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La loi du silence demeure
Viol d' un écolier dans un établissement primaire d'Ezzahra
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 02 - 2018

Un enfant de huit ans aurait été violé la semaine dernière dans une école primaire d'Ezzahra par un de ses camarades. Retour sur un phénomène de société complexe.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, le nombre d'enfants victimes d'abus sexuels aurait triplé entre 2013 et 2016 et trois cas de viols seraient en moyenne enregistrés par jour.
Dans une école primaire d'Ezzahra, dans la banlieue sud de Tunis, un enfant de huit ans aurait été violé, la semaine dernière, dans les toilettes de l'établissement par un de ses camarades plus âgés. Pour Moez Cherif, président de l'Association tunisienne de défense des droits des enfants, le viol des enfants n'est en rien un phénomène nouveau :
"Les tabous commencent à se lever autour de la question du viol des enfants en Tunisie, il n'est pas question, ici, d'une augmentation des fréquences mais d'une importante médiatisation". Si le recensement des viols semble augmenter, cela montre surtout que la parole de l'enfant et de la famille se libère.
Le viol suscite encore la honte
Seulement, cette relative libéralisation de la parole se voit freinée par des réflexes culturels ancrés au sein d'une société patriarcale et phallocrate, c'est en effet, ce que dénonce Moez Cherif : "1% de ces crimes n'aboutit pas à une véritable condamnation. La notion de droit de l'enfant est récente et mal intégrée dans les mentalités.
Au sein d'une société machiste, l'honneur familial prime la parole de l'enfant", assure-t-il, "Les agressions se produisent majoritairement dans les milieux éducatifs et familiaux. La plupart des familles retirent leur plainte pour protéger leur honneur. C'est un phénomène culturel qui est encore dur à combattre. La société minimise les impacts psychologiques d'un viol sur l'enfant !"
Les conséquences d'un viol sont pourtant désastreuses. Pas encore conscient de la dimension sexuelle de l'acte, l'enfant comprend la violence de l'agression sans pour autant pouvoir la matérialiser. De son côté, Mehyar Hamadi, délégué général à la protection de l'enfance, veut mettre en place dans les établissements scolaires, un suivi psychiatrique et un mécanisme de contrôle pour protéger davantage les enfants : ‘'Il s'agit pour nous de mener des campagnes de sensibilisation et surtout de continuer à faire suivre les enfants". L'enfant violé la semaine dernière à Ezzahra bénéficiera lui aussi d'un suivi psychologique.
Un manque d'éducation sexuelle
Si le gouvernement lutte activement contre ce phénomène et met à disposition un code de protection des droits de l'enfance, la société civile n'est pas encore prête. Selon la loi, la maturité sexuelle s'obtient à l'âge de 16 ans, une mesure presque "schizophrène" pour Moez Cherif : "Aujourd'hui, on responsabilise sexuellement l'adolescent alors qu'il ne reçoit pas d'éducation sexuelle, sachant que les relations sexuelles hors mariage sont prohibées. On ne lui donne pas les clés nécessaires pour connaître sa sexualité, ce qui favorise les comportements déviants ". Moez Cherif assure, en effet, que nombreux sont les agresseurs âgés de 16 à 18 ans.
Si les affaires de viols sont de plus en plus médiatisées, le phénomène reste complexe et épineux. Bousculer la société dont l'ancrage culturel préfère taire la honte plutôt que de laisser exprimer ce que Moez Cherif appelle : "le citoyen silencieux", est un défi difficile à relever dans le court terme.


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