux emplois.


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