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La fin absurde d'un régime
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 02 - 2011

A voir les richesses emmurées dans la caverne de Ben Ali Baba, nous ne pouvions pas ne pas être submergés par un déferlement d'émotions. Etonnement, surprise, consternation ou encore dégoût. Mais le sentiment le plus terrible est celui de l'humiliation. Comment ne pas se sentir humilié à l'idée de s'être fait gouverner près d'un quart de siècle par un président aussi futile? Comment ne pas se sentir offensé à l'idée de s'être laissé dominer des années durant par un président aussi mesquin‑?
Mais, ce foisonnement de sentiments lourds à porter s'estompe face aux malheurs bibliques que vivent nos voisins libyens, gouvernés, eux, depuis plus de quarante ans, par un homme dont les deux principaux traits, l'irrationalité et l'imprévisibilité, sont un danger mortel en politique.
L'histoire de Moammar Gueddafi relève à la fois de la tragédie et du vaudeville burlesque.
Enfant du peuple, il s'est trouvé par un stupide hasard historique à la tête du pays à l'âge de 27 ans. Il n'a pas tardé à se distinguer par une série d'excentricités qui, petit à petit, ont fait de lui un personnage hautement médiatisé sur la scène mondiale.
L'aspect tragique est que cet enfant du peuple qui, pendant plus de quarante ans, s'est accaparé le pouvoir et les richesses du pays, tout en imposant l'idée, transformée en véritable dogme, que, lui-même, il ne possède ni pouvoir ni richesses et que tout est entre les mains du peuple. Quiconque donnait l'impression de ne pas croire en ce mensonge d'Etat mettait sa vie en danger.
L'aspect tragique est que, en dépit du contraste saisissant entre des richesses pétrolières faramineuses et une population extrêmement réduite, la Libye est restée un pays désespérément pauvre au niveau des infrastructures économiques, au niveau de l'éducation scolaire et universitaire, au niveau culturel, en un mot un pays sous-développé à tous les niveaux.
L'aspect tragique est que, quarante ans durant, Gueddafi a pris tout un pays pour une propriété privée, s'octroyant le droit de vie et de mort sur ses habitants. Et plus tragique encore, il n'a jamais eu la moindre vision ni ne s'est soucié de l'intérêt général de la Libye et des Libyens.
Les exigences de l'intérêt de la Libye et du peuple libyen ont cédé la place aux exigences pathologiques de l'ego surdimensionné de Gueddafi qui, plus il se maintenait au pouvoir, plus il se persuadait qu'il était "l'homme providentiel", le "guide", le "combattant de la liberté" que le monde entier gagnerait à suivre et à s'inspirer de son "Livre vert", un concentré de formules à l'emporte-pièce plus ineptes les unes que les autres.
Après plus de quarante ans de règne sans partage, Gueddafi a eu largement le temps de se convaincre que "tous les peuples libres" le soutiennent. Il a eu largement le temps de se convaincre qu'il est le "symbole de la liberté et de la dignité". Quand il s'est trouvé confronté à une révolte populaire, il a eu visiblement du mal à croire que lui, "le guide", il puisse être contesté.
A régime irrationnel, fin tragiquement absurde. Shakespeare, "Sheikh Zbeir" selon Gueddafi, aurait tiré un chef d'œuvre de cette fin tragique du régime "jamahirien". Un "guide qui n'a aucun pouvoir" utilise aviation et armes lourdes contre le peuple pour défendre le pouvoir détenu par… le peuple. Un dirigeant abhorré par pratiquement l'ensemble des Libyens prend ceux-ci pour des rats et les quelques illuminés qui lui restent fidèles pour le peuple et exhorte ceux-là à écraser celui-ci. Un tyran reclus dans sa caserne de Bab Laâzizia galvanise ses "troupes" à reconquérir les territoires pris par "les rats".
L'une des images les plus pathétiques de la révolution libyenne est celle de Gueddafi s'adressant à une foule surexcitée du haut d'une citadelle et l'exhortant à terrasser la "contre-révolution". Image d'un homme au bout du rouleau et jurant qu'il n'accepterait pas de vivre un seul jour s'il s'avérait que les peuples arabes et africains ne l'aimaient pas…
En somme, et là on atteint le sommet de l'absurde, le coup d'Etat perpétré il y a près de 42 ans par un soldat de 27 ans est une révolution, et le soulèvement de tout un peuple une contre-révolution.
On chercherait en vain un seul discours de Gueddafi qui soit cohérent et une seule idée qui ait un sens, non pas depuis le soulèvement populaire il y a deux semaines, mais depuis sa prise du pouvoir il y a plus de quatre décennies. Le comportement absurde et irrationnel de Moammar Gueddafi depuis le soulèvement qui va l'emporter comporte un seul message. Ce message du tyran au peuple libyen a été décodé par Abderrahmane Chalgham, représentant de la Libye auprès de l'ONU‑: "Ou je vous gouverne ou je vous tue". Mais dans l'esprit de Gueddafi, il l'a, du reste, dit lui-même, il combattra jusqu'à la dernière goutte de son sang pour obliger le peuple à garder malgré lui le pouvoir, la richesse et les armes que le "guide" lui a offert depuis belle lurette sur un plateau d'argent…
H.B.R.


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