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Faut-il recourir à la protection militaire ?
Bassin minier
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 03 - 2018

La « militarisation » des sites de production est-elle, finalement, la solution idoine pour apporter le déclic ? Difficile de se hasarder à apporter une réplique affirmative à cette question, mais faut-il rappeler que la plupart des sites de production jouxtent des agglomérations et certains se situent dans le périmètre communal.
Pour ceux qui font des chiffres une religion, un grand trust de notre économie — la CPG — est en train de s'écrouler et le langage des chiffres est là pour nous rendre à l'évidence : la descente aux enfers s'accélère à une vitesse vertigineuse et le temps n'est plus aux lamentations, pour dire que la loi de Machiavel, qui veut que la fin justifie les moyens, devrait servir de fil conducteur à la recherche d'une échappatoire pour un marasme devenu une épine dans le pied des décideurs politiques. Mais faut-il que chacun fasse sa mea culpa...
Venons-en à ce langage des chiffres qui hante les esprits et qui doit servir d'épée de Damoclès pour exciter la conscience avant que la facture ne soit salée (...)pour un secteur menacé par la crainte imminente de s'enliser davantage et faire par voie de conséquence sa métastase sur une économie agonisante .
Avec une courbe de production en dents de scie depuis l'après-14 janvier 2011, dansant au rythme d'une violente vague de revendications sociales, le coup de frein subi par les différents sites d'exploitation en arrêt depuis 43 jours entraîne une perte journalière de 15.000 tonnes traduites par un manque à gagner estimé à 1 million de dinars, et ce n'est nullement l'unique perte.
La crainte pour la CPG de ne pas pouvoir honorer ses engagements envers ses clients accentue l'éventualité de les voir lui tourner le dos à un moment où le prix flamboyant du phosphate dans le monde fait couler la salive d'autres producteurs qui applaudiront à coup sûr l'aggravation de la crise du bassin minier. La Jordanie avance à pas de géant et vient de rallier le top 10 des grands producteurs de phosphate en occupant le 6e rang avec plus de 7 millions de tonnes /an. Elle a bousculé en 2016 la hiérarchie en pointant à la 2e place des exportateurs du brut avec une hausse de 20,4 % pour des ventes de 371 millions dinars (source :Banque mondiale )
Le déficit accusé par la CPG en 2017 s'élève à 200 millions de dinars avec une production de 4,7 millions tonnes de phosphate ; alors qu'on tablait sur 6,5 millions tonnes et de là à dire que les clignotants ont viré déjà au rouge. L'embargo qui frappe la production depuis le 20 janvier dernier s'est fait ressentir aussi sur l'approvisionnement du GCT à Mdhilla et Gabès, contraint à passer au chômage forcé depuis le 5 février dernier, faute de provisions avec la crainte de voir s'envoler son client stratégique : le Bangladesh. Face à cette crise, le Groupe chimique n'est pas mieux loti puisque des signes d'essoufflement sont apparus en 2017 avec un déficit de 200 millions de dinars, alors que 2 millions de dinars sont comptabilisés dans la même case depuis le début de l'année en cours.
Face à l'irrégularité de fonctionnement de ses usines, le Groupe a dû, il y a un mois, réfléchir à l'éventualité du recours à l'importation du phosphate du Maroc, laquelle solution fut rejetée par le trust. Un cadre de la CPG a indiqué à La Presse les aléas de ce mode d'approvisionnement : « Le Maroc fait de la vente sur sites alors que la compagnie assure la livraison à son client. Or le transport bute sur des difficultés énormes à cause des sit-in. Il y a aussi l'acheminement du phosphate de l'étranger par voie maritime, ce qui va soulever un tollé auprès de la société civile qui ne va pas se contenter d'applaudir la démarche et pour finir le Groupe ne doit pas espérer acheter le minerai au même tarif ». Dans ce sens, il y a lieu de signaler que les réserves de la CPG peuvent assurer un tour de manivelle des unités du GCT pour 3 mois avec un stock de 1 million de tonnes à Redeyef et 600 mille autres à Moularès mais il y a bloquage à cause de l'interruption du transport ferroviaire et des barrages avec les semi-remorques. La compagnie n'est pas au bout de ses peines : l'indice de gouvernance des ressources naturelles l'a classée au bas de l'échelle mondiale des sociétés actives dans le domaine des industries d'extraction avec une 55e place sur un ensemble de 74 entreprises propriétés de l'Etat.
La crise qui embarque tout le monde sur le même bateau (agents et demandeurs d'emploi) risque de faire des victimes avec le retard dans le virement des salaires du mois écoulé, d'où la campagne lancée « Mannaa el phosphate » sous la forme d'un cri d'alarme. Avec une masse salariale annuelle de 500 millions de dinars dont 144 alloués à la Sttpm et la Société de l'environnement et du jardinage, les incidences de la crise risquent de faire tache d'huile sur le vécu de 30 mille familles dans le gouvernorat. Le round de négociations, pourtant mené d'une main de maître par le SG adjoint de la centrale syndicale, a constitué la dernière bouée de sauvetage d'un secteur mal dans son environnement avec une compagnie donnant des signes de lassitude au grand dam des responsables qui donnent l'impression de jeter l'ancre même si le rivage est encore loin. La « militarisation » des sites de production est-elle, finalement, la solution idoine pour apporter le déclic ? Difficile de se hasarder à apporter une réplique affirmative à cette question, mais faut-il rappeler que la plupart des sites de production jouxtent les agglomérations et certains se situent dans le périmètre communal.


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