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Une ville entre quiétude et inquiétudes
Nabeul
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 01 - 2011

A Nabeul, cette ville touristique et artisanale connue pour son calme et l'esprit pacifique caractérisant ses habitants, les pillages survenus le 12 janvier après la marche pacifique organisée par les jeunes de la ville ont laissé derrière eux des dégâts matériels et humains déplorables.
En effet, un grand hypermarché représentant une enseigne internationale et l'agence Tunisiana ont fait les choux gras des pilleurs après avoir cassé les vitres de la façade et mis le feu aux locaux. Le bureau de poste ainsi que plusieurs agences de banques, une agence d'un fournisseur de services d'internet et l'agence Tunisair, eux aussi, n'ont pas échappé aux pillages et aux actes de vandalismes orchestrés par une bande de voyous étrangers à la ville comme l'attestent les témoignages des citadins de la ville : Ahmed (tailleur, 42 ans) : « J'ai été témoin du commencement des scènes de pillages du côté de l'avenue Habib Bourguiba. Les pilleurs ont débarqué sur l'avenue. Ils étaient dans des voitures de location Renault « Symbole ». Ils étaient tous munis de hachettes, d'épées et de bouteilles de cocktails Molotov. Ils se sont dirigés directement vers l'agence de Tunisiana, un des pilleurs a pris une télé plasma entre ses mains par terre sans voler aucun accessoire, ensuite, il a invité ses compagnons à mettre le feu à la boutique. Cette scène s'est répétée avec les autres agences et au niveau du bureau de la poste. Après avoir volé l'argent liquide, les pilleurs ont mis le feu aux locaux. En revanche, du côté du magasin Electro Nabli, les pilleurs se sont contentés d'entrer par effraction dans les locaux et sortir après quelques saccages laissant derrière eux la voie libre à d'autres pilleurs ».
M. Khaled Ahrès (59 ans, président de l'Association tunisienne de l'agriculture biologique) en témoigne : « C'est vraiment malheureux ce qu'a vécu notre ville. J'ai vécu les évènements du 26 janvier et ils n'ont pas duré 4 semaines comme c'est le cas pour cette fois-ci. Et je me pose la question suivante : qui va payer cette casse ? Personnellement, je pense que l'Etat devrait mettre en place un fonds spécial pour faire face à ces dommages matériels ou attribuer des prêts sans intérêts afin de venir en aide aux commerçants victimes de ces débordements. En parallèle, il faut penser à renforcer les sociétés de gardiennage en les équipant d'armes pour bien assurer la sécurité des locaux dont ils sont en charge. D'autre part, si on a recensé 100 mille chômeurs avant ces évènements, je pense qu'après ces actes de pillage on va grimper facilement à 600 mille chômeurs au compteur. Et pour le mot de la fin, je ne peux être que sans merci contre ces pilleurs. En revanche et avec l'ouverture de la démocratie, il est temps d'assainir le pays contre la corruption qui gangrène son corps ». Mohamed Ali Akermi (21 ans, élève qui suit une formation en climatisation) : « Ce sont des voyous qui ont attaqué notre ville on ne les a jamais vus. Un Nabeulien ne pourrait jamais commettre de tels actes et porter atteinte à la sécurité de sa ville ».
De son côté Mme Takoua Rabbaoui nous dit : « Tous ces actes de vandalisme et de barbarie ne peuvent pas être le fait de nos enfants. Nous les Nabeuliens, sommes des gens qui aimons la paix et vivre dans la sérénité ». Mohamed Ben Amor (27 ans, gérant d'une société): « Durant ces deux derniers jours, on a vécu l'enfer. Je peux vous assurer que les casseurs sont tous originaires des faubourgs de Nabeul. Concernant l'avenir du pays, je pense qu'il est temps de déléguer les responsabilités aux jeunes car il faut dès maintenant préparer la relève et penser à l'avenir ». Farhat Jazi (50 ans, propriétaire d'un restaurant et victime) : « Mon restaurant a été victime comme d'autres locaux de pillage. Après être entrés au poste de police, les pilleurs sont passés par la suite à mon restaurant où ils ont cassé les vitres et volé la caisse. Certes les agents de la police étaient présents mais vu qu'ils étaient une douzaine à cet instant à Nabeul, il était du quasi impossible de gérer la situation et de contrer les pilleurs ». Halim Chaâbane (50 ans, chef de service dans une administration) : « Je pense que le salut ne pourra venir que d'un gouvernement d'union nationale car il est assez clair qu'il y avait une crise de confiance entre l'ancien régime et une partie de la population. Il faut songer à organiser le plus tôt possible des élections législatives et municipales ». Enfin, M. Abdeljalel Zouaoui nous a déclaré : « Tout d'abord je rends hommage à toutes les personnes tombées ces derniers jours. Ce qui se passe actuellement dans notre pays est légitime car toute révolution ne peut engendrer que des dommages collatéraux. C'est le prix à payer pour tout changement, mais je répète que les pertes humaines sont toujours regrettables. En revanche, certes, il y avait une certaine censure et de la peur du côté de la population. Mais je pense qu'il faut qu'il y ait un peu de clame pour dialoguer et penser à l'avenir du pays. En même temps, il ne faut pas penser qu'au bout de 5 jours on pourra tout changer. Enfin, il faut positiver et garder l'espoir».
En guise de conclusion, si le calme a repris son chemin du côté de Nabeul avec un approvisionnement en produits alimentaires régulier et un comportement exemplaire des citoyens qui veillent sur la propreté et la sécurité des quartiers le soir via des comités populaires enthousiastes et généreux , les Nabeuliens restent confiants pour un avenir meilleur.


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